CAMEROUN :: Louis Roger Djoumessi , BTS Décentralisation "Une formation qui tient compte des défis à relever" :: CAMEROON
CAMEROUN :: Louis Roger Djoumessi , BTS Décentralisation "Une formation qui tient compte des défis à relever" :: CAMEROON
 
CAMEROUN :: SOCIETE
  • Camer.be : Interview réalisée par Alain Ndanga
  • mardi 19 février 2019 11:02:00
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CAMEROUN :: Louis Roger Djoumessi , BTS Décentralisation "Une formation qui tient compte des défis à relever" :: CAMEROON

Cameroun- Camer.be: L’Institut universitaire de Technologie de Bandjoun, logé dans la région de l’Ouest-Cameroun, forme sa première promotion des étudiants de la filière Collectivité décentralisée. Le Pr Roger Nanfosso, recteur de l’université de Dschang, tutelle administrative de l’Iut, assure la mise en perspective et la matérialisation de la politique du ministère de l’Enseignement supérieur, instituée par le ministre Jacques Fame Ndongo. Le Pr Fogue Médard, directeur de l’Iut, Dr Moyum chef de département de Collectivité territoriale, Dr Nya Magloire Tchatchoua, enseignant, y ont le cœur à l’ouvrage. Le 4 février 2019, la délégation du minepat-ouest a reçu les étudiants concernés dans le cadre des travaux pratiques de terrain. L'objet de la rencontre a tourné autour de la mise en place d’une plate forme de concertation permanente, entre le minepat ouest et l’iut de Bandjoun, dont l’objectif global, cadre avec la professionnalisation des enseignements. Pour mieux comprendre l’importance de cette plate forme et le rôle qu’elle peut jouer dans le microcosme de la décentralisation, Camer.be, a rencontré Louis Roger Fankam Djoumessi, délégué Minépat-Ouest. L’expérimenté des questions de planification et d’aménagement du territoire, décrypte la plus-value que ces étudiants formés à la bonne école, peuvent apporter aux communes et aux régions.

En quoi le projet va-t-il consister concrètement? Quelles sont des attentes saillantes à terme ?

Le ministère de l’Economie de la Planification et de l’Aménagement du Territoire, reste un ministère de conception, après les ministères de l’Enseignement supérieur , de la Recherche Scientifique et de l’Innovation. L’IUT-FV de Bandjoun a ouvert un cycle BTS, filière Collectivités territoriales décentralisées. Il s’agit de contribuer quantitativement et qualitativement à l’amélioration de l’offre du personnel technique susceptible d’apporter une réponse au déficit des ressources humaines dont ont besoin celles-ci ( Ctd ) pour offrir avec satisfaction aux populations résidentes sur les territoires communaux, les services qu’elles sollicitent au quotidien. Les besoins en personnels et autres ressources humaines dans les collectivités territoriales décentralisées, sont très précis et font appel à des types de profils particuliers compte tenu de l’évolution des technologies et des outils y afférents. Les profils requis, exigent une bonne maîtrise de certains savoirs faire spécialisés, pour permettre aux personnels recrutés de produire immédiatement les performances attendues.

Les Collectivités territoriales décentralisées, c’est à la fois des besoins d’administration, des besoins institutionnels et des besoins techniques . Relativement au plan technique, la commune étant appelée à devenir un pôle de développement, l’économie, la planification et l’aménagement du territoire, sont des centres d’intérêts cruciaux dont nous souhaitons voir les étudiants de cette filière être dotés de savoirs théoriques, mais aussi et surtout, pratiques leur permettant d’être directement opérationnels après la formation. Le partenariat en cours de construction, est animé du souci effectif et efficace de la professionnalisation des enseignements. A terme, il vise de faire des étudiants de cette filière, des véritables spécialistes des Collectivités territoriales décentralisées, sur les questions d’économie locale, de planification, ainsi que d’aménagement du territoire.

L’imagerie populaire pense que la formation des experts du domaine à l’iut est un fait nouveau au Cameroun. L’Iric (Institut des Relations internationales du Cameroun) forme bien avant, des cadres compétents en la matière. Quelle sera la plus-value des enseignements à l’iut ? En quoi ces enseignements intègrent-ils l’aspect innovation ?

