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© Camer.be : Toto Jacques
- 14 Jan 2026 20:19:21
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Massacre à Gidado : les séparatistes ciblent la communauté Mbororo au Cameroun :: CAMEROON
Le village de Gidado, dans la région du Nord-Ouest du Cameroun, a été le théâtre d’une attaque d’une brutalité inouïe tôt mercredi 14 janvier 2026. Des hommes armés ont pris pour cible la communauté peule Mbororo, tuant au moins quatorze civils dont six femmes et sept enfants, certains âgés de seulement deux ans. Le gouverneur de la région, Adolphe Lele Lafrique, a qualifié cette attaque de « massacre » perpétré par des « terroristes » séparatistes.
Le scénario est d’une cruelle banalité dans cette zone en crise. Les assaillants ont frappé aux alentours de 5h30 du matin, alors que les villageois dormaient encore. Sans provocation, ils ont ouvert le feu sur les habitants, brûlé des maisons, tué du bétail et volé des motos. Un notable respecté de la communauté figure parmi les victimes.
Cette violence s’inscrit dans un conflit anglophone persistant qui ensanglante les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest depuis 2017. Les groupes séparatistes, qui revendiquent l’indépendance d’un État qu’ils nomment « Ambazonia », considèrent souvent les éleveurs Mbororo comme des informateurs au service de l’armée gouvernementale. Cette méfiance a engendré un cycle de représailles meurtrières, faisant de cette communauté l’une des principales victimes collatérales de la guerre.
Les données d’Amnesty International sont accablantes : depuis le début du conflit, des centaines de Mbororos ont été tués, des milliers de têtes de bétail abattues et près de 300 maisons incendiées lors d’attaques similaires. L’attaque de Gidado n’est donc pas un fait isolé, mais le dernier épisode d’une campagne de violences ciblées qui vise à chasser cette communauté de ses terres.
Face à cette tragédie, les autorités locales appellent au calme et promettent que des mesures de sécurité urgentes ont été prises pour traquer les auteurs. Cependant, cette crise humanitaire majeure, qui a déjà fait plus de 6 000 morts et déplacé plus de 600 000 personnes selon l’International Crisis Group, semble sans fin. Les pourparlers de paix sont au point mort, et la population civile, prise en tenaille entre l’armée et les séparatistes, paie le prix fort.
Alors que le pays tente de panser ses plaies, une question cruciale se pose : comment briser ce cycle infernal de violence et offrir une protection réelle aux civils, notamment aux communautés vulnérables comme les Mbororos, qui sont systématiquement prises pour cible ?
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