-
© Camer.be : Avec Jean Claude Mbede
- 15 May 2026 13:41:31
- |
- 395
- |
Tchiroma bloque Yaoundé : l'exil gambien qui paralyse le pouvoir camerounais :: CAMEROON
Depuis la Gambie, Issa Tchiroma Bakary mène une offensive diplomatique qui, selon le journaliste Jean Claude Mbede, bloque effectivement les nominations gouvernementales à Yaoundé. Un coup de force invisible, mais mesurable.
Qui est Jean Claude Mbede, et que révèle-t-il ?
Jean Claude Mbede est un journaliste camerounais en retrait de l'activité médiatique directe, aujourd'hui soutien déclaré du président national du FSNC. Il prend publiquement position sur la crise politique camerounaise pour défendre la stratégie de Tchiroma, réfugié en Gambie depuis les violences d'octobre.
Sa thèse centrale : l'exil diplomatique de Tchiroma n'est pas une fuite. C'est une manœuvre calculée.
Pourquoi Tchiroma a-t-il choisi la Gambie ?
Après les massacres d'octobre qui ont coûté la vie à des dizaines de jeunes manifestants, Issa Tchiroma a opté pour une stratégie de désescalade. Mbede l'explique sans détour : face à un régime qui ne cède ni aux urnes ni à la pression de la rue, deux options subsistent les armes ou la diplomatie internationale.
Tchiroma a choisi la seconde voie.
La Gambie impose une contrainte juridique réelle. La charte de l'Union africaine interdit à tout réfugié politique d'y mener des activités subversives ouvertes. Tchiroma opère donc via des relais bénévoles, citoyens engagés qui portent ses messages et coordonnent ses démarches auprès des chancelleries.
Comment l'exil gambien bloque-t-il Yaoundé ?
C'est le cœur de la révélation de Mbede. Selon lui, la pression diplomatique exercée par Tchiroma depuis Banjul a produit un effet tangible : les nominations gouvernementales attendues à Yaoundé dont celle d'un vice-président sont actuellement bloquées.
Le mécanisme reste opaque, comme toute action diplomatique efficace. Mais Mbede avance une piste : des interlocuteurs internationaux, sensibilisés par Tchiroma, freinent la légitimation internationale du régime. Sans reconnaissance extérieure, les grandes manœuvres politiques internes perdent de leur portée.
La mention du Vatican est significative. Mbede cite explicitement le Pape Léon, qui ferait du dossier camerounais crise anglophone du NoSo incluse une priorité de sa médiation. Le précédent mozambicain est invoqué : le Saint-Siège a réussi à ramener la paix dans ce pays après des années de guerre civile.
Opposition fracturée, régime en sursis
La fracture de l'opposition camerounaise constitue le principal obstacle. Mbede pointe une réalité douloureuse : certains partis refusent de relayer les initiatives de Tchiroma, leurs militants le dénigrent depuis… leur propre exil. Une contradiction que l'opinion publique camerounaise commence à noter.
Le boycott des obsèques d'un leader de l'opposition par ses propres pairs a cristallisé cette division. Pour Mbede, certains attendent l'effacement de Tchiroma pour imposer leur propre candidat à la transition.
Deux scénarios s'affrontent. Premier scénario : la médiation internationale aboutit, Tchiroma rentre au Cameroun dans le cadre d'une transition négociée. Second scénario : l'opposition reste divisée, le régime de Yaoundé se renouvelle sans opposition crédible, et la démocratisation du Cameroun recule d'une décennie.
Mbede formule l'alternative sans ambiguïté : « Ce sera Tchiroma ou le régime. Personne d'autre. »
Une diplomatie silencieuse peut-elle renverser un régime autoritaire ?
La question dépasse le Cameroun. L'histoire récente offre des précédents : en Colombie, les accords de paix ont pris quatre ans de négociations secrètes avant d'être rendus publics. Au Mozambique, le Vatican a travaillé dans l'ombre pendant deux ans.
Ce que Mbede défend, c'est une conception de la résistance politique qui accepte l'invisibilité temporaire comme condition de l'efficacité. Dans un pays où s'opposer ouvertement coûte parfois la vie, le silence stratégique n'est pas de la lâcheté. C'est peut-être la seule forme de courage qui paie.
La vraie question reste entière : Tchiroma reviendra-t-il avec un accord, ou l'exil deviendra-t-il sa prison dorée ?
Pour plus d'informations sur l'actualité, abonnez vous sur : notre chaîne WhatsApp
Lire aussi dans la rubrique POINT DE VUE
Les + récents
« On verra celui qui va perdre le plus » : la lettre laissée après l’égorgement d’une fillette
Traite humaine au Cameroun : 17 jeunes sauvés d'un réseau criminel vers la Malaisie
Tchiroma bloque Yaoundé : l'exil gambien qui paralyse le pouvoir camerounais
Mondial 2026: Voici les 26 de Rudi Garcia avec Romelu Lukaku
Qui sont les 26 sélectionnés de Didier Deschamps?
POINT DE VUE :: les + lus
Cameroun,33 ans de pouvoir: Les 33 péchés de Paul Biya
- 10 November 2015
- /
- 107025
LE DéBAT
Afrique : Quel droit à l'image pour les défunts au Cameroun ?
- 17 December 2017
- /
- 237515
Vidéo de la semaine
évènement
