Tramol, le comprimé de l’arrogance et de l’impertinence
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Dans un environnement où les jeunes évoluent davantage dans l'informel, ceux-ci disent trouver en la consommation des produits stupéfiants, un antidépresseur efficace. Pour d’autres, c'est tout simplement pour cultiver le courage afin d’affronter avec un sang-froid les épreuves généralement difficiles de la vie.  

Comme le confirme Jean Emmanuel Mundi, jeune conducteur de moto-taxi à Douala, «rouler à longueur de journée à moto sur nos routes en piteux état n'est vraiment pas facile, alors, je me trouve contraint de consommer un peu du Tramol (un médicament utilisé dans le traitement des douleurs aiguës ou prolongées, d’intensité moyenne à forte et/ou en cas d’effet insuffisant des analgésiques de type nonopioïde, Ndlr) pour ne pas céder à la panique...». Les enfants de la rue sont devenus de véritables cheminées de ce comprimé qui cultive l’arrogance et l’impertinence. Les élèves ne sont pas en reste.

Produit (d’origine douteuse en plus) vendu bon marché puisqu'il est possible de s'arracher la capsule (à double couleur ou couleur unique) ou le comprimé entre 25 et 100 Fcfa (selon le dosage), le Tramol, pilule réputée pour son efficacité à donner la force et la puissance, est omniprésent dans les trottoirs, marchés voire enceinte des établissements scolaires et université du pays. Son équivalent en pharmacie serait le Trabar. Le langage est codé pour s’en procurer et les vendeurs maîtrisent bien les clients consommateurs. "Nguei", "Dak", ‘’Ta’a’’, ‘’Ndjab’’, ‘’Tra’’... Voilà, entre autres, des expressions utilisées pour les nommer.

Bien que certains jeunes consomment de la drogue juste pour affronter l'environnement socio-professionnel très stressant, pour beaucoup, c'est à des fins criminelles (un dopage avant de passer à un acte criminel ou délictuel) et sexuelles qu'ils la consomment. Le Grand-nord est pollué par ce stupéfiant que les jeunes consomment sans management. En 2012, un décès suite à la consommation de ce produit utilisé pour calmer les douleurs a été annoncé dans la capitale politique.

La prise du Tramol se fait généralement au sein de certains établissements scolaires et universitaires, aux abords des cours d'eau, dans les buissons ou bosquets, des tunnels, des maisons abandonnées et des monts. Pas plus tard que l’an dernier, le proviseur du lycée d’Anguissa à Yaoundé s’est vu contraint de renvoyer des élèves, pour trafic et consommation du Tramol au sein même de l’établissement.

Et deux ans plus tôt (en 2013), un réseau de vente et de consommation du Tramol a été démantelé au collège de la Retraite, toujours dans la capitale. Les ‘’ben-skineurs’’ et les bandits de grand chemin sont passés maîtres. Au point de devenir une addiction pour beaucoup. «Je vous avoue que depuis que j’ai pris contact avec le Tramol, j’ai du mal à m’en débarrasser», affirme un trentenaire ayant requis l’anonymat.

Pourtant, les spécialistes sont clairs, le Tramol ou Tramadol présente des effets secondaires dans l’organisme du consommateur. Notamment, l’accélération le rythme cardiaque, les nausées, la somnolence, les vertiges, les troubles respiratoires, les hallucinations, les constipations, l’euphorie et les troubles visuels. En plus du Tramol, d’aucuns hument la colle et fument du chanvre indien à longueur de journée.

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