Assemblée des évêques : les dessous de la visite de Ferdinand Ngoh Ngoh à Bafang
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Alors qu’il n’y avait pas d’évènement majeur au 44e séminaire annuel des évêques du Cameroun, le président de la république a été invité, et s’est fait représenter par le secrétaire général de la présidence de la république.

« Les évêques ont l’habitude d’inviter le président de la République à leur conférence annuelle lorsqu’ il y a un évènement majeur », a fait savoir un évêque que nous avons rencontré. Mais à Bafang la semaine dernière, alors qu’il n’y avait aucun évènement majeur, le président de la République a été invité au 44e séminaire annuel des évêques du Cameroun et s’est fait représenter par Ferdinand Ngoh Ngoh. Qu’est ce qui peut donc justifier la présence du Secrétaire général de la présidence de la République à la dernière assemblée des évêques ?

Continuent de se demander certains observateurs qui ne manquent pas d’émettre certaines hypothèses. Pour certains, Ferdinand Ngoh Ngoh serait allé voir les évêques en vue de la prochaine visite au Cameroun du cardinal Pietro Parolin, Secrétaire d’État à la Cité du Vatican ? Non répond l’évêque que nous avons rencontré. Le prélat affirme que la présence de Ferdinand Ngoh Ngoh n’a rien à voir avec l’arrivée au Cameroun de l’émissaire du Vatican. Car, explique-t-il les visites des officiels du Vatican se gèrent entre l’État du Cameroun et la nonciature qui est la représentation diplomatique du Saint Siege au Cameroun. Selon notre informateur, Ferdinand Ngoh Ngoh a tout simplement répondu au nom du président, à une simple invitation de monseigneur Abraham Kome, président de la Conférence Épiscopale Nationale du Cameroun (Cenc). Même si l’évêque soutient que cette invitation du président de la République est une toute première dans la tenue des assemblées des évêques. « On n’a jamais invité le président de la République pour les séminaires des évêques, sauf quand il y a un événement majeur », commente-t-il.

Profil du représentant du chef de L’État

Si la présence du représentant du Chef de l’État ne suscite pas beaucoup de commentaires auprès de plusieurs hommes d’Église rencontrés, le profil de celui que le président a désigné pour le rencontrer donne matière à réfléchir. Selon un ancien secrétaire général de la conférence des évêques du Cameroun, le président se fait souvent représenter par une personnalité lambda, mais cette fois, il a choisi son plus proche collaborateur. « Ce qui n’est pas anodin », avoue-t-il. Un point de vue partagé par un évêque qui explique ce choix par le fait que « le président de la République sait qu’il a à faire à une conférence épiscopale sérieuse, du fait de ses analyses à la fois omniprésentes et opposantes sur la situation sociopolitique du Cameroun. C’est pour cette raison qu’il a choisi d’envoyer un interlocuteur capable de répondre dans le vif aux préoccupations de certains évêques. Ce d’autant plus que monseigneur Abraham Kome, actuel président de la Conférence des évêques est connu pour ses prises de positions radicales et critiques contre le pouvoir en place. En plus de ses positions critiques, monseigneur Abraham Kome est lucide et éveillé, du genre à ridiculiser son interlocuteur lorsqu’il trouve un déficit dans son raisonnement. Il fallait donc lui offrir un vis-à-vis qui pourra répondre avec assurances à ses préoccupations », ajoute-t-il.

Les sujets évoqués

« L’entretien entre Ferdinand Ngoh Ngoh et Abraham Kome est resté interpersonnel », soutient un évêque. « Les évêques ne l’ont vu qu’à la messe et lors du repas », explique-t-il. Mais le prélat soupçonne, connaissant les bords de Ferdinand Ngoh Ngoh qui est dans une posture républicaine et Monseigneur Abraham Kome qui est de l’extrême gauche, « les causeries entre les deux hommes ont surement été très prudentes pour éviter que l’un et l’autre se compromettent ». Monseigneur Abraham Kome a selon l’évêque, « certainement profité de l’occasion pour rappeler de vive voix au Sgpr, les préoccupations qu’il avait déjà émises dans sa lettre ouverte de septembre 2020 sur la situation sociopolitique du pays. À son tour, estime l’évêque, Ferdinand Ngoh Ngoh a certainement rappelé la position du gouvernement sur certains sujets, tout en promettant de résoudre certains problèmes posés par l’évêque ».

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