CAMEROUN :: Surfeurs des Vagues: CL2P, Droits et Nature humaine :: CAMEROON
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CAMEROUN :: POINT DE VUE CAMEROUN :: Surfeurs des Vagues: CL2P, Droits et Nature humaine :: CAMEROON
  • Correspondance : Olivier J. Tchouaffe, PhD, Porte-parole du CL2P
  • mardi 21 mai 2019 15:10:00
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Le CL2P est une organisation de défense des droits humains vouée à la liberté totale de l’humanité. Le CL2P est également conscient du fait que la nature humaine a des incidences plus ou moins graves sur la politique pratique. En particulier, lorsque des « entrepreneurs politiques » narcissiques, sociopathes ou psychopathes, qu’ils le veulent ou non, exercent des influences négatives néfastes sur la vie politique, en particulier dans un pays comme le Cameroun où il y a un besoin urgent de transcender nos égos et nos différences respectifs pour notre libération collective d’une dictature trentenaire devenue génocidaire.

Sur ce sujet, le CL2P peut beaucoup y contribuer, puisqu’un grand nombre de nos membres ont enduré la tyrannie de M. Biya dans leurs chairs et en portent des cicatrices, pour notamment remémorer à ceux qui seraient tenté de l’oublier – en se considérant comme ses seules voire ses premières victimes – combien ce système institutionnalisé de terreur aura broyé d’autres vies et carrières depuis 37 ans . En conséquence, le CL2P ne peut être accusé d’être une organisation politique de salon ou des plateaux de télévisions, encore moins être associé à ces idiots utiles qui encombrent différentes organisations politiques et même de la société civile au Cameroun. Au contraire, le CL2P a clairement dés le départ assumé de mettre la vie de ses membres en jeu pour affronter le régime Biya sur un sujet sensible nié et demeuré trop longtemps tabou.

Ceci dit, la sagesse conventionnelle voudrait que les libéraux que nous sommes aient une vision nettement optimiste de la nature humaine – ils croient que les gens vont, s’ils sont largement autorisés à faire leurs propres choix, bien choisir pour eux-mêmes et aussi bien interagir les uns avec les autres. Ils n’ont pas de notion préexistante et pré-déterminé de ce qu’est une interaction réussie. Ils croient donc qu’il faut laisser les arrangements biologiques prospérer. Les libéraux croient que les êtres humains sont individualistes, mais pas qu’ils sont égoïstes, cupides ou désagréables.

Les conservateurs, de leur côté,, sont des pessimistes essentiels. Ils croient que les tentatives d’amélioration de la société peuvent causer plus de tort que de mal en raison des défauts inhérents des initiateurs de toute entreprise de progrès. Les conservateurs ont une tendance hobbesienne – l’ordre est fragile et sans lui, les attentes de la société vis-à-vis des gens, des individus sont appelés à dysfonctionner. Le seul pragmatisme dicte le respect et la déférence à l’égard de la tradition et de l’autorité, qui sont les meilleures sources de stabilité et d’ordre. Les conservateurs ne croient pas que les êtres humains soient individualistes – ils croient avoir des tendances communautaires / sociales aussi différentes que celles de l’’individualisme – mais croient qu’ils sont très capables d’avidité, d’égoïsme, de désagrément, etc… généralement lorsque l’individualisme est libre à la place de la structure sociale et de la tradition existantes.

C’est ainsi qu’en autocratie, ceux qui n’appartiennent pas au système des castes au pouvoir sont rendus superflus et deviennent des parias de l’État.

En effet, les régimes autocratiques ont érigé la violence en arme afin d’empêcher l’institutionnalisation de la justice sociale et d’une politique égalitaire, mais d’une société hiérarchique stricte dominée par un système de castes et de clans. En fait, des spécialistes tels que Hannah Arendt, Saskia Sassen, Giorgio Agamben et Achille Mbembe ont affirmé que la violence servait à créer une population superflue dans les États totalitaires pour aboutir à ce que Naomi Klein appelle «La doctrine du choc», qui est l’idée à prendre avantage d’une population docile en état de terreur et de paranoïa afin d’établir un état d’exception et de privatiser l’État et ses ressources dans le monopole des machines de guerre sans rencontrer d’objection sérieuse.

En pratique, la violence vampirise l’énergie psychique de la population et sa capacité à être logique et à maintenir la pensée critique nécessaire pour organiser une sphère publique productive, pour choisir ses valeurs et continuer à comprendre les émotions des autres. Le paradoxe c’est que pour être libre, il faut obéir à la loi. Mais dans un état d’exception, il faut développer des tendances sociopathiques pour survivre. C’est pourquoi les érudits catholiques ont développé le droit de nécessité où aucun être humain ne doit être soumis à des formes extrêmes de privation.

En tant que tel, le CL2P doit traiter de la nature humaine et du conditionnement social avec l’idée que nous pouvons plus que notre conditionnement social. Aussi, le rôle des antécédents familiaux, de l’éducation, des traditions, de la culture et de l’état est précisément de nous aider à maximiser nos vies et notre bonheur.

Cependant, il n’est pas surprenant dans notre travail de rencontrer des gens qui prétendent vouloir être libres, mais s’asservissent continuellement et deviennent les idiots utiles des régimes autocratiques. Cela a à voir avec un sujet controversé qu’est la nature humaine. La sagesse évidente est que tous les êtres humains ont tendance à éviter la douleur afin de maximiser le plaisir en établissant un lien fort quasi inséparable entre le bonheur et le plaisir.

Dès lors la question centrale devient celle de coût et du compromis. Que faudrait-il pour créer une société pacifique et productive?

Premièrement, il faut identifier ceux qui rejettent facilement la justice sociale et les politiques égalitaires au motif que l’égoïsme et la cupidité sont des caractéristiques humaines innées. Par conséquent, par nature, ils soutiennent que nous participons nous-mêmes dans cette merde. Aussi, pour eux tenter de construire un ordre où les besoins des personnes passent avant les intérêts du profit est voué à l’échec, car cela va à l’encontre de ce qu’il est humain d’être mauvais ou méchant.

Ce qui justifie parfaitement le statu quo dictatorial: pour ses partisans, nous ne pouvons vivre sous aucun autre système en raison de notre propre câblage biologique. Par conséquent, si nous vivons dans la terreur et la paranoïa, nous avons tendance à croire qu’il n’y a pas d’alternatives, car ce type de système politique est « naturel », comme le système dirigé par « Pa’a Paul » et « Mama Chantal ». Dans cette famille dysfonctionnelle, il est dit aux «membres de la famille» de connaître et rester «sagement» à leur place, sinon ils devront faire face à des formes violentes de représailles.

C’est en cela que des pays tels que le Cameroun, structuré de la sorte par le régime de Biya au cours des 37 dernières années, sont la preuve vivante de la façon dont les hommes peuvent être égoïstes et avides. En effet c’est un régime qui tolère, véhicule et commet une cruauté nauséabonde sur d’autres êtres humains.

Le CL2P, cependant, est toujours là pour rappeler aux gens que le jour où nous cessons de considérons les autres êtres humains comme des êtres humains àç part entière, nous devenons alors manifestement capables d’infliger des atrocités extrêmes aux autres, de banaliser des génocides, puis de sombrer dans le nihilisme et la necropolitique.

Olivier J. Tchouaffe, PhD, Porte-parole du CL2P

http://www.cl2p.org 

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