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© Camer.be : Paul Moutila
- 14 Jan 2026 12:34:26
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CAMEROUN :: Lettre d'un général à ENEO : la frontière ténue entre sécurité publique et dérive :: CAMEROON
Une correspondance officielle crée la polémique au Cameroun. En décembre 2025, le commandant de la deuxième région militaire interarmées a formellement sollicité un don de dix véhicules Toyota Land Cruiser auprès de la société nationale d'électricité, ENEO Cameroun. L’officier signataire n’est autre que le Général Ngolo Ngomba, promu quelques mois plus tôt, en juillet 2025, dans un mouvement de renforcement du haut commandement avant la présidentielle d'octobre.
Dans sa lettre, le général justifie cette demande de dons par la nécessité de renforcer les opérations de sécurité à Douala. La capitale économique était effectivement le théâtre de violentes manifestations post-électorales à l'automne 2025, marquées par des pillages et des incendies. Cette requête, adressée à une entreprise privée, soulève des questions sur les pratiques logistiques de l'armée camerounaise. Elle intervient alors que des officiers de haut rang sont habituellement fournis en moyens via le budget de l'État ou des dons internationaux, comme ceux des États-Unis ou de la France pour la lutte contre Boko Haram.
Historiquement, la collaboration entre le secteur privé et l'armée existe, souvent pour sécuriser des sites. Toutefois, une demande aussi directe et formalisée est jugée inédite. Le général Ngolo Ngomba, ancien cadre de la Garde présidentielle, est un officier expérimenté. Son passage du cabinet ministériel au commandement de terrain à Douala en juillet 2025 était perçu comme un signe de confiance. Cette affaire place désormais le regard sur les méthodes de financement indirect de la force publique.
L'épisode révèle une zone grise. Certains commentaires en ligne défendent la démarche, évoquant des lois sur les réquisitions ou des pratiques caritatives d'entreprises. D'autres y voient un précédent dangereux, risquant de lier opérations de sécurité et générosité contrainte du secteur économique. Dans un contexte post-électoral encore sensible, où la confiance envers les institutions est primordiale, la transparence sur de tels arrangements paraît essentielle.
Que pensez-vous de ce type de soutien logistique des entreprises à l'armée : collaboration d'intérêt général ou pratique à encadrer strictement ?
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