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© Correspondance : CL2p
- 21 Oct 2019 14:34:00
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Afrique: Construire une culture de la médiation dans les États autoritaires :: AFRICA
Dans les régimes autoritaires, la liberté d’expression politique est une zone trouble, en particulier si la concurrence politique aboutit à des résultats que les tyrans jugent inacceptables.
Le CL2P comprend que, à mesure que cette polarisation négative s’accroît, le respect de la liberté diminue. Ce qui crée inévitablement une culture trop toxique pour être tolérée, car ce type de culture ne sert qu’à fracturer davantage une société déjà déchirée.
Il existe également une tentation de détruire la liberté parce que la liberté peut, en fait, engendrer la division. Le débat peut et pourrait davantage diviser les citoyens en camps opposés : soit politiques, soit ethniques, et même religieux. Mais la suppression de cette même liberté étoufferait l’expérience démocratique. Cela constituerait un effort insoutenable et destructeur pour promouvoir l’ordre et le consensus ; surtout lorsque le consensus est à la fois impossible (car souvent indésirable) parce qu’ ethnique ou théocratique. Pour combattre cela, il faut élargir la participation publique avec plus de voix dans le débat public. Le pluralisme républicain et les institutions de médiation, comme le CL2P, aident précisément à empêcher que la division ne dégénère en violence et en chaos.
Parce que dans les pays fracturés, les organisations de défense des droits de l’homme telles que le CL2P ont grand besoin de prévenir la violence meurtrière par le dialogue, la civilité, et les pratiques de démocratie participative et directe par le biais d’un pouvoir décentralisé, avec des assemblées populaires et des conseils locaux. Cela vise à appréhender et tenir compte de toute notre véritable diversité, et de la placer au cœur de la gouvernance et du contrat social démocratique.
Ainsi, le CL2P depuis la modification de ses statuts en 2015 couvre en fait tous les pays du continent africain et au-delà, sur les questions de l’emprisonnement politique, de la détention arbitraire et des disparitions forcées. Le Cameroun, qui était et reste notre matrice de départ, laissera progressivement la place à d’autres pays, à l’issue de la décrispation du climat politique, de l’apaisement social, et de la détente entre les leaders d’opinions que nous souhaitons pour notre pays.
Le CL2P, par le biais de son président, Joël Didier Engo, comprend que cette lutte ne porte pas uniquement sur lui, mais sur notre avenir collectif. Il ne s’interdit donc pas d’intervenir et de faire la lumière sur les problèmes internes au Cameroun, en particulier sur les droits de l’Homme. Cependant, le CL2P ne veut plus subir la moindre influence du blitz permanent entretenu par les agents de propagande des deux principaux camps politiques qui s’affrontent depuis la dernière élection présidentielle contestée du 7 octobre 2018.
C’est le choix de la neutralité et donc de l’objectivité sur les positions politiques défendues par les différentes parties en compétition au Cameroun – tout en restant inflexibles face aux violations des droits de l’Homme.
Le Comité de Libération des Prisonniers Politiques – CL2P
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