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CAMEROUN :: LETTRE À MAURICE KAMTO : L’inadmissible et haineux chantage :: CAMEROON
CAMEROUN :: POINT DE VUE
  • Correspondance de : Célestin Bedzigui
  • lundi 05 novembre 2018 08:27:00
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CAMEROUN :: LETTRE À MAURICE KAMTO : L’inadmissible et haineux chantage :: CAMEROON

Le président national du Parti de l’alliance libérale (PAL) met en garde le candidat malheureux à l'élection présidentielle du 07 octobre 2018, qui fait montre de surenchère.

Je me mets face à vous ce jour pour vous dire ce que ressentent une majorité de Camerounais devant le spectacle désolant que vous offrez depuis le lendemain des opérations de vote de la Présidentielle, spectacle d'un mauvais perdant qui espère ou croit pouvoir compenser par des postures excessives et erratiques les faveurs ou la joie de la victoire que le choix avéré des Camerounais établi par les urnes lui ont refusé le 07 octobre dernier.

Après l'auto-proclamation par vous-même des résultats vous faisant vainqueur de cette élection quelques heures seulement après la fermeture des bureaux de vote, une posture questionnable du point de vue d'une logique minimale, vous inscrivez votre action depuis les jours qui ont suivi depuis dans un crescendo de manifestations révélant que vous êtes désormais habité par un esprit qui souhaite que des désordres, le sang et les souffrances soient le lot d'un dérapage du conflit post électoral que vous appelez de tous vos vœux.

Votre dernier acte de ce projet macabre est cet élément audiovisuel que vous avez mis en circulation sur les réseaux et dans lequel vous déclarez que «jamais vous n'accepterez le verdict rendu par le Conseil constitutionnel» de notre pays, institution qu'au passage vous vouez à la géhenne, alors que c'est par elle que vous avez reçu l'adoubement d'être candidat à la plus haute charge de notre pays, un illogisme parmi tant d'autres dont vous nous abreuvez ces dernières semaines. L'information claire et nette. Vous poursuivez votre propos en appelant à la «résistance » en même temps que vous exprimez votre sympathie aux «terroristes Ambazoniens» qui pourtant sont les seuls et vrais responsables des souffrances endurées par nos compatriotes des régions du Sud- Ouest et du Nord-Ouest de notre pays. C'est ce tableau qui nous détermine à vous adresser la présente lettre pour vous exprimer les sentiments que suggèrent aux patriotes et citoyens de ce pays vos attitudes et propos de ces derniers temps. Les premiers de ces sentiments sont l'indignation et la condamnation.

SOUILLURE NATIONALE

Les Camerounais sont remplis d'indignation de vous entendre qualifier la prestation de serment du Président élu de «souillure nationale», s'agissant de la consécration par nos plus prestigieuses institutions de celui des citoyens, «primus inter pares», le meilleur parmi nous, à la plus haute fonction de l'Etat. D'entendre un individu à qui est prêté une connaissance profonde des éléments et symboles de la souveraineté de notre pays se livrer, pour des motifs pensons-nous de frustration personnelle à une telle tentative d'abaissement, ne peut que imputer à un tel locuteur et de manière fondée la dégradation que porte son propos, tel qu'on penserait que ce sont vos propos qui sont une souillure nationale, un manteau de plomb que vous endossez à cette occasion.

L'incivilité langagière est ici révélatrice de la nature de son locuteur. L'indignation des Camerounais est également suscitée par la posture antirépublicaine de vos propos à travers votre jugement sur nos institutions et principalement du Conseil Constitutionnel dans l'exercice de ces prérogatives, alors qu'on vous a lu il y a quelques années défendre ces prérogatives lorsqu'elles étaient exercées en lieu et place par la Cour Suprême. Il est vrai qu’à l'époque vous étiez membres de ce Gouvernement dont les œuvres sont aujourd'hui qualifiées par vous de calamiteuses; l'intérêt du ventre régit donc chez vous la clairvoyance? Ce serait assurément la marque voire la preuve de la plus grande misère...intellectuelle, pour le moins.

A côté de l'indignation, nous nous devons de vous dire la ferme condamnation par la majorité du peuple de vos pensées et procédés qui sont portés par le déshonneur en politique. Il en est de ce recours à l'attrape-tout en tentant d'embrigader les citoyens, tous les citoyens et les leaders politiques , non pas autour d'un projet prometteur du bien-être pour tous, mais plutôt sur la mobilisation haineuse contre un individu, exaltant dans l'air la nouvelle idéologie «Tout-sauf-Biya», un Biya de qui on a bénéficié des faveurs ministérielles et plus, de la fortune en espèces sonnantes qui ont été la première accumulation du nerf de la guerre dont on se sert aujourd'hui contre lui.

En vérité, il s'agit de la culture de la politique du kleenex qui consiste à embarquer les naïfs qui croiraient à ce qui est en réalité un projet personnel d'assouvissement d'une ambition sans le moindre substrat politique. La preuve en est que de toute votre campagne, il ne peut être retenu aucun élément de programme crédible ni sur le plan économique, ni sur le plan social, ni sur le plan de la gouvernance. Face à ce constat fait par la majorité des Camerounais, la réalité d'une imposture prend chaque jour corps d'avantage, au détriment malheureusement d'une communauté ethnique dont vous alimentez le repli identitaire. Est-on loin du crime?

Pas si loin que cela n'y parait quant au détour de votre dernière sortie, on vous surprend en train de faire des clins d’œil complices aux terroristes Ambazoniens dont les actes cruels et barbares endeuillent de nombreuses familles et que tout homme politique responsable et un tant soit peu patriotique devrait condamner sans équivoque. En tant que Camerounais qui avec la majorité des citoyens a été partie prenante de la longue marche du Cameroun vers la démocratie, je m'en voudrai de ne pas vous faire savoir que nous ne laisserons pas que réussissent ni vos tentatives de brouillage de l'image internationale de notre pays, ni celles de déstabilisation du Cameroun. Un grand nombre parmi nous, suivi par le peuple avons choisi, dans un jeu politique où pendant des années Monsieur Biya a fait preuve d'expérience et de tempérance à travers moults épisodes dont certaines étaient tendues. Nous avons dit, ai-je choisi de préserver la paix, la concorde communautaire, la préservation de l'image internationale du Cameroun. Je ne peux donc que vous mettre en garde contre le rejet par notre peuple auquel vos multiples erreurs vous exposent, si vous persistez à vouloir mettre en péril ce à quoi les Camerounais tiennent le plus: La paix et le respect des institutions républicaines.

05nov.
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