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CAMEROUN :: Avortement clandestin : Des centaines de cas enregistrés par mois à Douala :: CAMEROON
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  • Mutations : Adrienne Engono Moussang
  • vendredi 07 décembre 2018 01:55:00
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CAMEROUN :: Avortement clandestin : Des centaines de cas enregistrés par mois à Douala :: CAMEROON

La pauvreté, le manque d’éducation et d’informations sur la planification familiale, entre autres raisons qui poussent les jeunes filles à cette pratique toujours interdite au Cameroun.

Bepanda, quartier populeux de Douala ce mardi 04 décembre 2018, la clinique franchisée (une formation hospitalière qui travaille en partenariat avec 10 autres dans l’offre des services de santé de reproduction) a ouvert ses portes. Cette structure de la Cameroon National Association for Family Welfare (CAMNAFAW) est en campagne de sensibilisation sur le Vih.

Cependant, les autres prestations sont disponibles ; celui du suivi des avortements clandestins est l’un de ceux qui fonctionnent 24h/24 du lundi au lundi. Défini par les gynécologues comme une interruption volontaire d’une grossesse qui survient après huit semaines de conception, l’avortement dans la plupart des cas, intervient dans la clandestinité et dans des conditions très risquées.

Les jeunes filles et adolescentes en sont plus exposées à cause de la pauvreté et de l’ignorance des méthodes contraceptives existantes. « Nous venons d’accueillir une jeune fille qui a provoqué un avortement et nous allons lui administrer les soins nécessaires pour son cas. Nous recevons en moyenne 100 jeunes filles âgées de 15 à 25 ans par mois. C’est un phénomène qui prend de l’ampleur», explique Adèle Béatrice Youmi, infirmière accoucheuse adjointe dans cette clinique. Sa collègue de la clinique du lieu-dit Essec, non loin d’un campus de l’Université de Douala s’inquiète aussi.

« Nous pouvons compter mensuellement 40 cas d’avortements incomplets en moyenne. L’âge des clientes varie entre 18 et 25 ans », indique Claudine Njang Mokbak, Sage-femme à la clinique citée supra. Les potions utilisées sont des plus insoupçonnées : une forte dose de whisky, d’antipaludique (quinine), de miel, d’oxytocine. Celles reçues à la clinique franchisée de Bependa disent utiliser les branches de feuilles de manioc, de baobab, etc. La vente du Mifepack dont les effets sont jugés destructeurs pour l’appareil génital de la femme, reste encore soumise à une prescription médicale stricte et peu connue du commun des personnels de santé au Cameroun.

Les raisons : « Elles disent qu’elles ne sont pas encore prêtes à devenir mère, qu’elles veulent poursuivre leurs études, qu’elles veulent d’abord trouver un emploi, qu’elles ont des objectifs à atteindre. Les parents, souvent surpris par les complications, les accompagnent. Sauf que rarement, on a reçu un parent qui vient demander que sa fille se fasse avorter », éclaire Gabriel Atebah, infirmier diplômé d’Etat, spécialiste dans la prise en charge des avortements à la clinique de l’Essec. Ici comme à Bepanda, la prise en charge se fait immédiatement, même sans argent. L'information claire et nette. Grâce au fonds alloués dans le cadre du projet de PACKARD Foundation, porté par International Plan Parenthood Federation (IPPF), qui met un point d’honneur sur le respect des droits à la santé de reproduction et à la sexualité des adolescents jeunes, conformément aux différents protocoles, plan d’action et conventions, la charte de l’Union africaine y rattachée, tout ceci adossé aux Objectifs de développement durable (Odd) et à l’Agenda 2063.

Les équipes mettent un accent sur le counseling (des séances de sensibilisation des clientes avant l’aspiration manuelle intra-utérine quand c’est nécessaire ou une autre méthode, selon la situation. « Le counseling explique la technique. Il se poursuit pendant et après le service, et porte sur la sensibilisation sur les méthodes contraceptives, les infections sexuellement transmissibles et le vih, et sur les violences basées sur le genre (Vbg). A la fin, des filles choisissent une méthode contraceptive », explique Claudine Njang Mokbak. Seulement, « il y en a qui ne se soumettent pas et on les revoit après demander à se faire avorter à nouveau.

Voilà pourquoi depuis peu nous intégrons une méthode contraceptive (implant) avant d’offrir le service qu’elles sollicitent. Nous avons toutes les méthodes modernes ; même le Sayana-press bien qu’encore peu connu et peu accepté. Nous invitons les services du ministère de la Santé publique à accentuer la sensibilisation pour faire adhérer plus de femmes à ce contraceptif », déclare Gabriel Atebah.

07déc.
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