Rebecca Enonchong, la voix de l'Afrique à la CCI
AFRIQUE :: DIASPORA

Rebecca Enonchong, la voix de l'Afrique à la CCI :: AFRICA

Le Conseil mondial de la Chambre de commerce internationale a approuvé l'élection de l'Indien Harsh Pati Singhania à la présidence, tandis que la Camerounaise Rebecca Enonchong devient la première femme africaine à occuper un poste de vice-présidente de l'institution.

Le 11 juin 2026, Paris. Au siège mondial de la Chambre de commerce internationale (CCI), une page de l'histoire économique s'est tournée.

Le Conseil mondial de l'institution, qui représente plus de 45 millions d'entreprises dans 170 pays, a approuvé l'élection d'un nouveau président : Harsh Pati Singhania, industriel indien de renom, directeur de JK Organisation et président-directeur général de JK Paper Ltd.

Mais ce n'est pas tout. Dans un mouvement historique, le Conseil a également nommé Rebecca Enonchong au poste de vice-présidente. La Camerounaise, fondatrice et PDG d'AppsTech et présidente d'AfriLabs, devient ainsi la première femme africaine à occuper une telle fonction dans les 107 ans d'existence de la CCI.

Deux nominations. Deux symboles. Un message clair : la CCI, née en 1919, veut incarmer la diversité du monde des affaires.

Harsh Pati Singhania, un industriel indien à la tête de la CCI

Harsh Pati Singhania n'est pas un inconnu pour la CCI. Il en était déjà le Premier vice-président avant cette élection. Il succède à Philippe Varin, l'homme d'affaires français qui occupait la présidence depuis juin 2024.

« C'est un grand honneur de prendre la présidence de la Chambre de commerce internationale, une institution qui, depuis plus d'un siècle, défend des marchés ouverts, des règles de confiance et le progrès humain », a déclaré Singhania.

Son ambition est claire : « Faire de la CCI un rempart de confiance dans un monde incertain, et un champion du pouvoir des entreprises pour rendre ce monde plus ouvert, résilient et prospère ».

Singhania dirige JK Organisation et JK Paper Ltd, deux piliers de l'industrie indienne. Il incarne cette nouvelle génération de dirigeants du Sud global qui prennent les rênes des institutions économiques internationales.

Rebecca Enonchong, une pionnière africaine

À ses côtés, Rebecca Enonchong fait son entrée dans l'histoire.

Née en 1967 au Cameroun, cette entrepreneurie technologique a fondé AppsTech, une entreprise mondiale de solutions logicielles. Elle préside également AfriLabs, le plus grand réseau panafricain de hubs technologiques et d'innovation, qui accompagne des milliers de startups à travers le continent.

Forbes Africa l'a classée parmi les 50 femmes les plus influentes d'Afrique. NewAfrican l'a régulièrement citée parmi les Africains les plus influents. En 2022, elle a été élue membre international de la Royal Academy of Engineering du Royaume-Uni.

Son parcours est celui d'une femme qui a traversé les obstacles. « Ils ne m'ont pas seulement fait de la place, ils m'en ont donné une plus grande », a-t-elle confié sur LinkedIn après son élection.

Et d'ajouter, avec une fierté légitime : « Je suis la toute première femme africaine à occuper le poste de vice-présidente dans les 107 ans d'histoire de la CCI ».

Une nouvelle gouvernance pour la CCI

Les nominations ne s'arrêtent pas là. Le Conseil mondial a également élu :

- Shinta Kamdani, PDG de Sintesa Group (Indonésie), au poste de Première vice-présidente ;
- Justin D'Agostino, PDG mondial de Herbert Smith Freehills Kramer, comme vice-président.

Trois nouveaux membres ont également rejoint le Conseil exécutif : Sara Akbar (Oilserv), Eduardo Damião Gonçalves (Mattos Filho) et Helena Melnikov (DIHK).

Le secrétaire général de la CCI, John W.H. Denton, a salué ces nominations : « Ces nominations soulignent l'engagement continu de la CCI en faveur de l'excellence et d'un leadership régionalement diversifié, rassemblant des dirigeants d'Afrique, d'Asie et d'ailleurs ».

Pourquoi ces nominations sont historiques

Fondée en 1919, la CCI est la plus grande organisation mondiale d'entreprises. Elle joue un rôle majeur dans la promotion du commerce international, la défense des intérêts des entreprises auprès des institutions internationales et la facilitation des échanges.

Pendant plus d'un siècle, ses instances dirigeantes sont restées largement dominées par l'Europe et l'Amérique du Nord. L'élection de Singhania, un Indien, et la nomination d'Enonchong, une Camerounaise, marquent un tournant décisif.

Pour Enonchong, c'est aussi une reconnaissance personnelle. Membre du conseil exécutif de la CCI depuis quatre ans, elle s'est concentrée sur la représentation des intérêts des entreprises africaines, des PME et du secteur des technologies numériques.

Son engagement lui a valu une réputation d'activiste infatigable pour l'entrepreneuriat et l'innovation en Afrique. Sa nomination est perçue comme un signe de la montée en puissance des entrepreneurs africains dans les sphères où se dessinent les grandes orientations de l'économie mondiale.

Ce que cela change pour l'Afrique

Pour le Cameroun et pour l'Afrique, la nomination de Rebecca Enonchong est une source d'espoir.

Elle offre au continent une représentante de premier plan au cœur des décisions qui façonnent l'avenir du commerce international.

Dans un contexte où les échanges commerciaux entre l'Afrique et le reste du monde ne cessent de croître, la voix d'Enonchong portera les intérêts des entreprises africaines, des startups technologiques et des PME.

C'est aussi un signal adressé aux jeunes entrepreneurs du continent : l'Afrique a sa place à la table des grandes décisions économiques mondiales.

Pour plus d'informations sur l'actualité, abonnez vous sur : notre chaîne WhatsApp 

Lire aussi dans la rubrique DIASPORA

Les + récents

partenaire

canal de vie

Vidéo de la semaine

évènement

Vidéo


L'actualité en vidéo