CAMEROUN :: Lettre ouverte d’un aîné à la jeunesse du Dja-et- Lobo :: CAMEROON
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CAMEROUN :: POINT DE VUE
  • Correspondance : Jean Claude Shanda Tonme
  • vendredi 18 octobre 2019 08:00:00
  • 1804

CAMEROUN :: Lettre ouverte d’un aîné à la jeunesse du Dja-et- Lobo :: CAMEROON

A vous, la jeunesse du Dja-et- Lobo, votre responsabilité historique dans l’émergence, la consécration, la maturité et la nécessaire préservation du sentiment national Camerounais

Fulassi, vous connaissez ? Je veux dire l’Ecole normale de Fulassi. Si vous ne connaissez pas, connaissez-vous au moins ce qu’est un hymne national pour un peuple, pour une nation ? Et en ce qui concerne, le nôtre, notre hymne national, savez-vous d’où il vient, son origine ? Et maintenant, que vous dit le titre de cet hymne, Ô Cameroun, berceau de nos ancêtres ?

Voyez, chers amis, chers enfants du Cameroun profond, notre hymne, nous vient de Fulassi, œuvre des élèves d’une école normale qui y était installée. C’est de cette école en effet, qu’est sorti, qu’à été conçu comme un enfant arrive au monde, notre hymne national. Et cet hymne, est ainsi donc, l’œuvre de Camerounais fiers, conscients, mobilisés et prêts au sacrifice suprême, pour nous donner la vie, pour marquer en lettres d’or et en encre indélébile, un sentiment national, pour faire germer et s’imposer, la voix et l’âme d’une nation, une nation nôtre.

Je reviens de l’Ecole normale de Fulassi, tout récemment. J’ai en effet, eu la chance de me ressourcer là-bas. C’était à l’occasion d’une cérémonie mémorable, de célébration et de bénédiction des soixante années d’union d’un couple mythique, un couple vrai formé et formaté dans les entrailles de cette mythique école. J’ai presque fondu en larmes, embrassé le sol, et senti notre pays dans ce qu’il a de plus profond, de plus beau, de plus uni et de plus assurant et rassurant. C’était indescriptible, impensable, inoubliable. J’étais là, au cœur de notre panthéon, de notre centre de valorisation de la mémoire, la mémoire de notre nationalisme, la mémoire de tous ceux qui ont payé de leur vie et donné de leur âme, pour le soleil de notre dignité.

Ne me traitez point de grand intellectuel, car j’ignorais tant de choses, trop de choses, tant de vérités, jusqu’à ce que revenu de Fulassi et restant mobilisé sentimentalement, un ami très proche, un de ceux qui font tout de même notre actualité, ait pitié de moi et excuse mon ignorance, puis m’apprend, m’enseigne, que la plupart des grands noms qui font notre fierté historique, qui constituent et portent la naissance de notre nationalisme et du premier mouvement nationaliste camerounais UPC, sortaient de Fulassi, d’anciens élèves, des Camerounais comme nous souhaitons en voir d’avantage aujourd’hui.

Fulassi, c’est le terroir de votre naissance, lieu grandiose de mémoire, lieu d’où, près d’où, lieu dans lequel, vous avez exprimé des frustrations violentes et débordantes, sans aucun doute irresponsables, mais relevant d’une âme qui se dit trahie. C’est votre niveau.

Chers Amis, oui mais Amis, malgré votre tendre jeunesse, le Dja-et- Lobo, est, je l’affirme, vous le comprenez maintenant et le constatez, un lieu de mémoire, un lieu qui a produit et assuré l’expansion et la validation de notre sentiment national, des instruments de notre fierté et de notre union, de notre unité, de notre identité spécifique et jalouse. Votre responsabilité est dès lors exceptionnelle, grande, plus grande que celles de la jeunesse partout ailleurs dans le pays, plus grande que celle des jeunes du nord, de l’Ouest, de l’Est, du centre, du Littoral, du Nord-Ouest et du Sud-Ouest.

En pensant à ce que vous avez fait, en regardant les images que je ne souhaite ni conserver ni revoir, en lisant les titres de la presse, en parcourant les réseaux sociaux, je me suis senti aussi coupable en tant qu’aîné, père, ami, citoyen, intellectuel et leader d’opinion. S’il faut condamner, blâmer et sanctionner, je m’interroge sur les dispositions que nous, nous de mon âge, de mon statut social, de mon rang et de mon niveau de compréhension et de formation dans la mémoire historique, avons fait de notre pays, de votre éducation et de son contenu, des nécessaires efforts de cohésion nationale et de solidarité nationale ?

Là, là, au sud, dans le Dja-et-Lobo, se trouve, personne n’en douterait plus aujourd’hui, une raison de croire au destin divin, une justification de ce que fut et demeure l’Ecole Normale de Fulassi, dans la formulation de notre mémoire, de notre passé, de notre présent et de notre futur. Je veux accepter de me tromper, mais les faits et les actes historiques ne nous marquent pas seulement, ils nous caractérisent, tracent les traits de notre identité et nous guident inexorablement. Il n’y aura pas deux Fulassi, il n’y aura jamais un autre Fulassi. Fulassi est unique, et vous en êtes les gardiens les plus proches et les plus attitrés.

