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© Camer.be : Isaac Ekwalla
- 28 Apr 2026 07:37:23
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CAMEROUN :: Mort d’Anicet EKANÈ : Le MANIDEM joue sa survie politique dans la bataille des obsèques :: CAMEROON
À Douala, les funérailles d’Anicet EKANÈ dépassent le seuil du simple deuil. Derrière la querelle sur l’organisation des funérailles, se joue l’avenir du MANIDEM : sans hommage public à son fondateur, le parti risque l’effacement politique.
Le 13 avril 2026, le Tribunal de Bonanjo a confié les obsèques au Dr MUNA EKANÈ, fils aîné de l'illustre défunt homme politique. Décision classique : l’aîné gère. Sauf qu’ici, rien n’est classique. Car Anicet EKANÈ n’était pas qu’un père de famille. C’était le fondateur et l’âme du MANIDEM, parti d’opposition historique.
Sur le problème avec la veuve écartée et la famille qui reste muette sur la date d’inhumation, le MANIDEM se retrouve sans tribune. Or pour un parti d’opposition au Cameroun, les obsèques d’un leader sont un moment clé dans un système où les manifestations des partis d'opposition radicale sont systématiquement interdites par les securocrates de Yaoundé : mobilisation des militants, passage de témoin, démonstration de force.
Dans son communiqué du 27 avril, le MANIDEM ne s’y trompe pas. Il parle de "verrouillage" et accuse "certains proches et les autorités" de vouloir des funérailles a minima pour "effacer l’empreinte" d’EKANÈ. En d'autres termes : enterrer le fondateur sans bruit, c’est enterrer le parti avec lui.
Le jugement n’aurait toujours pas été officiellement notifié au MANIDEM, bloquant tout recours. Pendant ce temps, le corps reste à l'hôpital Laquintinie de Douala. Zéro veillée autorisée. Zéro prise de parole de la famille.
Conséquence pour le MANIDEM : sans corps, pas d’hommages. Sans hommages, pas d’images. Sans images, pas de récit(s). Le parti, déjà suffisamment fragilisé et fissuré, joue sa visibilité. Qui reprendra le flambeau si EKANÈ partait en catimini ?
La préfecture du Wouri le sait. Autoriser un hommage public, c’est offrir une scène au MANIDEM. L’interdire, c’est l’accusation de museler l’opposition. D’où la "haute surveillance" : chaque détail compte. Il faut, pour les autorités administratives, donner la chèvre tout en tenant subtilement la corde.
À Douala, les militants attendent. Anxieux. Perdus. Certains craignent que le fils aîné, Dr MUNA EKANÈ, peu impliqué en politique, n’enterre son père loin des caméras. D’autres redoutent une récupération par le régime de Yaoundé, au pouvoir depuis plus de 44 ans, pour dire : "voyez, vous-mêmes comment l’opposition s’éteint dans le calme".
L’enjeu des obsèques n’est donc plus le corps d’Anicet EKANÈ. C’est l’âme du MANIDEM. Quoiqu'on dise, ces funérailles leur offrent une belle tribune pour reprendre du poils de la bête.
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