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© Essingan : Marie Robert Eloundou
- 02 Mar 2018 01:00:32
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CAMEROUN :: AFFAIRE CAPITAINE BOUBA SIMALA : Cavaye a-t-il déboursé 100 millions pour corrompre les magistrats ? :: CAMEROON
C’est ce que soutiennent diverses sources au sein même de son cabinet. Alors que le président de l’Assemblée nationale ne se reconnait pas dans des aveux qu’on lui attribue.
Manifestement, le président de l’Assemblée nationale (Pan) tient à ce procès. Sauf que dans cette affaire qui l’oppose au capitaine de gendarmerie Bouba Simala, son neveu qui aura été son garde du corps pendant près de 20 ans, Cavaye Yéguié Djibril va de revers en revers. Après avoir été débouté par la Cour d’appel du Centre, lui et ses avocats ont saisi la Cour suprême d’une requête de sursis à exécution » en même temps qu’était initiée une autre procédure pour menaces simples et outrage à corps constitué.
Autre revers : la mise en liberté provisoire accordée à son ex-garde du corps le 08 février 2017. Seule victoire pour le Pan, la récusation acceptée du premier juge. Ce qui ne fait pas oublier le premier revers intervenu avec la requalification des faits. Le 16 juin 2015, l’opinion apprend, à travers un «arrêté présidentiel» pourtant signé du Pan, que le capitaine Bouba Simala s’est rendu coupable « d’actes de terrorisme, d’incitation au braquage et à l’enlèvement ». Après avoir lui-même qualifié les faits, Cavaye Yéguié Djibril veut ensuite forcer la main aux instances compétentes en précisant dans le même document : «Le ministre de la Défense, compétent pour connaître des actes de terrorisme, d’incitation au braquage et à l’enlèvement que l’intéressé a bien voulu commettre à l’endroit du président de l’Assemblée nationale, prendra toutes les dispositions conformément à la loi en vigueur».
Aussitôt dit, aussitôt fait. Bouba Simala est placé en détention provisoire à la Sécurité militaire (Semil) le 19 juin, soit trois jours plus tard. Mais dès l’ouverture du procès, le tribunal militaire retient plutôt contre le capitaine de gendarmerie accusé précisément d’avoir planifié l’enlèvement du Pan au parcours Vita à Yaoundé, lors d’une séance de sport de maintien, infraction susceptible de lui valoir la peine de mort au regard de la loi anti-terroriste promulguée un an plus tôt, l’ex-garde du corps du Pan est soulagé en apprenant que « l’ordre de poursuivre » du ministre délégué à la présidence chargé de la Défense a retenu contre lui trois chefs d’inculpation : menaces simples, outrage à corps constitué et violation de consignes.
Ce premier désaveu aurait-il décidé le Pan à recourir à des méthodes peu orthodoxes pour ne pas perdre la face ? En tout cas c’est ce qui se susurre dans son entourage. Des sources parlent d’une centaine de millions déboursés pour corrompre les magistrats militaires. Un témoin raconte que le 10 novembre 2016 à 14h17mn, s’est tenue une séance de travail au cabinet du Pan en présence de ses conseils Me Faustine Fotso, Koumai et Kadji et à laquelle prennent part Boukar Abdourahim et Célestin Sani. « Au cours de cette rencontre, les avocats ont dit au Pan que les 10.000.000 de Fcfa envoyés au président et au procureur général près la Cour d’appel du Centre ne suffisaient pas. Séance tenante, il a ajouté 10.000.000 », rapporte une source.
Seulement, la partie civile sera déboutée dans sa demande de requalification des faits par la Cour d’appel du Centre. Une décision qui met Cavaye Yéguié Djibril dans tous ses états lorsque Me Fotso vient lui apprendre la mauvaise nouvelle. Un membre de son cabinet croit se souvenir avec précision des propos tenus par le Pan : « Non, non, non Fotso, toi et Boukar êtes de vrais escrocs et malhonnêtes. Cette affaire m’a coûté cent millions. Déjà avant-hier, j’ai donné trois millions pour les magistrats. Je t’ai donné dix jours avec billet d’avion et tu n’es pas partie. Les cent millions que j’ai sortis pour les magistrats ont transité par vos mains, Boukar, toi et Sani. En plus tu m’as dit que pour vos honoraires vous les trois avocats, pour que cela ne pèse pas sur moi, il était question que je te signe des ordres de mission. Ainsi chaque mois tu étais en mission pour que tu partages cet argent avec tes collègues tous les mois. Et tu me dis quoi aujourd’hui ? »
Interrogé par des proches à l’initiative d’Essingan, le président de l’Assemblée nationale balaie d’un revers de main ces prétendus aveux de corruption des magistrats militaires. De son côté, Me Faustine Fotso, par ailleurs député à l’Assemblée nationale, dans un échange téléphonique, a nié tout en bloc.
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