La Gendarmerie convoque Baongla Georges-Gilbert pour cybercriminalité et diffamation
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23 avril 2026, 7h20. Le Lieutenant-colonel Bialo Dieudonné signe une convocation officielle. La cible : Baongla Georges-Gilbert, domicilié à Yaoundé. Le motif : cybercriminalité, diffamation et autres. Rendez-vous fixé au 28 avril.

Une convocation signée du chef du SCRJ

Le document est officiel, tamponné, daté. Le Service Central des Recherches Judiciaires de la Gendarmerie nationale camerounaise émet le 23 avril 2026 la convocation numéro 001 dans le cadre d'une enquête de flagrance. Signataire : le Lieutenant-colonel Bialo Dieudonné, Chef du SCRJ, Officier de Police Judiciaire et Auxiliaire du Procureur de la République.

Le convoqué, Baongla Georges-Gilbert, résident de Yaoundé, est invité à se présenter au siège du Service Central des Recherches Judiciaires le mardi 28 avril 2026 à 10 heures. Il doit se munir de ses pièces d'identité.

Les faits reprochés : cybercriminalité et diffamation

L'enquête vise des actes de cybercriminalité, de diffamation et d'autres infractions non précisées dans le document. Les bases légales mobilisées sont les articles 79, 82 à 92 et 103 à 114 du Code de Procédure Pénale camerounais.

La cybercriminalité au Cameroun se définit légalement comme tout acte délictueux commis par voie électronique ou numérique, incluant les publications diffamatoires sur les réseaux sociaux, les messages injurieux et la diffusion de fausses informations. Ces infractions sont réprimées par la loi de 2010 sur la cybersécurité et la cybercriminalité.

La convocation précise qu'en cas de défaillance, l'intéressé sera contraint à comparaître par tous moyens de droit, conformément aux articles 92 et 195 du Code de Procédure Pénale. Le ton du document est sans ambiguïté.

Le même officier, un schéma récurrent

Le signataire de cette convocation n'est pas inconnu du paysage judiciaire camerounais. Le Lieutenant-colonel Bialo Dieudonné est le même officier cité dans la plainte du Professeur Aba'a Oyono déposée devant le Tribunal militaire de Yaoundé pour arrestation arbitraire et abus de fonction.

Ce double positionnement, signataire d'une convocation pour cybercriminalité d'un côté, mis en cause dans une plainte pour violences illégales de l'autre place l'officier au centre d'un faisceau d'affaires judiciaires sensibles. Le Service Central des Recherches Judiciaires concentre ainsi plusieurs dossiers à haute visibilité politique en l'espace de quelques jours.

Enjeux : liberté d'expression numérique sous pression

Cette convocation s'inscrit dans une séquence judiciaire dense. Plusieurs personnalités journalistes, universitaires, activistes numériques font face à des procédures initiées par les services de sécurité camerounais au premier semestre 2026. La liberté d'expression en ligne au Cameroun est directement interpellée par ces dossiers accumulés.

L'usage systématique des textes sur la cybercriminalité contre des voix critiques pose un problème de fond. Les organisations de défense de la presse et des droits numériques RSF, CPJ, Article 19 documentent ce type de pratique en Afrique francophone. Un arsenal législatif conçu pour protéger les citoyens peut devenir un outil de contrôle de l'espace public numérique.

Une convocation numéro 001 émise dans le cadre d'une enquête de flagrance pour cybercriminalité et diffamation : le document est sobre, administratif, formel. Mais dans un contexte où journalistes et intellectuels sont convoqués ou arrêtés à un rythme croissant au Cameroun, la question dépasse le cas individuel. Jusqu'où l'État camerounais entend-il étendre l'usage du droit pénal numérique pour discipliner l'espace d'expression public ?

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