29 kits Starlink saisis : le Cameroun durcit le contrôle sur l'internet satellite
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29 kits Starlink saisis : le Cameroun durcit le contrôle sur l'internet satellite :: CAMEROON

L'État camerounais resserre l'étau autour d'Internet par satellite. En deux opérations coup sur coup, les Douanes d'Ekok ont saisi 29 kits STARLINK, frappant un symbole de la fracture entre innovation technologique et contrôle étatique.

Cette action énergique n'est pas un fait isolé. Elle s'inscrit dans une interdiction décrétée en avril 2024, officiellement pour des raisons de sécurité nationale et l'absence de licence locale. Une décision que SpaceX avait suivie en suspendant son service dans le pays, rendant ces kits techniquement inutilisables.

Un paradoxe africain

Cette offensive survient dans un contexte paradoxal. Alors que les autorités procèdent à des saisies, des documents réglementaires encadrant l'entrée de Starlink auraient été finalisés et transmis pour une potentielle autorisation. Cette ambivalence révèle le cœur du dilemme : comment réguler une infrastructure qui échappe aux frontières ?

Starlink incarne une promesse de connexion haute vitesse, notamment cruciale dans un continent où les câbles sous-marins sont fragiles et les réseaux terrestres défaillants. Mais cette technologie, coûteuse, crée un Internet à deux vitesses, accessible seulement à une élite économique, tout en opérant depuis l'espace, hors du contrôle direct des États.

La souveraineté numérique en jeu

La question dépasse le simple cadre réglementaire. Elle touche à la souveraineté numérique. Des pays comme l'Ouganda, à l'approche d'élections sensibles, ont aussi ordonné des suspensions, exigeant parfois l'aval de l'armée pour importer un terminal. À l'inverse, le Gabon voisin mise sur d'autres constellations satellitaires pour connecter ses trains, montrant qu'il existe des alternatives négociées.

Au Cameroun, l'enjeu est aussi économique. L'opérateur historique Camtel défend son pré carré. Les saisies douanières envoient un message fort : aucune technologie, aussi disruptive soit-elle, ne peut contourner l'autorité de l'Agence de Régulation des Télécommunications (ART). Pourtant, sur les réseaux sociaux, des voix s'élèvent, affirmant que ces mêmes kits équiperaient certaines administrations publiques, jetant une ombre sur la cohérence de la politique menée.

Cette tension entre ouverture technologique et fermeture régulatoire définit une nouvelle frontière géopolitique. Les kits saisis à Ekok sont plus que du matériel de contrebande. Ce sont les pièces à conviction d'un procès plus large : qui, des États ou des géants technologiques privés, dictera les termes de la connectivité en Afrique au XXIe siècle ?

Si le Cameroun légalisait finalement Starlink, cette répression actuelle deviendrait-elle une simple parenthèse autoritaire, ou la précondition d'une négociation pour reprendre la main sur un flux jugé incontrôlable ?

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