Tchiroma dénonce la dérive monarchique de Biya et appelle à la résistance
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Un président élu réduit au silence, une Constitution modifiée de force

Quarante-huit morts. Trois cent douze arrestations. Un président élu en exil. C'est dans ce contexte que Paul Biya entreprend de modifier la Constitution camerounaise. Issa Tchiroma Bakary brise le silence.

La déclaration qui défie le pouvoir illégitime

Depuis son exil gambien, Issa Tchiroma Bakary a publié une déclaration au vitriol. Il dénonce la nomination d'un Vice-Président de la République comme une manœuvre inconstitutionnelle et une dérive monarchique du pouvoir. Le message est direct : ces actes ne sauraient détourner les Camerounais de l'essentiel, le rétablissement de la volonté populaire exprimée le 12 octobre 2025.

La déclaration s'inscrit dans une continuité documentée. Le 12 octobre 2025, les procès-verbaux consolidés par son camp sur 18 départements le plaçaient vainqueur à 54,8 % contre 31,3 % pour Biya. Le Conseil constitutionnel a inversé ces chiffres sans produire de documentation contraire vérifiable. Tchiroma qualifie désormais les actes institutionnels qui suivent de forfaitures.

Une réforme constitutionnelle sur fond de sang

La modification constitutionnelle en cours n'est pas un acte ordinaire. Elle intervient moins de six mois après une répression documentée par Human Rights Watch : 48 morts, des centaines d'arrestations, des détenus torturés au Secrétariat d'État à la Défense. Des villes coupées d'Internet. Une institutrice abattue à Garoua.

La nomination d'un Vice-Président inédite dans l'architecture institutionnelle camerounaise constitue le cœur de la contestation de Tchiroma. Cette fonction n'existait pas dans la Constitution de 1996. L'introduire aujourd'hui, dans ce contexte, revient à organiser une succession dynastique sans mandat populaire légitime. C'est ce que Tchiroma nomme la dérive monarchique : le pouvoir qui se perpétue par le texte, après s'être maintenu par les armes.

Le Conseil constitutionnel, instrument de la forfaiture

La crise de légitimité post-électorale au Cameroun repose sur un paradoxe institutionnel central. Le Conseil constitutionnel est l'organe légalement compétent pour valider les élections et interpréter la Constitution. Mais cette institution est nommée par le président en exercice et répond à lui. Huit recours en annulation déposés par l'opposition ont été rejetés en quelques heures le 27 octobre 2025, sans examen sérieux des preuves documentées.

Quand l'arbitre appartient à l'un des camps, la règle du jeu n'est plus la loi. Elle est la volonté du plus fort. C'est précisément ce que dénonce Tchiroma : non pas une simple irrégularité procédurale, mais un système conçu pour que la vérité des urnes ne puisse jamais atteindre la proclamation officielle.

Les enjeux d'une modification constitutionnelle illégitime

À court terme, dans les six à douze mois, la réforme passera. Le Parlement camerounais est contrôlé par le RDPC, parti de Biya. La nomination du Vice-Président sera entérinée. Tchiroma, en exil, ne dispose d'aucun levier institutionnel interne pour bloquer le processus.

Mais la modification constitutionnelle au Cameroun porte en elle une fragilité structurelle majeure. Un texte fondamental modifié par un pouvoir dont la légitimité est contestée par des organisations internationales Human Rights Watch, la Platform for African Democrats, des observateurs indépendants ne produit pas de stabilité. 

À moyen terme, la question successorale au Cameroun reste entière et plus explosive que jamais. Paul Biya a 93 ans. La modification constitutionnelle vise à organiser une transition sur mesure. Mais une transition bâtie sur une élection fraudée et une répression meurtrière ne produit pas de légitimité. Elle produit une contestation différée.

La plume du décret contre la vérité des urnes

Tchiroma pose une question que le régime ne peut pas éteindre par décret : comment gouverner un pays dont la majorité a voté pour quelqu'un d'autre ?

La réponse d'Étoudi est institutionnelle modifier la Constitution, nommer un vice-président, verrouiller la succession. Celle de Tchiroma est populaire appeler ses compatriotes à la mobilisation sans équivoque pour le rétablissement de leur volonté.

L'histoire des démocraties africaines enseigne une constante : les pouvoirs qui survivent par la fraude et la répression ne disparaissent pas, mais ils ne guérissent pas non plus. Le Cameroun est entré dans une longue crise de légitimité. La modification constitutionnelle en cours n'en est pas la solution. Elle en est l'accélérateur.


MES CHERS COMPATRIOTES,
Les manœuvres inconstitutionnelles, la violation des principes démocratiques et la dérive monarchique du pouvoir illégitime, sous la forme de la nomination d’un Vice-Président de la République, ne sauraient nous détourner de l’Essentiel : 
- la mobilisation sans équivoque pour le rétablissement de la volonté populaire exprimée le 12 octobre 2025 par une large majorité des Camerounais qui ont exprimé leurs suffrages en ma faveur.
Non aux forfaitures ! Oui à la vérité des urnes !
Issa TCHIROMA BAKARY
Président élu de la République du Cameroun

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