J'ACCEPTE LE PARDON DE MARTIN CAMUS MIMB
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FRANCE :: J'ACCEPTE LE PARDON DE MARTIN CAMUS MIMB

Hier soir, devant les camerounais du monde entier, le sieur Martin Camus est venu demander pardon, abandonnant le combat qu’il avait pensé mener jusqu’au bout. Très vite la raison a repris sa place. Un combat ici, était perdu d’avance et il l’a compris.

Il a choisi le pardon. Dans la vie, le pardon est plus fort et plus efficace que la haine. La repentance, c’est reconnaitre personnellement et publiquement nos fautes et nos péchés devant ses semblables. Thomas Paine a dit il y a bien des années, qu’il y a des moments dans la vie où l’âme de l’homme est mise à l’épreuve. Ces mots bien connus de tous sont tellement vrais pour lui aujourd’hui. Je ne souhaite pas l’enfoncer dans la vallée de l’ombre de la mort, mais le tirer de là puisqu’il s’est repenti.

 Malika elle-même, le disait dans une vidéo vouloir aller au 7ème ciel, et voir le Satan, elle savait de quoi elle parlait et elle s’y est bien installée à présent dans l’enfer qu’elle a toujours espéré. Si Martin revient sur ses dires, c’est parce que le rouleau compresseur s’est mis en marche et l’ultimatum lancé par le commissaire n’a pas arrangé l’affaire. Pendant des heures, des coups de fils ont chauffé ses fesses pour qu’il se mette debout tel qu’il a toujours souhaité dans sa récente production littéraire.

Ayant déposé les armes après avoir longtemps nié, il s’est rendu à l’ennemi la tête basse, les yeux hagards, la langue pendante. Il faut voir en cela le geste d’un lâche. L’écrivain est celui qui dit oui à son destin. Il ne gémit pas, il ne crie pas, il ne pleure pas, comme écrivait Vigny.  J’aurai été à sa place, j’aurais continué le combat par fierté de défendre mon honneur jusqu’au bout et tomber les armes à la main.  Mais n’enfonçons pas le clou.

Camus n’est pas un titan c’est un homme comme nous, surtout un homme démembré par la vie. Il n’est plus debout tel qu’il titrait son livre, il n’est même pas assis, il est à plat ventre. Il s’est mis nu, il s’est mis à genou devant tout le Cameroun, devant sa famille et ses enfants ; c’est déjà un acte de courage que beaucoup n’ont pu faire dans ce Cameroun. Son pardon est un pardon sincère ; les autres viennent souvent pour se moquer. Par ailleurs, il s’est remis à Dieu. Comme dans les psaumes « Des profondeurs, je crie vers toi, Seigneur. Ecoute mes prières ».

C'est la prière d'un pauvre pécheur, d'un humble serviteur qui demande à Dieu de jeter son regard de miséricorde sur sa grande misère. Moi aussi qui le condamnait hier, je demande à Dieu, et je le prie, Lui qui est de toute tendresse et de toute bonté, de redonner la vie à celui qui a mis espoir en lui. C'est en en toi seul qu'il peut escompter un lendemain meilleur.  Donne-lui la force et le courage pour résister contre vents et marées. Un jour viendra, où il ne se souviendra plus de ses tourments et de ses larmes, mais de ta présence en ce moment.

Il pourra te rendre grâce et chanter sans fin pour toi des hymnes de louange. Eh oui… c’est vrai, nous avons anthropologiquement, ontologiquement, métaphysiquement besoin d’un repère spirituel.  Dans ces moments de détresse, la parole prend plus d’ambition. Le besoin qu’éprouve l’homme d’appeler Dieu pendant les moments de détresse montre qu’on vivait sans lui.

Eh oui… comme Thomas dans l’évangile, Martin Camus retourne vers le seigneur. Il y croit. Ici CAMUS parle au nom de tous les camerounais pour une morale provisoire. Cette noble initiative vise à offrir à nos compatriotes divisés une occasion propice pour se pardonner les uns envers les autres, pour se réconcilier les uns avec les autres. Il semble qu'au fond du cœur de chaque camerounais réside une antipathie viscérale et invétérée à l'égard de ses congénères de la vie. C'est même devenu une norme, la haine, alimentée par notre diaspora.  

Malika se veut un condensé des différents problèmes de la misère que connait notre pays. Il y a trop de souffrance dans ce pays. Des licenciées qui sont ménagères dans les maisons pour gagner 15 000 f cfa, des maitrisards qui font le call box, des licenciés qui sont benskineur, ou gardien de nuit, là c’est déjà une débrouillardise, et pour celle qui n’a rien et dont les parents sont décédés. Les morts se succèdent depuis dix ans.

Que devient-elle ? j’ai vu des milliers de diplômés retournés dans les villages pour retrouver les parents dans les champs. Des femmes mariées qui à l'aurore font une déviation à l'auberge afin de  compléter son argent du marché. On a vu des femmes épouser des personnes sous curatelle, tout juste parce que ce dernier avait une petite pension de 60 000 f cfa le  trimestre ; d’autres qui ont sorti avec des prêtres sans état d’âmes afin de joindre les deux bouts. Les jeunes filles connaissent une misère incroyable et sont prêtes à tout.

Le seul moyen qui leur reste est de se lancer dans des  pratiques obscènes pour leur survie.  Avec un peu d’audace et un esprit entreprenant, Camus peut bien envisager des pistes de solutions favorables pour un arrangement à l’amiable.  Le pardon est important ici avant d’entamer tout et attendre tout. Nous avons tous besoin d’être pardonnés.

C’est pourquoi je dis très cher Martin Camus MIMB, prends place parmi nous. Nous qui n’avons pas eu la malchance que tu as eue, et qui faisons des choses terribles dans le noir, ce que le droit appelait le chiffre gris de la criminalité. C’est pourquoi je demande à ceux qui se sentent parfaits dans ce pays appelé Cameroun, de circuler. 

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