Deschamps : fin de règne amère après 14 ans
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FRANCE :: Deschamps : fin de règne amère après 14 ans

Une élimination cruelle, une ère qui se referme : Didier Deschamps tire sa révérence après quatorze ans à la tête des Bleus, laissant un héritage inestimable et une génération prête à marquer l'histoire.

L'Espagne a battu la France 2-0 en demi-finale de la Coupe du monde. Le rêve américain des Bleus s'achève brutalement. Et avec lui, l'ère Didier Deschamps.

Pendant quatorze ans, il aura tout connu. La gloire suprême de 2018, la finale perdue en 2022, la déception des Euros, et ce mardi soir, à Dallas, la désillusion ultime. Son dernier match à la tête de la sélection tricolore ne sera pas une finale, mais une petite finale. Un lot de consolation amer pour celui qui a redessiné les contours du football français.

Mais au-delà du score, c'est un homme qui s'en va. Et une génération qui hérite d'un héritage colossal. Plongée dans les coulisses d'une fin de règne qui marquera l'histoire du football.

La leçon espagnole : une Roja trop forte

Il y avait du 14 Juillet dans l'air, à Dallas. Une ferveur bleue, des espoirs démesurés. Mais sur la pelouse du stade de Dallas, les Bleus sont tombés sur une machine espagnole. Dès la 22e minute, Mikel Oyarzabal transforme un penalty obtenu par Lamine Yamal, le prodige de la Roja, après une faute de Lucas Digne. Le but est un coup de poignard. À la 58e, Pedro Porro enfonce le clou. 2-0, sans appel.

« On a été un peu en dessous, on a commis plus d'erreurs techniques que dernièrement », concède Didier Deschamps après le match. « C'est sans doute aussi dû à la blessure de William Saliba, plus Adrien Rabiot à risque avec son carton jaune. Pour espérer plus, il fallait qu'on soit au maximum, on ne l'a pas été malheureusement ».

Kylian Mbappé, lui, ne cherche pas d'excuses : « On n'a pas fait le match qu'on voulait faire, que ce soit tactiquement, techniquement ou dans le niveau global. Quand tu ne fais pas ce que tu es censé faire dans une demi-finale de Coupe du monde, tu ne gagnes pas ».

L'Espagne, championne d'Europe en titre, a simplement été plus forte. Plus juste. Plus solide. Luis de la Fuente, son sélectionneur, ne s'en cache pas : « On a affronté l'une des meilleures sélections du monde. Mais eux ont affronté la meilleure équipe du monde ».

Un héritage inestimable

Cette défaite, cruelle, ne doit pas effacer quatorze années de travail. Didier Deschamps quitte les Bleus sur un bilan qui force le respect : un titre de champion du monde en 2018, une finale en 2022, et une troisième demi-finale consécutive en 2026. Un record de 26 matches de Coupe du monde dirigés. Une constance rare.

« J'ai beaucoup de fierté pour ce qu'on a réalisé dans des conditions difficiles », glisse-t-il, la voix serrée. Et pour cause : cette campagne américaine a été marquée par le décès de sa mère, quelques jours avant le début du Mondial. Les joueurs ont puisé dans cette épreuve une force collective. « Les difficultés connues par le coach nous ont rapprochés », confiait Adrien Rabiot avant la demi-finale.

Mais Deschamps laisse bien plus qu'un palmarès. Il laisse une identité. Une équipe de France qui, pour la première fois depuis longtemps, a joué avec flamboyance et audace. Un groupe soudé, où l'osmose et la cohésion étaient devenues des armes.

« Il y a cette alchimie, ça fonctionne très bien en dehors du terrain, et ça se transmet sur le terrain », expliquait Rabiot.

Zidane dans les starting-blocks

Désormais, une question brûle toutes les lèvres : qui pour succéder à Deschamps ? Zinédine Zidane, le nom qui revient comme une évidence, est dans les starting-blocks. Le défi est immense. « Il sera difficile de faire mieux que le bilan de Deschamps après 14 ans, mais c'est dur d'imaginer qu'il fasse moins bien avec l'équipe à sa disposition », analyse France 24.

L'équipe est prête. Jeune, talentueuse, affamée. Mais elle devra digérer cette élimination, et cette fin d'ère. Car Deschamps, c'était aussi une méthode : exigeante, parfois rugueuse, toujours humaine. « Il a maintenu la sélection française à un niveau très haut », rappelle-t-il lui-même.

La petite finale, un lot de consolation

Les Bleus joueront samedi la petite finale, à Miami, contre le perdant d'Angleterre-Argentine. Une médaille de bronze ne compensera pas l'échec. Mais elle offrira à Deschamps un dernier baroud d'honneur, une ultime occasion de transmettre sa fierté à une génération qui a tout pour briller.

« On a un autre match dans quatre jours même si ce n'est pas celui qu'on attendait », avait-il prévenu. Un dernier match, avant de tourner la page. Une page immense, écrite en lettres d'or dans l'histoire du football français.

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