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Communiqué de Binam Canada Montréal suite à la sortie du ministre MOMO Jean de Dieu sur la CRTV
CANADA :: POINT DE VUE
  • Correspondance : Binam Canada Montréal
  • jeudi 14 février 2019 10:07:00
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Communiqué de Binam Canada Montréal suite à la sortie du ministre MOMO Jean de Dieu sur la CRTV

Canada- Cameroun: C’est dans la plus grande consternation que les membres de l’Association des Bamilékés du Canada (Binam Canada) ont appris l’apologie de l’holocauste des juifs Allemands et l’appel à l’extermination du peuple Bamiléké par le ministre camerounais Jean De Dieu Momo sur les antennes de la télévision nationale du Cameroun, la CRTV, le 3 février 2019.

En effet, après avoir décrit ce qu’il allègue être une attitude suprématiste du peuple Bamiléké à l’égard des autres camerounais, le membre du gouvernement Momo y a déclaré ce qui suit : « On raconte qu’en Allemagne il y avait un peuple très riche qui avait tous les leviers économiques, les juifs, et ils étaient d’une arrogance telle que les peuples allemands se sentaient un peu frustrés. Puis un jour est venu au pouvoir un certain Hitler, qui a mis ces populations-là dans les chambres à gaz ».

Il nous est également parvenu qu’une campagne de dénigrement et de la haine contre le peuple Bamiléké est mise en branle à travers certains medias du pays depuis le déclanchement de la dernière campagne pour les élections présidentielles du 7 octobre 2018, sous la barbe de tous, sans que l’État camerounais ne prenne aucune mesure pour la dénoncer ou y mettre fin.

Le fait que le gouvernement Camerounais ait pris la peine de s’excuser à l’État d’Israël pour cette même déclaration génocidaire du ministre Momo à l’endroit du peuple juif, tout en refusant d’exprimer les mêmes excuses au peuple Bamiléké écorché par la même déclaration de monsieur Momo, prouve à suffisance que la menace de l’imminence du massacre des Bamilékés est sérieuse et fondée.

Nous demandons au gouvernement camerounais de présenter immédiatement des excuses aux peuples Bamilékés et à tous les camerounais comme il l’a fait pour les juifs afin de dénoncer publiquement ces appels au génocide.

Par la même occasion nous condamnons avec les dernières énergies les dérives tribales observées dans notre pays depuis octobre dernier, ainsi que le massacre des Anglophones en cours et sommes persuadés que le silence du gouvernement face à ce comportement de certains intellectuels ethno fascistes proches du Régime en place à Yaoundé est un chèque en blanc pour contribuer à la destruction du vivre ensemble Camerounais.

De plus, les libertés individuelles, les libertés d’associations et les libertés de manifester ne devraient pas être le fruit d’une faveur arbitraire du parti État au pouvoir comme c’est le cas en moment. Nous avons observé la brutalité servie aux manifestants pacifiques aux mains nues, les interdictions intempestives et arrogantes du droit de manifester des Camerounais par les auxiliaires de l’administration Camerounaise, l’appel des journalistes pro Régime Biya aux forces de sécurité nationale à tirer à balles réelles sur des manifestants pacifiques! Toutes ces dérives doivent cesser immédiatement.

Nous tenons à rappeler à nos forces de sécurité qu’elles ne sont pas les forces du parti au pouvoir, mais bien les forces de sécurité nationales en charge de la protection de tous les camerounais inclusivement et nous rappelons au gouvernement, s’il ne le sait pas, que son devoir est de veiller à la protection des Camerounais, de veiller à ce que l’arbitraire cesse, qu’aucune institution ne soit audessus de la Constitution. En ce sens nous exigeons la libération immédiate de toutes les personnes incarcérées pour avoir tout simplement exercé leur droit constitutionnel. Les libertés individuelles de manifester et d’association ne doivent plus être le fruit de l’arbitraire.

Depuis trois ans, les régions du Nord-ouest et Sud-Ouest du Cameroun sont soumises à un régime militaire sans précédent dans l’histoire moderne du Cameroun, juste parce que nos compatriotes de ces deux régions ont osé revendiquer des droits légaux légitimes. Nous disons qu’il est du devoir du Gouvernement d’écouter les revendications des Camerounais et de mettre en place des solutions inclusives à la satisfaction des populations, le désastre a assez duré.

Le pouvoir doit sans délai mettre en place des solutions inclusives qui prennent en considération les desiderata des peuples Anglophones, y compris mettre fin au régime militaire imposé à ceux-ci et travailler pour le vivre ensemble et l’unité nationale.

Si le gouvernement ne prend pas immédiatement des mesures concrètes pour mettre fin à ces campagnes de division du peuple camerounais, il sera imputable devant l’histoire de toutes les conséquences qu’engendrera cette dérive impunie.

Dans toute l’histoire du Cameroun, nos différents groupes ethniques qui constituent le peuple camerounais ont toujours vécu en harmonie et dans le respect mutuel. Notre souhait est que le vivre ensemble au Cameroun et dans toute la diaspora camerounaise continue d’être toujours aussi harmonieux que par le passé, à l’instar de ce qui s’observe dans la communauté camerounaise ici au Canada, où nous Camerounais vivons en parfaite harmonie les uns avec les autres, indépendamment de nos origines ethniques respectives.

En conclusion, nous tenons à aviser les commanditaires de ce macabre projet de propagation de la haine tribale, ainsi que l’opinion nationale et internationale, que nous membres de l’Association des Bamilékés du Canada (Binam Canada) condamnons fermement cette dérive génocidaire de l’État camerounais et nous appelons par la même occasion la communauté internationale à réagir afin d’éviter l'erreur de son attentisme qui, jadis au Rwanda avais laissé le champ libre au génocide de plus de 800 000 Rwandais, en majorité des Tutsis.

Fait à Montréal le 9 février 2019

Kenfack D., Présidente Bureau exécutif de Binam Canada

Dr Tadie S., Porte-Parole Conseil des piliers de Binam Canada

CC
Gouvernement du Canada
Parlement du Canada
ONU
Union européenne
Union Africaine
Cour Pénale internationale
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14févr.
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