Drame à Yaoundé : Mort mystérieuse du Dr Emmanuel Kengne Pokam
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Le magistrat hors hiérarchie et écrivain de 75 ans est décédé dans un incendie à son domicile au quartier Ngousso dans la nuit de dimanche à lundi derniers.

Encastrée au beau milieu de quelques bâtisses qui jonchent la bretelle «Mobil Omnisports-Total Ngousso» à Yaoundé, le domicile du Dr Emmanuel Kengne Pokam n’a de restes que les quatre murs qui le balisent.

La maisonnée a complètement volé en fumée dans la nuit de dimanche à lundi derniers dans un incendie déclaré au cœur de la nuit. Dans la cour de cette maison d’envergure de sept pièces, les derniers livres et autres feuilles qui ont échappé aux flammes voraces balaient le sol à des endroits. A l’intérieur, des débris d’objets totalement calcinés jonchent le sol, aucune pièce n’a été épargnée par l’incendie.

Le toit complètement léché consacre le décor pitoyable de cet incendie d’une nuit qui a violemment happé à la vie son propriétaire en plein sommeil : le Dr Emmanuel Kengne Pokam. L’accès à son domicile barricadé ce lundi après-midi n’est cependant pas interdit aux quidams qui se succèdent ici, certains pour combler leur curiosité, et d’autres pour glisser une parole réconfortante à quelques membres éplorés de la famille.

Au milieu d’un groupuscule de femmes sur les lieux, une dame en sanglots, Denise, est étreinte et câlinée par ses amies. La sœur du défunt est encore sous le choc du sort que vient de subir son frère, et presque atone.

L’un de ses frères se porte garant de la suppléer. Le Pr Sidjoun Pokam, Enseignant de philosophie et frère cadet du Dr Kengne Pokam, trouve quant à lui la force de situer le reporter La Nouvelle Expression sur les circonstances de ce drame.

«Il était 2h du matin quand la maison de mon frère a pris feu, et les pompiers sont arrivés assez tard. Mon petit frère arrivé sur les lieux, m’a téléphoné quasiment à 4h pour m’informer de l’incendie et de la mort de notre frère le Dr Kengne Pokam. Je suis arrivé trente minutes plus tard, et la police criminelle qui était déjà sur les lieux avait pris des dispositions pour conduire le corps à la morgue. J’ai moi aussi téléphoné à Théophile Yimgaing Moyo et à Shanda Tomné, qui m’ont aussitôt rejoint pour que nous allions voir le corps à la morgue. Je n’ai jamais vu un corps dans cet état de toute ma vie. C’est horrible !», s’est épanché l’universitaire.

Incendie criminelle ?

A leur arrivée tardive sur le lieu du drame, les éléments de la police criminelle du Commissariat du 1er arrondissement de Yaoundé, précédés par les sapeurs pompiers, ont procédé au transfèrement de la dépouille du Dr Kengne à la morgue de l’Hôpital général de Yaoundé, puis à l’ouverture d’une enquête. «L’inspecteur m’a montré les photos, et m’a dit que c’était un incendie d’origine criminelle. Je salue au passage le professionnalisme de la police criminelle qui m’a impressionné.

Elle est compétente, et je ne doute pas un seul instant qu’on connaitra les dessous de cette affaire», ajoute le Pr Sidjoun Pokam. Ce dernier a été entendu sur procès verbal par la police criminelle en charge de l’enquête. Idem pour le vigile en faction au domicile du défunt au moment de l’incendie, qui s’en est heureusement sorti sain et sauf. La famille du magistrat hors hiérarchie et promotionnaire de Laurent Esso, l’actuel ministre de la Justice, a introduit auprès des mêmes services de la police «une plainte contre inconnu».

Pour mémoire, le Dr Kengne, élite du village Baham dans la région de l’Ouest, est le tout premier magistrat des hauts plateaux. Retraité depuis seulement cinq ans, cet ancien avocat général à la Cour suprême a servi la république en tant que substitut du procureur à Douala et Garoua au début des années 1970,  avant d’être fait procureur à Bertoua en 1972.

Ecrivain et auteur de plusieurs publications, il a publié chez l’Harmattan «La problématique de l’unité nationale au Cameroun», «La France et les Etats-Unis au Cameroun»… Il n’aura malheureusement pas eu le privilège d’abreuver son lectorat de ses nouvelles feuilles, un ouvrage d’à peu près 400 pages, sur «la transition démocratique au Cameroun».

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