Crise anglophone : Le chef Bambalang toujours détenu
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Selon la cour royale, les ravisseurs réclament 20 millions de francs pour libérer Fon Kevin Shumitang II, le chef supérieur du groupement, par ailleurs président de la « House of chiefs » du Nord-Ouest et vice-président du conseil régional.

Quarante-huit heures après son enlèvement, l’on n’a toujours pas de nouvelles de Fon Kevin Shumitang II, chef supérieur du groupement Bambalang, dans le département du Ngoketunjia, région du Nord-Ouest. Ce jeune monarque, qui est, depuis les premières élections régionales organisées au Cameroun, le président de la chambre des chefs au sein du Conseil régional de la Région du Nord-Ouest, dont il est par ailleurs le vice-président, a été enlevé devant ses gardes, des sujets et des notables aux environs de 17h30mn, le mardi 7 décembre 2021.

Personne n’a pu voler à son secours, au regard de l’artillerie intimidante des assaillants, qui ont agi sans aucune entrave. Selon nos sources, le chef, qui vit habituellement dans la capitale régionale, Bamenda, s’est rendu dans sa chefferie pour les préparatifs d’une cérémonie traditionnelle incluant un festival annuel, mise en berne depuis le déclenchement de la crise en octobre 2016. En l’absence d’information officielle, tout juste sait-on que les forces de défense et de sécurité ont été lancées à la recherche des ravisseurs, identifiés comme des rebelles sécessionnistes.

Dans cette circonscription administrative où pullulent les groupes séparatistes, aucune entité n’a à ce jour ouvertement revendiqué l’enlèvement. Mais la nouvelle est parvenue au palais que les Bambalang pourraient retrouver leur chef sain contre une rançon de 20 millions. Une nouvelle embarrassante pour les gardiens de la tradition, pris dans le piège de leur soutien aux institutions et désormais exposés à toutes formes de rétorsion. En effet, ceux-ci sont coincés dans le chantage du pouvoir, qui ne cesse de les inciter à retourner dans leurs terroirs pour rassurer les populations et empêcher de nouveaux mouvements migratoires, alors que les conditions d’une vie sécurisée ne sont pas réunies.

L’on a par exemple vu le ministre de l’Administration territoriale, Paul Atanga Nji, aller flatter certains dans des refuges insoupçonnés. Sauf qu’une fois en route ou à la chefferie, les choses ne se passent pas toujours bien. Ainsi, sur le chemin du retour, le chef supérieur Banso et son fils, le défunt cardinal sont passés à la trappe.

Encore heureux qu’ils furent libérés, car au moins une dizaine d’autres ont perdu la vie de suite d’exécutions sommaires ou au cours de séances filmées de torture. Le terrain est miné. Depuis mercredi soir, des images d’incendies gigantesques sont apparues sur la toile. Des maisons entières ont été brûlées.

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