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© Camer.be : Paul Moutila
- 17 Jul 2026 16:39:06
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CAMEROUN :: Jacques Bertrand Mang reste en prison, renvoi au 14 août :: CAMEROON
Le suspense aura duré une semaine entière. Depuis l'audience du 10 juillet, tout un pan de la société civile camerounaise attendait ce vendredi comme une date charnière. La réponse est tombée, sèche : pas de liberté. Jacques Bertrand Mang reste à la prison centrale de New Bell, suspendu dans les limbes judiciaires jusqu'au 14 août près d'un mois et demi de plus derrière les barreaux.
Le verdict tombe : pas de liberté pour Mang
Le Tribunal de Première Instance de Douala-Bonanjo a refusé, ce vendredi 17 juillet 2026, la demande de mise en liberté provisoire déposée par les avocats de Jacques Bertrand Mang. L'affaire est renvoyée au 14 août, prolongeant d'autant la détention de l'activiste à la prison centrale de New Bell, où il est écroué depuis le 1ᵉʳ juillet.
C'était pourtant l'audience que beaucoup attendaient comme décisive. Depuis le 10 juillet, date à laquelle le tribunal avait déjà renvoyé son délibéré, l'incertitude planait sur le sort judiciaire de cette figure de la société civile camerounaise, entrepreneur et ancien cadre du Parti camerounais pour la réconciliation nationale (PCRN) de Cabral Libii.
Une détention qui s'éternise
Jacques Bertrand Mang a été présenté au procureur de la République près le Tribunal de Première Instance de Douala-Bonanjo le 1ᵉʳ juillet 2026, avant d'être écroué à la prison centrale de New Bell dans la nuit. Il est poursuivi pour trois chefs d'accusation : violences sur fonctionnaire, entrave au fonctionnement d'un service public et diffamation sur les réseaux sociaux.
L'origine de l'affaire remonterait à une altercation avec un policier, qui aurait endommagé le téléphone de l'activiste alors qu'il filmait une réunion avec des jeunes à Douala. Mang, de son côté, a toujours rejeté ces accusations sur ses réseaux sociaux, dénonçant un traitement injuste et évoquant des violences policières à son encontre lors de son interpellation.
Une défense de poids, un dossier qui s'accumule
Depuis son incarcération, Jacques Bertrand Mang est défendu par un collectif de quatre avocats Me Yves Roger Biakeu, Me Charles Elembe, Me Georges et Me Michael Khumbah Asong en concertation avec la doyenne du barreau camerounais, Me Alice Nkom. Un poids juridique qui n'a, pour l'instant, pas suffi à convaincre le tribunal.
L'affaire s'inscrit dans un contexte judiciaire déjà dense pour l'activiste : il fait aussi l'objet d'une plainte pour tribalisme déposée par le commentateur Abel Elimbi Lobé, ainsi que d'une poursuite pour diffamation intentée par Cabral Libii lui-même. Un faisceau de procédures qui interroge, pour certains observateurs de la société civile, sur la nature du traitement judiciaire réservé à ce lanceur d'alerte.
Ce que dit et ne dit pas cette décision
Le tribunal ne s'est pas prononcé, à ce stade, sur le fond des accusations : seule la demande de liberté provisoire était examinée ce vendredi. Le procès proprement dit suivra son cours selon le calendrier judiciaire normal, avec cette nouvelle échéance fixée au 14 août.
Conformément aux principes fondamentaux de la procédure pénale, Jacques Bertrand Mang demeure présumé innocent jusqu'à une éventuelle condamnation définitive. Le refus de mise en liberté ne constitue pas un jugement sur la culpabilité, mais une décision procédurale que la défense pourra à nouveau contester.
Une affaire qui dépasse le seul cadre judiciaire
Dès son arrestation début juillet, plusieurs organisations avaient réagi. L'Union démocratique du Cameroun (UDC), par la voix de sa présidente Patricia Tomaino Ndam Njoya, avait condamné toute forme de traitement cruel ou dégradant. Le Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC) avait dénoncé une arrestation arbitraire, tandis que le Réseau des défenseurs des droits humains en Afrique centrale (REDHAC) réclamait la libération immédiate de l'activiste.
C'est dans ce climat de vigilance que la citation de Nelson Mandela « on juge une société à la manière dont elle traite ses enfants » a immédiatement circulé après l'annonce du renvoi, portée par les soutiens de l'activiste comme un jugement moral sur cette nouvelle prolongation de détention.
Prochaine étape : rendez-vous au 14 août
L'affaire retourne donc devant le Tribunal de Première Instance de Douala-Bonanjo le 14 août 2026. D'ici là, Jacques Bertrand Mang restera détenu à la prison centrale de New Bell, dans l'attente d'une nouvelle occasion pour sa défense de plaider sa remise en liberté.
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