Stade d'Olembé : les 163 milliards de l'oubli et de l'impunité
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Cinq ans après la CAN, le stade d'Olembé n'est plus qu'une coquille vide. L'infrastructure phare du Cameroun, construite pour incarner la modernité, sombre dans une décrépitude accélérée. Son état symbolise un gouffre financier de 163 milliards de FCFA et un profond sentiment d'impunité, alors qu'un vaste réseau de détournement de fonds a été mis au jour sans suite judiciaire.

Un héritage en ruine

Conçu pour être un joyau, le stade est aujourd'hui non fonctionnel sur de nombreux aspects. Les équipements se dégradent, certaines installations sont déjà hors d'usage. Cette décomposition rapide interroge la qualité des matériaux et du travail réalisé. La fierté nationale s'est transformée en un rappel quotidien des promesses non tenues et de la mauvaise gestion. L'écart est frappant entre la maquette ambitieuse présentée initialement et la réalité du site livré.

Le scandale financier étouffé

L'ampleur des soupçons de corruption entourant ce chantier a pourtant été documentée. Des investigations ont révélé des irrégularités massives dans l'attribution des marchés et l'utilisation des crédits. Malgré ces révélations, aucun responsable n'a été sérieusement inquiété. Cette absence de redevabilité renforce un climat où les grands projets semblent échapper à tout contrôle démocratique. L'argent public s'est évaporé sans que la justice ne retrace son parcours.

Un symbole de la gouvernance en question

Le stade d'Olembé dépasse le simple cas d'un équipement mal entretenu. Il est devenu le symbole tangible d'un système où l'opacité et l'impunité priment sur l'intérêt général. Pour les citoyens, il représente des hôpitaux, des écoles ou des routes qui n'ont jamais été construits. La dégradation physique de l'édifice reflète une érosion plus profonde : celle de la confiance dans les institutions.

Alors que les écailles tombent littéralement de la structure, une question demeure : qui répondra de ce qui est perçu comme le gaspillage d'une richesse nationale ?

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