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© Integration.org : Jean-René Meva’a Amougou
- 22 May 2017 01:53:41
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CAMEROUN :: A ETOUDI : La garden-party sous haute-surveillance :: CAMEROON
Cette année, en plus de renforcer le dispositif humain, la sécurité présidentielle a eu recours à un matériel technologique ultrasophistiqué.
IMSI-catchers, boîtes noires, balises de géolocalisation, keyloggers, micros et caméras en tous lieux, de nombreuses barrières, des chaînes métalliques et d'imposantes jardinières fleuries sont mises en place sur les sites sensibles, fouilles dès que l'on s'approche d'un périmètre déterminé. Plus que par le passé, au palais de l’Unité, l’une des scènes centrales des festivités du 20 mai au Cameroun, on n’a pas lésiné sur la surveillance de dernière génération.
La gamme, fournie récemment par la société chinoise Nutech Hong Kong Company Limited, a commandé un déploiement humain de grande envergure lors de la réception offerte par le couple présidentiel camerounais. «Pour des raisons de sécurité optimale, cette séquence conviviale, désormais ancrée dans le calendrier de nombreuses personnalités méritait ce dispositif eu égard au contexte», souffle une source.
Qui était visé ?
Officiellement, personne. Tout a été essentiellement déterminé par la Direction de la sécurité présidentielle (DSP)s’inspirant des circonstances du moment, et un jeu d’intérêts compliqués. Mais selon un ingénieur des télécommunications ayant requis l’anonymat, « les éventuels détenteurs de téléphones portables étaient les vraies cibles ».
«Matos»
Cela tient à la nature du matériel utilisé. A en croire cet expert, « les IMSI-catchers captent tout le trafic GSM dans un rayon de 500 à 1000 m. Elles savent casser le cryptage des échanges en 2G, et brouiller 3G et 4G de façons à ce que les communications repassent en 2G. Elles écoutent ce que vous faites sur Internet, les mails que vous envoyez, et espionnent vos conversations.
Installées chez les opérateurs télécom, les « boîtes noires », ont été spécialement chargées d’examiner les métadonnées de connexion (qui appelle qui et se connecte à quoi, quand, combien de temps, et où). Les keyloggers enregistrent tout ce qui est tapé sur un clavier, et sont en général capables de transmettre cette information à distance ».
A l’analyse, c’est un dispositif intelligent qui a été mis sur pied cette année à Etoudi. Bien plus, il a permis de comprendre le sens de la mesure contenue dans un communiqué signé du ministre de la Communication (Mincom) Issa Tchiroma Bakary, rendu public le 19 mai 2017 et lu en boucle sur les antennes de la radio nationale (Crtv) le 20 mai dernier.
Pour le Mincom, il était question d’«éviter les goulots d'étranglement lors des opérations de contrôle, et à fluidifier l'accès» au palais de l’Unité. Au-delà, ces mots entrent difficilement en résonnance avec la vraie intention. «L’interdiction des téléphones portables au palais cette année visait bien à éviter les commentaires sans nombre sur les réseaux sociaux d’une part, et à expérimenter un projet neuf et moderne d’autre part», conclut un agent de liaison.
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