CAMEROUN :: L’amour au temps du confinement :: CAMEROON
CAMEROUN :: L’amour au temps du confinement :: CAMEROON
 
CAMEROUN :: FRANCAISCAMER CAMEROUN :: L?amour au temps du confinement :: CAMEROON
  • achouka.mondoblog : Ecclésiaste DEUDJUI
  • dimanche 03 mai 2020 11:56:00
  • 3087

CAMEROUN :: L’amour au temps du confinement :: CAMEROON

Il y a ma une petite amie qui voulait me rendre visite l’autre jour, mais je lui ai répondu que « Mais je demande hein, tu ne sais pas qu’il y a le coronavirus dehors ? » Et voilà comment elle m’a quitté puisqu’elle ne supportait plus ce genre d’amour-ci en temps de confinement…

La drague au temps du confinement

La drague est devenue totalement différente ! D’abord parce que nous ne sortons plus beaucoup, ensuite parce que les bars et les poissons braisés sont fermés à partir de 18h30, et enfin parce que même les auberges et les motels ont été réquisitionnés par notre gouvernement…

La drague est devenue une mission impossible. Jusqu’à tu donnes même ta carte de visite à une inconnue que tu viens de rencontrer dans le taxi, et elle te balance ça directement par la portière ! Elle te toise en te dévisageant dans le rétroviseur puis elle te rétorque que « Mais je demande hein, monsieur Je-ne-sais-qui ! Vous ne savez pas qu’il y a le coronavirus dehors ? » Et en même temps elle respecte les gestes barrières, puisqu’elle te tance en arborant un masque chirurgical sur le visage. Elle détient aussi un flocon de gel désinfectant dans son sac à main. Elle refuse mécaniquement de te revoir parce qu’elle pratique la distanciation sociale pour se protéger et pour protéger sa famille. Mais ça ne veut pas dire qu’elle est opposée aux transferts d’argent, aux cadeaux-surprises, aux paquets de chawarma à emporter que tu pourrais lui offrir lorsque vous allez descendre de votre taxi, etc.

Le flirt au temps du confinement

Ça c’est avec les filles que tu avais draguées bien avant la survenue de ce fameux coronavirus, c’est-à-dire bien avant le mois de décembre.

Elles ne sont pas très compliquées : vous ne vous voyez pas, mais il faut que tu lui envoies des forfaits téléphoniques. Vous ne vous rencardez pas, mais il faudrait que tu lui fasses des transferts Orange money ou MoMo. Vous n’envisagez même pas de vous toucher d’ici la fin de ce confinement vers le mois de septembre, mais elles sont toujours en train de te dire t’écrire que « J’ai faim hein », « J’ai deuil hein », « J’ai soif hein », « J’ai envie d’une nouvelle paire de chaussures hein »

Et moi j’ai parfois l’impression que ce genre de relation n’est pas vraiment très différent du télétravail…

Le mariage au temps du confinement

Je ne suis pas encore marié comme mon ami Pierre La Paix Ndamè. Mais les quelques échos qui me reviennent de certains foyers et de certains ménages pourtant séculaires, me font penser qu’on assistera à une grosse vague de divorces d’ici le commencement du mois de septembre…

Je m’explique : il y a des hommes qui battent sur leur épouse depuis le début de ce confinement. Il y a des femmes qui ne peuvent plus tromper leur mari facilement depuis le début du confinement. Il y a des partenaires amoureux qui ne peuvent plus supporter la même-même nourriture tous les jours, que ce soit nutritionnel ou « nutrisexuel ». Il y a des hommes ici au Cameroun qui fuyaient leur domicile conjugal afin d’éviter de rencontrer leur propre femme, et qui n’y revenaient que dès la tombée de l’obscurité. Mais c’est vrai qu’il ne faut pas condamner tous ces couples, parce que c’est réellement difficile de vivre 24h/24 sous le même toit avec la même personne. Et c’est encore plus difficile lorsque nous sommes en temps de confinement comme actuellement.

L’infidélité au temps du confinement

Je ne vous apprends rien, si je vous informe que tous les hommes camerounais sont des conjoints infidèles –y compris les femmes camerounaises. Parce que les hommes d’ici ils ont au moins deux « bureaux », trois bureaux, quatre bureaux, cinq bureaux… Tandis que leurs concubines ont toujours deux sponsors, vingt dragueurs et une bonne douzaine de « bons gars » qui sont généralement dissimulés dans leur propre entourage…

Non, le coronavirus a au moins du bon. Le confinement gouvernemental qui nous est imposé ici depuis le 17 mars, a certainement freiné l’évolution épidémique des maladies sexuellement transmissibles. La fermeture des bars à 18h30 surtout, a empêché aux maris de sortir tard le soir pour aller rencontrer leurs maîtresses et leurs étudiantes ; et aux épouses de sortir très tard dans la nuit pour partir forniquer avec leurs amants. Ce qui signifie que l’infidélité au Cameroun se résume désormais aux réseaux sociaux et aux SMS, puisque les contacts physiques ont chuté vertigineusement. Et puis la bonne nouvelle c’est que le salaire des hommes est dorénavant destiné (du moins je l’espère) à la ration alimentaire et aux problèmes des enfants…

Le grand Amour au temps du confinement

Donc il y a une de mes petites amies qui voulait absolument me rencontrer l’autre jour, mais je lui ai répondu que « Mais je demande hein, est-ce que tu sais même qu’il y a le coronavirus ici dehors ? » Et voilà comment elle m’a largué parce qu’elle ne supportait plus ce genre de désamour-ci en temps de confinement…

L’amour au temps du confinement ! Les gens qui vous aiment réellement doivent absolument tout faire pour vous protéger, et paradoxalement cela signifie qu’ils devraient vous éviter.
Le sexe au temps du confinement ! Je vous avais dit l’autre jour que nous sommes en guerre ; ce qui signifie que pour les célibataires comme moi, l’activité sexuelle ne reprendra pas avant le mois de septembre.

La santé au temps du confinement, puisque c’est en réalité de cela qu’il s’agit : lavez-vous les mains, portez toujours un masque comme la fille que j’avais baratinée dans le taxi, toussez dans votre coude et pratiquez la distanciation sociale.

Puisque ce n’est pas très différent de l’amour aux temps du choléra de Gabriel Garcia Marquez. Ce n’est pas réellement différent de l’amour à distance. Ce n’est pas plus compliqué que les amours invisibles et virtuelles que nous pratiquons régulièrement à travers les réseaux sociaux, et pourtant là il s’agit très sérieusement d’une question de vie ou de mort !
Alors aimons-nous vivant.

03mai
Lire aussi dans la rubrique FRANCAISCAMER
Vidéo