Abandonnez les machettes, les gourdins, les bâtons de la bagarre et les cailloux à problèmes et levez-vous sous nôtre radieux drapeau, pour entonner notre hymne de ralliement, Ô Cameroun, Berceau de nos ancêtres. Tenez-vous les mains et levez les yeux vers le ciel, pour la seule et unique prière qui vaille la peine ; Ô Seigneur tout puissant, donne-nous la sagesse de nous aimer les uns et les autres, et arme-nous de la force de travailler à construire notre pays dans la paix.

Mais si je parle de l’histoire qui ne se trompe point, voici que ce destin unique, a installé dans la plus magnifique, la plus humble et la plus inattendue des surprises, et au-dessus de tous les calculs sordides et des rapports complexes, au sommet, un fils du sud qui depuis bientôt quatre décennies, préside à la conduite de notre pays. Quoi vous demander d’autre, sinon de méditer, sur cette expérience, sur cette réalité et sur ce fait historique unique! Je vous invite à être pleinement conscients, de ce que la manivelle et le volent méthodiques de la main de Dieu, ont décidé de cette extraordinaire distinction et de ce choix, pour le Dja-et-Lobo dans notre histoire. Voulez-vous aller contre ? Le voudriez-vous que le pourriez-vous ?

A chaque fois que je pense à vous, à ce que vous avez fait, je n’ai plus que remords et regrets, mais au fond, j’ai déjà pardonné, pardonné vraiment et franchement, pardonné de tout mon cœur et de toutes mes forces. Fulassi, l’Ecole normale de Fulassi, c’est vous, c’est nous, c’est le Cameroun, c’est le souffle inaltérable, irremplaçable et éternel de notre destin, le meilleur témoignage de la vivacité de notre unité, de notre solidarité et de notre communion à jamais. Pourquoi Dieu qui tient le monde, fait notre vie et trace la route de nos joies, de nos peurs, de nos malheurs et de notre fin, a-t-il fait naître notre hymne national, notre chant de ralliement dans le sud, dans ce Dja-et-Lobo qui garde votre cordon ombilical ? Seul lui le sait, et respectons cela, respectez ce destin, respectez cette histoire, respectez ceux qui les ont porté et les portent.

Mais pourquoi donc, ce Dieu, avait-il guidé la main du premier président du pays, vers votre père, grand père, aîné et sage, pour lui succéder, alors même qu’il avait autour de lui, tant de gens pressés, tant de collaborateurs plus influents, tant de personnes et de hauts commis de l’Etat qui s’estimaient mieux placés, mieux introduits, mieux bâtis en expériences et portant des flammes visibles de dirigeants ? Vous ne savez point, moi non plus, personne d’autre, et je suis convaincu que l’intéressé non plus. L’histoire ne se réécrit point et se refait pas. Les pages qui ont été écrites par, dans ou sous le couvert du Dja-et-Lobo, nous appartiennent à tous, et constituent nos empreintes communes à préserver, à valoriser et à promouvoir. Il n’y a pas un autre Fulassi à Bafoussam, ni à Foumban, ni à Garoua ni à Douala et Buéa, Bertoua, Maroua, Ngaoundéré ou Bamenda. Il y a un seul Fulassi dans le Dja-et-Lobo. C’est un lieu de mémoire, de prière et de ressourcement. Aucune personne dans la veine de laquelle coule le sang Camerounais ne saurait en être chassé. C’est une vérité simple, mais c’est une vérité attachante et collante qui nous lie.

La main de Dieu est irrésistible, et sa volonté est insondable. Pour l’amour de Fulassi, et de son Ecole Normale qui nous a tant donné et légué un véritable trésor, je demande au seigneur tout puissant, de vous guider vers le plus humble et le plus éloquent des repentances, afin que vous soyez pardonnés, afin que nos martyrs en regardant les casses, les débordements et les démonstrations de haine de Sangmélima qui constituent des ruptures de notre sentiment national, ne se retournent pas dans leur tombe et nous maudissent tous sans exception.

Et pour les besoins de la cause, je concrétise très prochainement, le Projet de création de l’Association nationale, pour la préservation de la mémoire et la sauvegarde du patrimoine, de l’Ecole Normale de Fulassi. Vous êtes d’office Membres.

Puisse la lumière, la foi, la fraternité, le courage et l’engagement honnête pour servir et seulement servir la cause de notre pays, vous sortir des étreintes de toutes les manipulations, de toutes les profanations, de toutes les ignorances ainsi que de toutes les tentations diaboliques et malsaines !

Chers Ami, mon pardon est acquis et sincère,

Regardons tous vers l’avant,

Et avançons effectivement.

En retour, pardonnez-nous, vos aînés, ma classe d’âge et celle devant,

pour nos manquements à votre saine éducation.

Mais de grâce, ne recommencez pas, ne recommencez plus.

Plus jamais ça./.

18oct.
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