Drame familial  : un mari refuse d’enterrer sa femme, le corps finalement inhumé au cimetière public
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Une dépouille au cœur d’une guerre des familles

Trois enfants morts, une mère disparue, et un corps que personne ne veut réclamer. Le drame survenu à Yaoundé a basculé dans une crise coutumière après le refus du mari et de la famille de la défunte d’assumer l’inhumation.

Un quadruple décès suivi d’un conflit d’inhumation à Yaoundé

Kevine, une femme résidant à Yaoundé, est décédée après avoir tragiquement tué ses trois enfants puis mis fin à ses jours. Les faits se sont produits alors que son époux se trouvait en voyage en Chine. Lors de la levée du corps à l’hôpital central, une violente altercation a éclaté entre les deux familles. Des témoins rapportent des cris, des bousculades et des dégradations matérielles, notamment sur le portail de la morgue.

Une opposition entre coutume et responsabilité familiale

L’analyse du conflit révèle deux logiques antagonistes. Le mari, rentré de Chine, a refusé d’inhumer la dépouille dans sa concession familiale. De son côté, la famille de Kevine a également repoussé la prise en charge, arguant que les rites matrimoniaux avaient été accomplis. Selon cette lecture coutumière, l’épouse appartient à la famille du mari et ne peut être inhumée dans le cimetière de ses propres parents. Cette interprétation des traditions a paralysé toute solution.

L’intervention des autorités pour sortir de l’impasse

Le mécanisme de résolution a reposé sur une médiation entre autorités administratives et chefs traditionnels. Confrontées à l’intransigeance des deux parties, les autorités ont imposé une solution de dernier recours : l’inhumation au cimetière public de Mvog-Betsi. Le corps a été escorté sous protection policière jusqu’au lieu de sépulture. Ce dispositif d’urgence a permis d’éviter un affrontement physique, mais il ne règle pas les tensions sous-jacentes entre les familles.

La mémoire des enfants et la fragilisation du lien familial

Les familles doivent désormais gérer le deuil collectif de quatre personnes dans un climat de défiance. Les autorités locales pourraient engager une médiation durable pour prévenir de nouveaux conflits lors des cérémonies commémoratives.

Ce drame expose les limites de l’articulation entre droit coutumier et droit positif au Cameroun. L’absence de dispositions claires sur la responsabilité funéraire en cas de désaccord familial peut conduire à des blocages similaires. Des initiatives de sensibilisation sur les alternatives à l’inhumation familiale pourraient émerger.

Quand les traditions enferment les vivants dans l’impossibilité de pleurer leurs morts

La dépouille de Kevine repose désormais dans un cimetière public, loin des concessions où elle aurait dû être accueillie. Mais derrière cette issue administrative, une question demeure : combien de conflits similaires faudra-t-il pour que les familles repensent la rigidité des rites face à la complexité des drames contemporains ?

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