Déchet toxique à Douala : un mort, Hysacam nie
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Il avait 24 ans, six ans de service chez Hysacam. Un camionneur lui a dit que son chargement était du sable. Christian Mbiock est mort brûlé, et sa famille réclame la vérité.

Un jeune homme de 24 ans est mort. Son nom : Christian Mbiock. Il était récupérateur de déchets à Douala, employé d'Hysacam depuis six ans. Il était le principal soutien financier de sa mère.

Mercredi dernier, à la décharge située en face du lycée bilingue du génie militaire de Douala, un camion en provenance de Sic Cacao a déversé une poudre que le conducteur avait présentée comme du sable. Une poudre qui, soulevée par le vent, s'est répandue sur Christian et trois de ses collègues. Tous ont été brûlés. Christian est mort deux jours plus tard. Un autre travailleur a succombé. Les survivants sont en soins intensifs.

La SECA, filiale d'Hysacam chargée du traitement des déchets industriels, refuse de parler. Elle évoque des « peaux de cacao réduites en cendre ». La famille de Christian tente d'obtenir des explications. En vain.

Le mensonge du camionneur

Mercredi dernier, un camion en provenance de Sic Cacao se présente à la décharge de Douala. Le conducteur affirme transporter du sable. Il est orienté vers la zone des déchets non toxiques.

Au moment de la décharge, un vent soulève une poudre fine. Le produit se disperse sur plusieurs travailleurs. Christian Mbiock et trois autres employés sont touchés. Tous sont brûlés par cette substance que le conducteur avait pourtant déclarée non toxique.

Le mensonge est fatal.

Transportés d'urgence à l'hôpital de la Cité des Palmiers, puis transférés à l'hôpital général de Douala, les blessés luttent pour survivre. Christian succombe deux jours plus tard. Un autre employé meurt par la suite.

Une entreprise qui se tait

La SECA Services Camerounais d'Assainissement, filiale d'Hysacam spécialisée dans le traitement des déchets industriels refuse de répondre aux questions de la presse.

Contactée par les journalistes, elle évoque simplement des « peaux de cacao réduites en cendre » en provenance de Sic Cacao. Une version que rien ne permet de confirmer.

La famille de Christian, elle, tente d'obtenir des explications. Sans succès.

C'est elle qui finit par informer la SECA du décès de Christian. L'entreprise, qui avait pourtant une obligation de déclaration, ne s'était pas manifestée.

Des pratiques troubles

La SECA règle discrètement les factures d'hospitalisation, sans prévenir la famille. Les proches de Christian apprennent le paiement par hasard.

Pire : la structure pousse la famille à enterrer rapidement le corps, sans autopsie. Une demande que la famille refuse catégoriquement.

Pourquoi cette précipitation ? Pourquoi ce refus d'autopsie ?

Les questions s'accumulent. Les réponses se font attendre.

Christian, soutien de famille

Christian Mbiock avait 24 ans. Il était le principal soutien financier de sa mère. Six ans qu'il travaillait comme récupérateur de déchets pour Hysacam, exposé chaque jour à des risques invisibles.

Sa famille est brisée.

« Il prenait soin de nous », confie une proche, la voix étranglée par l'émotion. « Maintenant, on nous dit de l'enterrer vite, sans savoir ce qui l'a vraiment tué. »

Un drame qui interpelle

Ce drame soulève des questions fondamentales sur la sécurité des travailleurs dans le secteur des déchets au Cameroun. Hysacam, qui gère la collecte et le traitement des déchets dans 17 villes du pays, est sous pression.

La décharge de Douala, saturée depuis plusieurs années, est le théâtre d'accidents réguliers. Mais rarement avec une telle violence.

Le mensonge du conducteur s'il est avéré révèle une faille systémique : l'absence de contrôle sur la nature des déchets transportés, et l'absence de protection pour les travailleurs en première ligne.

Ce que l'on sait, ce que l'on ignore

Faits confirmés :
- Christian Mbiock, 24 ans, récupérateur chez Hysacam, est décédé des suites de brûlures.
- Trois autres employés ont été brûlés. L'un d'eux est également décédé.
- Un camion de Sic Cacao a déversé un produit qualifié de « sable » par son conducteur.
- La SECA a réglé les factures d'hospitalisation sans en informer la famille.
- La SECA a encouragé la famille à enterrer le corps sans autopsie.

Allégations / hypothèses :
- Le produit déversé serait toxique, contrairement à la déclaration du conducteur.
- La SECA chercherait à étouffer l'affaire en évitant une autopsie.
- Sic Cacao aurait connaissance de la nature réelle du produit.

Ce qui reste à établir :
- La composition exacte du produit déversé.
- Les circonstances précises de l'orientation du camion vers la zone « non toxique ».
- Les responsabilités de chacun (conducteur, Sic Cacao, SECA, Hysacam).


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