En termes d’organisation et de structuration des enseignements, il y a une finalité recherchée et une division assez claire du contenu des enseignements par niveau. Je me réfère à la formation des ingénieurs de conception, des ingénieurs de travaux, et des techniciens supérieurs. C’est le même domaine de formation , sauf que le contenu des enseignements est adapté au cycle choisi selon les aptitudes des différents postulants. La formation des étudiants au BTS Collectivités territoriales décentralisées à l’IUT Fotso Victor de Bandjoun, obéit à cette logique et vient compléter un maillon essentiel manquant au dispositif institutionnel d’enseignement dans ce secteur et qui aura prévalu au Cameroun. C’est en cela qu’on doit percevoir l’innovation.

Quel rôle va jouer le minepat-Ouest dans les contenus des modules inscrits dans l’offre de la formation ?

A travers l’animation produite autour de la mise en œuvre de ces missions qui en font un ministère transversal, notre perception du rôle que va jouer la délégation régionale du Minepat pour étoffer le contenu des modules et autres programmes inscrits dans l’offre de formation, sera celui de la mise à disposition régulière des besoins exprimés par les collectivités territoriales décentralisées de la région de l’Ouest, ainsi que la recherche des solutions à travers les opportunités existantes. En matière d’économie locale, de planification et d’aménagement du territoire et d’autres disciplines.

Que dire du déploiement de ces nouveaux cadres, encore en formation, en termes de maniement des outils de gestion et d’administration d’une Ctd ?

Dans notre contexte actuel, il est assez prématuré de parler du déploiement de ces nouveaux cadres encore en formation en termes de maniement des outils de gestion et d’administration d’une collectivité territoriale décentralisée. La sortie sur le terrain étant notre premier contact. Il demeure cependant que, comme le dit Jean Baptiste Say : « chaque offre génère sa demande », pour dire que de bons produits du Bts Collectivités territoriales décentralisées de l’Iut Fotso Victor seront très recherchés. Le Cameroun compte 360 communes et plus de dix communautés urbaines, c’est dire la demande latente qui existe en personnel dans les collectivités territoriales décentralisées au Cameroun. Aux étudiants désireux de suivre cette formation et aux personnalités qui incarnent les institutions, en l’occurrence le Pr Nanfosso Roger recteur de l’Université de Dschang, Pr Fogue Médar, directeur de l’IUT, Dr Moyoum chef de département, Dr Nya Magloire enseignant au-delà des enseignements théoriques et institutionnels, je vais suggérer que l’obtention du diplôme soit fortement ancrée sur la bonne maîtrise de l’utilisation des logiciels PRO_ADP, et SIM_BA avec en plus la très bonne manipulation du GPS . D’où le bon investissement pour ces étudiants pour l’acquisition des équipements techniques de base pour leur bonne formation. L’avancée des nouvelles technologies de la communication, rendent l’ordinateur portable et le GPS en plus des logiciels essentiels mentionnés ci-dessus , comme équipements indispensables pour cette formation compte tenu des enjeux et des défis à relever pour donner corps à l’orientation stratégique de l’accélération du processus de décentralisation.

Les 6 et 7 février 2019, les 360 Ctd du Cameroun se sont retrouvées à Yaoundé toujours dans la veine de transfert total des compétences au Ctd. Quel impact cela pourra-t-il avoir d’abord au niveau des étudiants formés à l’Iut et au niveau de la planification et de l’aménagement du territoire ?

Nous n’avons pas étés conviés à ces assises, mais les échos qui nous parviennent de certaines personnalités qui y ont participé, laissent croire qu’une évolution certaine sera observée à termes . Les débats à coup sûr étaient très houleux, mais porteurs des inquiétudes des différents acteurs. L’impact des réformes se perçoit globalement à moyen où à long terme. Pour ma part, ce qu’il faut souhaiter c’est que les candidats qui se dirigent vers ces filières soient suffisamment animés du rêve profond de contribuer à une transformation quotidienne et complète des collectivités territoriales décentralisées qui vont les accueillir.

19févr.
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