Puissance de mobilité, immobilité et Production de nouveau droit
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Tout récemment, le CL2P a fait l’objet de nombreuses attaques à la suite de notre initiative consistant à alerter systématiquement sur la chasse aux sorcières menée par le régime de Yaoundé contre certains camerounais de la diaspora en séjour au Cameroun, proposant notamment de trouver à l’avenir le moyen de remédier à cette forme de tyrannie sans frontière.

L’actualité de cette semaine nous y replonge malheureusement, puisque Mme Beyala, une femme incapable de se prendre en charge, vient à nouveau nous rappeler l’urgence d’une mobilisation citoyenne contre cette forme singulière de tyrannie exercée souvent à l’initiative ou avec la complicité de Camerounais détenteurs de nationalités étrangères, occidentales pour la plupart, et qui servent de délateurs patentés et même de geôliers des activistes, des journalistes, des lanceurs d’alertes et défenseurs des droits humains pour le compte du régime dictatorial de Paul Biya.

Mme Beyala, écrivaine sulfureuse camerouno-française dont les accointances avec ce régime ne sont plus à prouver use ainsi de l’intimidation systématique, de l’injure, de la manipulation des personnes fragiles, faibles et vulnérables pour faire régner une terreur de tous les instants; fort précisément du sentiment de toute puissance et d’impunité que lui procure sa proximité avec le régime de Yaoundé. Un régime qui, faut-il le rappeler, voit sa façade de «démocratie apaisée» s’abîmer sous les coups de boutoirs de ce type de partisans arrivistes ligués contre toutes les opinions opposées au maintien d’un statu quo dictatorial au Cameroun.

Aujourd’hui sans le régime de Yaoundé, des gens comme Beyala ne sont rien. Mais leurs comportements constituent un affront majeur à l’instauration d’une réelle démocratie au Cameroun.

La tâche se révèle d’autant plus ardue que les notions de mobilité sont hélas associées au pouvoir et aux privilèges dans le contexte camerounais, car découlant généralement de la capacité de quelques uns à franchir des frontières de plus en plus fermées au plus grand nombre des laissés pour comptes dans cette vaste prison à ciel ouvert qu’est devenu le Cameroun sous la dictature implacable de Paul biya.

La puissance de mobilité peut également être associée à la capacité réelle de rompre avec ses habitudes établies et ses idées préconçues. Cette attitude ne tient pas compte de la complexité socio-spatiale et de la façon dont souvent la capacité de voyager et de franchir les frontières ne bénéficie pas automatiquement au sujet aliéné ayant un rapport suspect avec l’authenticité. Car voyager, pour ce dernier, ne constitue pas une pratique aussi émancipatrice et éclairée. Au contraire dans son cas, le pouvoir de mobilité n’est pas de facto associé aux notions de production de nouveaux droits, de protection, d’épanouissement culturel, et d’accommodement intellectuel raisonnable.

Aussi en arrivons-nous à ce paradoxe que certains d’entre nous qui vivent notamment à l’étranger se révèlent étonnamment moins éclairés que ceux qui vivent au pays d’origine. C’est typiquement le cas pour nombre de ces camerounais qui sont des soutiens acharnés du régime en place depuis 37 ans dans leur pays, souvent détenteurs des nationalités occidentales et protégés pour ce faire par toutes les garanties constitutionnelles apportées aux libertés dans ces pays. Paradoxalement ils se révèlent les plus arriérés dans leur approche des institutions, les plus réfractaires au changement démocratique au Cameroun, au point parfois de devenir pratiquement les agents ou des postes avancés de la répression systémique en vigueur au Cameroun.

Ce sont autant de raisons pour lesquelles le CL2P propose la constitution d’un collectif de professionnels du Droit et d’acteurs de la société civile pour engager systématiquement des poursuites judiciaires en France contre ces nationaux français, européens, canadiens, américains, etc… originaires du Cameroun et qui, parce que soutiens actifs de la dictature trentenaire de Paul Biya, se rendent complices ou sont commanditaires en toute impunité au Cameroun de véritables crimes tels ces séquestrations d’activistes, journalistes, défenseurs des droits humains et militants politiques avec leur lot de tortures, de condamnations arbitraires, de morts.

Ça suffit!

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