Nous voulons la paix, mais après, plus rien comme  avant ...
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CAMEROUN :: Nous voulons la paix, mais après, plus rien comme avant ... :: CAMEROON

Actuellement ,  étant  donné que  le  monde  entier  semble  vouloir  se  pencher sur l’épaule du Cameroun pour nous  aider  à  mettre  fin  aux  meurtrières  attaques  de  Boko  Haram  sur  notre sol, la  confiance  et l’assurance de la victoire sont en train de gagner  progressivement  nos  cœurs .  Pour  tout  dire, nous  étions nombreux  au  Cameroun à  ne  pas avoir une totale confiance en notre armée dans ce conflit ; à preuve, ce  sont les soldats tchadiens qui sont véritablement venus enfin porter la menace dans le camp des bandits islamistes. S’il fallait compter sur nos colonels ventrus...  

Dans  le  même  temps,  nous  nous  posions  la  question  terrible  question  suivante : ces hordes n’atteindront-elles  pas  Yaoundé,  et  nous empêcheront de  crâner  à  nouveau et affirmer à  juste  raison que «lorsque  Yaoundé respire ,  le  Cameroun vit» ? Mobutu n’a-t-il  pas  été renversé  à  partir  de  forces  venues  du  Rwanda  voisin et dans l’indifférence totale de la population ? Nous en connaissons par avance la réponse : «le Cameroun c’est le Cameroun ». Ah bon ???? Est-il juché sur la planète mars?

Quoi qu’il en soit, dans quelques mois, de Boko Haram, il n’en sera plus question. Si Ben Laden a pu être abattu dans son domicile , qui est ce clown criminel qui,avec  sa  barbiche, pense  pouvoir défier indéfiniment  la terre entière , fut-il au nom du «très miséricordieux» Allah ?

Mais, après ...

Mais après, il faudra bien que l’on admette cette  incontournable vérité : si les bandits de Boko Haram ont choisi de s’installer au nord de notre pays, c’est bien parce qu’ils  y  ont,  après  prospection, découvert  un  terrain  fertile. Pourquoi n’ont-ils  pas  choisi  une  autre  région  du Cameroun , tellement  il  en existe  qui  sont confrontées à  une pauvreté identique à celle qui sévit là-bas?

Tous les regards sont actuellement braqués sur l’Etat qui n’a pas su faire ci, n’a pas su faire ça. Sans doute. Mais, où l’a-t-il fait avec satisfaction? Nous  revenons  par  conséquent,  au  sempiternel  problème  de  la  société du nord du Cameroun, à la féodalité qui y règne de manière toute puissante et écrasante, où un préfet n’est rien devant un lamido, où la coutume,  la  tradition,  l’emportent allègrement sur les  lois   de  la République.

Y songe-t-on? Hier, le phénomène des coupeurs de route, aujourd’hui, Boko Haram, toujours au même endroit: n’est-ce  pas quand même étrange?

© Correspondance de : Enoh Meyomesse

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