Paul Biya et le défi de la légitimité à l'aube de l'année 2026
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Le climat politique au Cameroun reste marqué par une incertitude profonde alors que le pays entame une année charnière. Les récentes apparitions du Chef de l'État, notamment à travers des clichés diffusés le 31 décembre 2025 le montrant entouré de ses sœurs Mengue Mvondo Marie et Ollé née Eyinga Mvondo Justine, soulèvent des interrogations sur la réalité de l'exercice du pouvoir au sommet de la pyramide institutionnelle. Pour de nombreux observateurs de la scène nationale, cette mise en scène orchestrée par le premier cercle de la présidence tente de projeter l'image d'un dirigeant toujours aux commandes alors que les rumeurs de vacance de pouvoir s'intensifient dans les chancelleries.

La question de la succession présidentielle est au cœur de toutes les tensions, alimentée par des contestations persistantes sur la régularité des derniers scrutins. Des voix critiques s'élèvent pour dénoncer ce qu'elles qualifient d'usurpation, notamment concernant la victoire revendiquée par Issa Tchiroma Bakary, suggérant que les résultats officiels ne reflètent pas la réalité des urnes. Cette situation installe un climat de défiance où la légitimité démocratique semble s'effacer derrière le maintien d'un statu quo imposé par l'appareil sécuritaire. Le contraste entre les images d'intimité familiale et la rudesse de la gestion politique actuelle frappe les esprits et alimente le débat sur la transition.

Dans ce contexte, le rôle de l'entourage immédiat de Paul Biya devient déterminant dans la conduite des affaires publiques. On assiste à une forme de présidence par procuration où les décisions majeures semblent émaner d'un cabinet restreint plutôt que d'une volonté présidentielle directe et active. Cette opacité renforce l'idée d'une gouvernance autoritaire déconnectée des aspirations populaires, où la force des armes prime désormais sur le dialogue politique constructif. La visibilité médiatique du président, bien que soigneusement calibrée par ses conseillers, peine à masquer les signes d'un essoufflement systémique qui inquiète aussi bien à l'intérieur qu'à l'extérieur des frontières.

L'opposition politique se retrouve ainsi face à un mur institutionnel difficilement franchissable par les voies légales classiques. Le sentiment d'un pouvoir qui s'accroche par la contrainte crée un terreau fertile pour une instabilité durable. Alors que le calendrier électoral impose des échéances cruciales, le pays semble figé dans une attente anxieuse, suspendu aux rares apparitions d'un homme qui incarne le destin national depuis plus de quatre décennies. La quête d'une stabilité nationale réelle passera nécessairement par une clarification des mécanismes de pouvoir et un retour à une transparence électorale qui fait aujourd'hui cruellement défaut.

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