Cameroun : Les Etats-Unis blâment, la France berce
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La nouvelle politique camerounaise de ces deux puissances est en totale opposition.

Le 31 octobre dernier, les Etats-Unis d’Amérique ont avancé l’argument de la « violation massive » des droits de l’homme par l’armée camerounaise dans le cadre de la guerre qu’elle mène contre les groupes séparatistes armés dans les régions du Nord-Ouest et du Sud- Ouest, pour suspendre le Cameroun de l'African Growth and Opportunity Act (AGOA), la loi américaine qui permet aux pays de l’Afrique subsaharienne d’exporter leurs produits sur le marché américain sans droit de douanes. Cette mesure entre en vigueur en janvier 2020. C’est la deuxième sanction que l’administration américaine impose au pays en moins d’un an et pour le même motif. En février 2019, elle avait réduit de 17 millions de dollars, soit près de 10 milliards Fcfa, son aide militaire en faveur Cameroun. Le portail des camerounais de Belgique. Avant ce tour de vis, Washington avait, à maintes reprises, appelé les autorités camerounaises à ouvrir des enquêtes sur les accusations d’« exécutions extrajudiciaires », de « torture » et de « détentions arbitraires et illégales », portées contre les forces de défense et de sécurité par certaines Ong de défense des droits de l’homme.

Le climat politique au Cameroun fait également l’objet de vives critiques de la part du président américain, Donald Trump, et son administration. A l’opposé de l’approche draconienne des Etats-Unis, la France se montre plutôt bienveillante vis-à-vis du pouvoir de Yaoundé depuis un certain temps et travaille à la normalisation de ses relations avec lui. Mieux, elle semble déterminée à impulser « une nouvelle dynamique » à sa coopération avec le Cameroun, selon son ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian.

Injonctions

Dépêché dans le pays par Emmanuel Macron les 24 et 25 octobre dernier, il a d’ailleurs annoncé le déblocage en faveur du Cameroun, de 45 millions d’euros (près de 30 milliards Fcfa) pour appuyer la lutte contre la secte terroriste Boko Haram et la reconstitution du tissus économique de la région de l’Extrême-Nord. Quelques jours avant, le 11 octobre à Lyon, le président français a reçu pour la première en audience son homologue camerounais, qu’il avait invité à prendre part à la conférence de reconstitution du Fonds de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme. Paul Biya est à nouveau invité par Emmanuel Macron à prendre part, du 11 au 13 novembre prochain, au forum de Paris sur la paix.

L’on note, du reste, qu’en dehors de quelques appels timides lancés à Yaoundé pour une résolution politique de la crise anglophone et pour plus d’ouverture démocratique, la France de Macron se garde de faire des injonctions au Cameroun. En conséquence, elle se met quasiment en opposition avec les valeurs de démocratie et de respect des droits de l’homme qu’elle a souvent défendues.

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