Camer.be
CAMEROUN :: MALVERSATION : Un cadre d’assurance accusé d’avoir détourné 22 millions F. :: CAMEROON
CAMEROUN :: SOCIETE
  • Kalara : Jacques Kinene
  • vendredi 21 septembre 2018 12:47:00
  • 1172

CAMEROUN :: MALVERSATION : Un cadre d’assurance accusé d’avoir détourné 22 millions F. :: CAMEROON

L’homme reconnaît partiellement les faits d’abus de confiance qui lui sont reprochés par la Société Africaine d’Assurance et de Réassurance, son ancien employeur. Il affirme avoir terminé le remboursement des fonds querellés.

L’affaire qui oppose la Société Africaine d’Assurance et de Réassurance (SAAR), agence de Longkak à Yaoundé, à M. Njutchouang Michel, son ancien employé, revenait devant le Tribunal de grande instance du Mfoundi, le 14 septembre 2018, pour les réquisitions et plaidoiries. Michel Njutchouang, sexagénaire actuellement à la retraite, a travaillé dans cette entreprise pendant 20 ans. Il se retrouve mêlé dans cette affaire de détournement d’une somme de 22,3 millions de francs lorsqu’en 2008, il prend la tête de l’Agence SAAR de Longkak, que dirigeait, avant lui, l’agent général Elise Temgoua, frappée d’une maladie. L'information claire et nette. Accompagné de Me Mboun Nguedia Aristides, son avocat, Michel Njutchouang qui comparaît libre était présent à l’audience criminelle du 14 septembre 2018. Il avait en face de lui, le représentant du ministère public et Me Francis Djanko, le conseil de la SAAR.

Dans sa prise de parole, le magistrat du parquet a affirmé que l’accusé Michel Njutchouang est passé d’aveux en aveux. Pour lui, le déficit de 22,3 millions de francs constaté par la compagnie d’assurance et de réassurance dans ses caisses correspond au montant reconnu par ce dernier. Bien plus, il a accepté de rembourser la somme querellée, explique le procureur de la République. Le magistrat a ajouté que lors des enquêtes préliminaires et à l’information judiciaire, l’accusé a avoué avoir utilisé les fonds détournés à la construction de son immeuble et qu’il était prêt à rembourser cette créance. Des arguments qui, seuls, suffisent, selon lui, pour que le tribunal déclare M. Njutchouang coupable des faits d’abus de confiance aggravé, réprimés par les articles 74, 318 et 321 du code pénal.

A sa suite, l’avocat de la SAAR, Me Djonko Francis, s’est aligné aux réquisitions du magistrat du parquet. Il a ajouté que Michel Njutchouang est de mauvaise foi parce que, d’après lui, l’accusé a, pendant qu’il était en détention provisoire à la prison centrale de Kondengui, entamé le paiement de sa dette à travers sa fille vivant en Europe, à concurrence de 6 millioncamer.bes de francs. Le site de la diaspora camerounaise en Belgique.Mais une fois libéré, il n’a pu verser à la Saar qu’un montant total de 13,8 millions de francs, qu’il estime être la somme réelle qu’il doit à son ancien employeur. Arguant qu’il a reconnu être débiteur de la somme de 22,3 millions de francs sous l’effet de la contrainte exercée sur lui lors des enquêtes policières.

L’avocat de la Saar a, dans la suite de la plaidoirie, affirmé que la thèse de la contrainte brandie par Michel Njutchouang ne peut prospérer puisqu’il a reconnu les faits lors de débats devant la barre et qu’il a d’ailleurs proposé de mettre en gage sa maison ou l’un de ses terrains, en guise de réparation du préjudice subi par son client.

Circonstances atténuantes

Mais, il s’est avéré que lesdits immeubles n’avaient pas de titre foncier. Me Francis Djonko a, par ailleurs, enfoncé le clou en relevant que la Saar, au terme d’un audit, a constaté un déficit d’environ 27,4 millions de francs, objet des faits d’abus de confiance reprochés à M. Njutchouang. L’avocat a demandé au tribunal de déclarer l’accusé coupable des charges qui pèsent sur sa personne. Il entend se porter partie civile lorsque le tribunal se sera prononcé le 12 octobre 2018 sur la culpabilité ou non de l’ancien employé de la Saar.

Pour sa part, Me Mboun Nguedia Aristides, qui a pris l’affaire de cours, a rappelé que son client a avoué avoir utilisé les fonds querellés à des fins personnelles. Pour l’avocat, «il ne faut qu’un regret pour que les portes du paradis vous soient ouvertes». D’après lui, son client regrette les actes qu’il a posés. Il justifie son forfait par le fait que Michel Njutchouang, qui a travaillé pendant 20 ans à la Saar, n’a eu que la minable rémunération mensuelle de 130 mille de francs qui ne pouvait pas lui permettre de construire une maison à l’approche de sa retraite. L’avocat a demandé au tribunal d’accorder les circonstances atténuantes pour sa bonne tenue devant la barre tout au long de ce procès, son âge et la bonne volonté qu’il manifeste à vouloir régler à l’amiable ce contentieux. Le tribunal devra se prononcer sur la culpabilité ou non de Michel Njutchouang, le 12 octobre 2018.

21sept.
Lire aussi dans la rubrique SOCIETE
Vidéo