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© Camer.be : Paul Moutila
- 04 Jul 2026 01:45:34
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CAMEROUN :: Le BIR débarque à Douala : le port passe sous protection militaire :: CAMEROON
Le 2 juillet 2026, le Cameroun a franchi un cap historique en inaugurant une base ultramoderne du Bataillon d'intervention rapide (BIR) au cœur du Port autonome de Douala, soutenue par un investissement de 3 milliards de FCFA une réponse musclée à la piraterie qui menace le premier hub économique d'Afrique centrale.
Il est 7 heures du matin, quelque part dans le golfe de Guinée. Un navire marchand vogue vers les côtes camerounaises, sa cargaison valant des millions d'euros. Soudain, des embarcations rapides surgissent de nulle part. Des hommes armés accostent, braquent l'équipage. En quelques minutes, le navire est sous contrôle. La marchandise disparaît dans l'immensité bleue.
Ce scénario, vécu des dizaines de fois entre 2010 et 2011, a marqué les esprits. Des attaques contre les navires ARGO, NORTH SPIRIT, OLOKUN 4, KULAK 7, SALMA, AMERIGO VESPUCI et MOUNGO 7. Des marins enlevés. Des opérateurs économiques agressés.
Le Cameroun a décidé que cela ne se reproduirait plus.
Le 2 juillet 2026, le ministre délégué à la Présidence chargé de la Défense, Joseph Beti Assomo, a coupé le ruban inaugural de la nouvelle base opérationnelle du Bataillon d'intervention rapide (BIR) au Port autonome de Douala-Bonabéri.
Une base ultramoderne. Trois milliards de FCFA d'investissement. Une réponse sans précédent à la menace pirate. Et un message clair adressé aux armateurs du monde entier : le port de Douala est désormais une forteresse.
Un tournant stratégique pour le Cameroun
La cérémonie d'inauguration, présidée par le ministre Beti Assomo, s'est déroulée en présence du directeur général du Port autonome de Douala (PAD), Cyrus Ngo'o, du gouverneur de la région du Littoral, Samuel Dieudonné Ivaha Diboua, du maire de Douala, Dr Roger Mbassa Ndine, ainsi que des hauts responsables militaires et des autorités traditionnelles.
Pour Cyrus Ngo'o, cette nouvelle base est "le symbole de la convergence des efforts de l'État et du Port Autonome de Douala". Il a salué la coopération entre le PAD et les Forces de Défense et de Sécurité, qu'il a qualifiée de "facteur essentiel de stabilité et de compétitivité".
Le ministre Beti Assomo, agissant au nom du président Paul Biya, Commandant en chef des armées, a réaffirmé que la sécurisation du port de Douala-Bonabéri demeure une priorité du Gouvernement.
Pourquoi cette base était indispensable
L'ancien site du BIR à Douala ne répondait plus aux exigences opérationnelles. Le quai, fortement ensablé, limitait les mouvements des embarcations qui ne pouvaient accoster qu'à marée haute. Les services de soutien étaient dispersés sur différents sites, réduisant l'efficacité des interventions.
Le général de brigade François Pelene, coordonnateur général du BIR, a rappelé que ces contraintes logistiques handicaperaient gravement la capacité de réaction face aux menaces en mer.
La nouvelle base regroupe désormais, sur un même site, les infrastructures administratives, logistiques et techniques nécessaires au déploiement des unités. Elle abrite le BIR Zone Douala, l'atelier naval et le Centre alimentaire méridional, améliorant ainsi la réactivité opérationnelle et la coordination des unités.
3 milliards de FCFA pour un port forteresse
Pour concrétiser cette ambition, le Port autonome de Douala a mobilisé une enveloppe de 3 milliards de FCFA (environ 4,6 millions d'euros), spécifiquement dédiée à la protection, à la délimitation et à la libération de ses terrains publics et emprises foncières stratégiques.
Ce montant s'ajoute aux investissements massifs déjà engagés dans le cadre du projet Douala Port Security (DPS), dont la phase 2 a été livrée par la société PortSec SA. Cette phase a vu l'installation de systèmes de surveillance avancés, de caméras de vidéosurveillance, de clôtures et de contrôles d'accès de dernière génération.
L'articulation entre l'expertise technique privée et le déploiement de la puissance militaire permanente du BIR sur un site industriel civil démontre une volonté de sanctuariser l'infrastructure contre toutes les formes de menaces modernes.
Le golfe de Guinée, zone de tous les dangers
Cette stratégie de militarisation préventive répond directement aux réalités géopolitiques régionales. Le golfe de Guinée est structurellement exposé à la piraterie maritime, aux pillages, aux sabotages et aux trafics illicites en tout genre.
Depuis l'apparition de la piraterie maritime dans le golfe de Guinée, plusieurs attaques ont visé navires marchands et opérateurs économiques, menaçant directement la continuité des activités portuaires et la capitale économique. Les attaques enregistrées entre 2010 et 2011 ont accéléré la création du BIR Zone Douala afin d'assurer une réponse opérationnelle adaptée.
Un atout économique majeur pour le Cameroun et la région
Le port de Douala n'est pas une infrastructure comme les autres. Il traite la grande majorité du commerce extérieur du Cameroun et fait office de porte d'entrée naturelle pour les pays enclavés de la zone CEMAC.
Un port hautement sécurisé change radicalement la donne économique :
- Attractivité : il attire prioritairement les grands armateurs internationaux
- Coûts : il engendre une baisse des primes d'assurance pour risque de guerre
- Efficacité : il raccourcit les délais de transit grâce à des contrôles fiabilisés
Pour les investisseurs, les industriels et les entrepreneurs opérant dans toute la sous-région d'Afrique centrale, un port de Douala sécurisé est le gage de coûts logistiques prévisibles et d'une chaîne d'approvisionnement résiliente face aux crises.
Une capacité d'intervention 24h/24
Architecturalement, le nouveau complexe agit comme un hub militaire tout-en-un, consolidant les services opérationnels, logistiques et médicaux au sein d'un même périmètre. Cette centralisation améliore la communication interne, rationalise la chaîne d'approvisionnement et réduit les délais de déploiement d'urgence.
Les équipes d'intervention peuvent désormais lancer des embarcations en eaux profondes à toute heure du jour ou de la nuit, indépendamment des contraintes de marée.
Pour le ministère de la Défense, cette installation est bien plus qu'un simple ensemble de bâtiments c'est un bouclier pour la souveraineté économique du Cameroun.
Un message à la communauté internationale
En accueillant cette nouvelle base sur son domaine, le Port de Douala-Bonabéri confirme son rôle central dans l'écosystème sécuritaire national et régional. Cette réalisation traduit l'ambition du PAD d'offrir aux opérateurs économiques un environnement toujours plus sûr, performant et résilient condition essentielle de la compétitivité et de l'attractivité de la place portuaire camerounaise.
Elle envoie un signal clair aux partenaires régionaux et aux compagnies maritimes : la capitale économique du Cameroun reste une porte d'entrée sûre et bien défendue pour le commerce international.
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