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CAMEROUN :: Eglise Catholique romaine : Les égarements des évêques :: CAMEROON
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  • L'Epervier : James Mbouma
  • jeudi 28 juin 2018 02:14:33
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CAMEROUN :: Eglise Catholique romaine : Les égarements des évêques :: CAMEROON

Dans un récent communiqué, la conférence épiscopale nationale minée par des divisions, a accordé ses violons pour prédire l’apocalypse au Cameroun qui proviendrait de la crise dans les régions de la zone anglophone. Comment peut-on interpréter la scabreuse prophétie de ces prélats, hommes d’affaires, qui devraient entièrement assumer les conséquences de leurs discours de haine ?

La première question posée dans les rues de la capitale est de savoir pourquoi dans un pays laïc et de cohabitation pacifique de nombreuses confessions, seule l’église catholique romaine semble désigner les martyrs et les persécuteurs autour de la crise des régions anglophones ? Les dignitaires musulmans, protestants et ceux de l’église catholique orthodoxe se limitent à la recommandation des prières en prônant le pardon et la tolérance pour sortir le Cameroun des turbulences qu’il connait depuis le mois d’octobre 2016. Pendant ce temps, la conférence épiscopale nationale qui est l’émanation de l’église catholique romaine, s’est transformée en un parti politique de l’opposition radicale au régime Biya.

Pourtant, en République centrafricaine, en République démocratique du Congo et dans d’autres pays à travers le monde, les évêques cherchent à user de leur pouvoir moral pour réconcilier et promouvoir le dialogue à travers des actes et pas des discours haineux, ne diabolisent pas une franche de la société en faisant des terroristes qui opèrent dans les régions de la zone anglophone des victimes d’une présumée barbarie gouvernementale.

Cependant, au Cameroun, la conférence épiscopale nationale qui regorge des prélats affairistes et activistes politiques, ne prêchent pas la vraie réconciliation, puisqu’elle ne peut pas le faire en désignant dans des troubles qui mettent en danger l’existence du pays dans sa forme unitaire, des innocents et des bourreaux et en soutenant des positions qui ne riment qu’avec les préoccupations plus ou moins légitimes des compatriotes de deux régions. L’église catholique romaine perd sa crédibilité avec ses ingérences dans des batailles politiques, son activisme politique qui est marqué par les discours qui ne renforcent pas le vivre ensemble, plutôt détruisent le tissu social à cause de leur coloration clanique et tribale.

Depuis le déclenchement de la crise dans les régions de la partie anglophone à laquelle s’est malencontreusement greffé le dossier de la mort tragique de Mgr Benoit Bala, les évêques camerounais semblent prisonniers des rancœurs et d’une détermination de régler leurs comptes au régime Biya dans lequel ils s’engraissent. L’église catholique romaine du Cameroun divise-t-elle ou rassemble-t-elle les Camerounais ? Pourquoi cette église qui ferme les yeux devant le dévergondage de ses prêtres aurait-elle choisi l’exacerbation des tensions à la place de la promotion de la paix ? Les évêques camerounais peuvent-ils prétendre servir Dieu avec des cœurs pleins de rancœurs, de haine et le choix des affinités tribales ?

Diaboliques prémonitions

Les évêques camerounais ne sont pas des dieux. Ils sont d’ailleurs loin de l’incarner pour prédire l’embrasement total du Cameroun qui viendrait des troubles dans les deux régions de la zone anglophone puisque, comme le font les dignitaires des autres confessions, les hommes de Dieux doivent nourrir des espoirs, appeler au pardon et à la réconciliation sans intenter des procès en sorcellerie contre une partie et doivent toujours faire des efforts pour ne pas céder aux nébuleuses sirènes politiques.

Les prémonitions de la conférence épiscopale nationale relèveraient-elles des pressions contre le chef de l’Etat ou de l’encouragement des groupuscules terroristes à persévérer dans leurs macabres activités ? Comment dans un pays, l’église catholique romaine qui est majoritaire, soit au centre de toutes les discordes politiques qui n’entrent pas dans le cadre des missions d’évangélisation ?

Hommes d’église ou acteurs Politiques ?

Il y a plus d’une décennie, précisément en 1997, le Cardinal Christian Tumi qui pollue la conférence épiscopale nationale a voulu se présenter à l’élection présidentielle contre Paul Biya, soit comme candidat indépendant, soit comme celui du Sdf. Ce positionnement qui aurait été mal vécu au Vatican serait à l’origine de la non nomination par le Vatican d’un autre cardinal depuis la retraite de Tumi.

La vente d’une chapelle par Mgr Victor Tonyè Bakot, englué dans les dettes, le détournement des pensions des élèves dans les établissements catholiques à Bamenda par des évêques, les mariages polygames de certains prêtres et évêques qui trainent des cohortes d’enfants, ne sont pas des actes qui accordent encore la crédibilité aux évêques camerounais qui ont la liberté de choisir soit l’accomplissement sereine de leurs missions cléricales, soit se mêler ouvertement et clairement du waterpolo politique.

28juin
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