LE FSNC DE TCHIROMA ET LE MRC DE KAMTO, par Benjamin Zebaze
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UNE TENTATIVE D'AFFRONTEMENT QUI NE PREND PAS

Ne constatant pas que leurs tentatives en vue d'opposer ces deux grands groupes politiques sont vaines, certains ne désarment pas en utilisant des arguments qui feraient honte au pire des illettrés.
Quitte à me répéter, je précise une fois de plus, ma pensée.

- SI J'ÉTAIS TCHIROMA...

J'appelerais au boycott massif des futures élections organisées par des gens qui m'ont volé une élection présidentielle. 
En le faisant,  je serais parfaitement cohérent puisque je ne peux pas prétendre aux yeux du monde entier être sorti vainqueur de cette élection  et accepter de participer à une potentielle mascarade organisée par mes "voleurs quelques semaines plus tard.
MAIS, puisqu'il y a toujours un mais, il ne faudrait pas que mes partisans et moi tentent "d'excommunier politiquement" tous ceux qui veulent y participer car, les problèmes locaux sont parfois devenus insupportables pour beaucoup.
Par exemple,  dans ma ville de naissance Dschang,  si la classe politique RDPC reprend les commandes de la Mairie, surtout dans sa composition actuelle, cela risque de causer de nombreux AVC au sein de la population.
De plus,  bien que rare, on a vu quelqu'un dont l'élection a été volé revenir, par un retournement dont l'histoire a le secret, occuper la place qui lui revenait de droit.

- SI JE SUIS KAMTO

Je mets immédiatement mon parti en mouvement avec une organisation quasi militaire pour affronter la machine diabolique du Rdpc.
L'idée est de mailler tout le territoire national de telle sorte que quelque soit le jour du scrutin, tous les hameaux, tous les domiciles, soient visités par les militants avec une foi digne de celle des témoins de Jéhovah.

Le boycott des dernières élections locales a sauvé le MRC qui n'était pas prêt et qui était surtout miné de l'intérieur par de nombreux aventuriers politiques qu'on pouvait acheter avec une simple niche de pain.

Aujourd'hui,  on devrait constater au moins deux choses: le Rdpc ressemble à un malade souffrant de cancer en phase terminale;  la dernière présidentielle a montré qu'on peut faire reculer ce parti, même au cour d'un processus électoral inique.
Il faut, dès maintenant,  identifier tous les bureaux de vote et "recruter" au moins 5 volontaires par bureau de vote; s'allier intelligemment à d'autres forces politiques dans certaines zones; établir un programme de gouvernement au niveau national qui sera complété par des idées nouvelles nécessaires à chaque circonscription électorale... bref,  il y a du boulot. 

Le Rdpc est aux abois et je doute fort qu' à Dschang,  pour citer un exemple, il ose encore se livrer à ses petites magouilles habituelles, secoué comme il l'a été après la présidentielle.  Dans de très nombreuses circonscriptions électorales, ce sera pareil.

POURQUOI TCHIROMA A ÉTÉ LE MEILLEUR LORS DE LA DERNIÈRE PRÉSIDENTIELLE 

Lors de ce débat autour de la  participation ou pas aux futures élections, je suis effrayé par le type d'arguments utilisés par les deux camps.  Le problème est qu'après chaque consultation électorale, les "intellectuels" ne débattent pas assez pour tirer les leçons du scrutin.
Et pourtant,  dans le contexte actuel, le succès de Issa Tchiroma mérite d'être étudié et enseigné dans nos universités et même au delà. 
Comment peut-on passer en moins de 2 mois de l'homme politique le plus détesté d'un gouvernement à héros national ? Il faut avouer que ce n'est pas banal.
Bien que n'étant pas un intellectuel, je vais essayer d'expliquer,  selon moi, les raisons de ce succès.

1- Le succès de Tchiroma s'explique surtout par le fait qu'il était le moins mauvais des candidats à cette élection;
2- Malgré tous ses défauts, on sent que c'est un homme qui "aime" les gens; est habité par une certaine empathie qui en fait un personnage chaleureux voire sympathique;
3- Sur la plupart des sujets, forme de l'Etat, mandat présidentiel, double nationalité...il a été très clair là où les autres entretenaient un "clair-obscur". 
Son accueil par les anglophones, qu'il avait vilipendé auparavant, en dit long, puisque  ces derniers avaient de bonnes raisons de lui en vouloir éternellement.
4- Dans ce pays, on veut nier les pires évidences.

Partons de cet exemple fictif:
Si moi, Nkeum Motissong, j'étais candidat à une élection présidentielle, je n'arriverais à rien si mon village (Baleng),  mon groupement (Bafou), mon département (la Menoua), ma Région (l'Ouest) ; si mes oncles Bakokos et bassas ne me soutiennent pas. On peut le regretter mais c'est le CAMEROUN d'aujourd'hui qui veut ça. 
Fort de ce soutien, je pourrais alors élargir cette base qui évoluera en "cercles concentriques".
Ne nous masquons pas le visage : le vote dans ce pays est très souvent dès le départ, un vote communautaire; seul le talent des candidats permet d'élargir cette base.
C'est exactement ce qui s'est passé avec Tchiroma qui a réussi à rassembler le vivier d'électeurs qu'est le grand nord autour de son nom, réduisant à néant l'Undp de Bello Bouba pourtant largement mieux implanté que lui sur le terrain. Ne venez pas me dire qu'on a voté pour un programme là bas ;
5- Les militants de l'UNDP,  un "géant endormi" dans le grand nord, ont été rassuré par la campagne de Tchiroma qui, avec sa garde rapprochée, ne leur a jamais manqué de respect dans les propos; 
6- Tous les vrais supporters de Maurice Kamto se sont aussi rangés derrière ce candidat car il est apparu, à leurs yeux, comme le seul pouvant apporter le changement escompté; 
7- Les adversaires de Maurice Kamto souhaitant néanmoins le changement, ont vu en lui le meilleur cheval;
8- Beaucoup des adeptes du "tout sauf un Bamiléké" souhaitant quand même le changement, se sont rabattus sur sa candidature;
9- LE MEILLEUR EST POUR LA FIN: de hauts cadres du Rdpc; des membres du gouvernement, des militants du Rdpc de la base au sommet ont œuvré en coulisses pour faire de 
Issa Tchiroma, le futur vainqueur à la présidentielle. 
Un indice ? Son score dans le bureau de vote de Paul Biya et le mutisme des hauts cadres de ce parti pendant la campagne. 

Je dis ça et je ne dis plus rien: qui n'a pas peur d'un  MOULINEX  même rouillé ? Il peut commander une "brouette-ambulance" afin de transporter mon corps pour le jeter dans les poubelles alors que je suis "innocent".

Pauvre Cameroun entre des mains sataniques.

Benjamin Zébazé 
Ndi Nkeum Motissong

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