Lutte contre Boko Haram : Au moins 300 soldats tchadiens tués à Bosso
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Lutte contre Boko Haram : Au moins 300 soldats tchadiens tués à Bosso :: CHAD

L'opposition tchadienne des Etats unis dénonce les petits calculs de Idriss DEBY dans la guerre contre Boko Haram.

Pas si vite. L’avertissement du groupe des opposants tchadiens vivant aux USA vaut pour ceux qui célèbrent les prouesses de l’armée tchadienne sur le front contre Boko Haram. A en croire Abdallah Chidi Djorkodey, porte-parole de ce groupe, l’armée tchadienne ne dit pas la vérité sur des lourdes pertes qu’elle a essuyées face à Boko Haram la semaine dernière. « Au moins trois cents soldats tchadiens ont été tués par Boko Haram, mais à Ndjamena on fait croire à un chiffre insignifiant », indique Chidi Djorkodey qui dit tenir des informations « des cousins au front ».

Selon lui, les premiers morts des soldats tchadiens sont arrivés par le fait des motos kamikazes. Chargés d’explosifs, des fanatiques de Boko Haram, par dizaines, ont mis pleins gaz sur la colonne tchadienne qui avançait vers le Nigeria. En plus des pertes en vies humaines, ces kamikazes auraient endommagé des véhicules et des
chars d’assaut. Un général tchadien aurait été blessé à l’occasion. Les troupes tchadiennes vont compter de lourdes pertes dans la ville nigériane qui fait face à Fotokol. Ici, Boko Haram avait donné l’impression d’avoir décamper à l’approche de l’ennemi. Mais une fois à l’intérieur de la ville, les terroristes ont bloqué toutes les sorties et ont ouvert le feu.

Boko Haram finira par perdre gravement cette bataille, mais le Tchad compte aussi de nombreux morts, dont une campagne médiatique savamment montée depuis Ndjamena n’en fait pas cas. « Le Cameroun et le Nigeria doivent se méfier de cette campagne médiatique du Tchad », averti Chidi Djorkodey qui ajoute: « Il ne faut pas faire confiance à Idriss Deby avec ses visées hégémoniques, et souvenez-vous de ce qu’il fit en RCA ». L’une des propagandes distillées par Ndjamena veut faire croire que le Tchad a décidé de se jeter sur le cou de Boko Haram par idéal panafricaniste.

Pour l’opposition tchadienne aux USA, Idriss Deby, qui a en fait lancé dans la campagne sa milice personnelle, est dans de petits calculs. « 25% des troupes de Boko Haram parlent l’arabe tchadien, donc proviennent du Tchad, et les chefs de Boko Haram parmi lesquels Aboubacar Shekau ont un refuge au Tchad. Donc si Deby avait vraiment la bonne volonté d’en finir avec Boko Haram, il commencerait à la maison et le ferait d’ailleurs sans se donner de la peine », avance Chidi Djorkodey. A en croire encore ce porte-parole, Idriss Deby et Aboubacar Shekau étaient encore en contact et échangeaient il n’y a pas très longtemps. A cette époque-là, Abuja avait jeté son dévolu sur Deby pour qu’il ouvre la voie aux négociations avec Boko Haram. Aboubacar Shekau avait alors remis un cahier de charges à Deby pour le président nigérian.

Les hommes de Boko Haram se disaient prêts à enterrer la hache de la guerre s’ils avaient, entre autres, des parts dans les retombées de la manne pétrolière, des gages dans la répartition du « gâteau » politique, des projets de développement infrastructurel de leur territoire. « Quand Deby a présenté le cahier de charges en question au gouvernement nigérian, celui-ci a estimé qu’il était trop lourd et l’a rejeté en bloc », affirme Chidi Djorkodey. Abuja restera toutefois accroché sur Deby pour qu’il engage de nouvelles négociations. Au prix de quelle transaction? Toujours est-il que des sources fiables avertissent Aboubacar Shekau d’arrêter les négociations et d’éviter à jamais Idriss Deby. Pour le président tchadien, c’est un camouflet qu’il veut faire payer au chef de Boko Haram. Tout en se présentant comme le nouveau leader d’Afrique.

© Source : integrationafrica.org

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