Vacances 2021 et les maux de l'Adamaoua : Quand la débauche gagne du terrain chez les adolescentes
CAMEROUN :: SOCIETE

CAMEROUN :: Vacances 2021 et les maux de l'Adamaoua : Quand la débauche gagne du terrain chez les adolescentes :: CAMEROON

Elles sont mineures et investissent chaque soir les carrefours populeux, les maisons closes, vendant leur sexe, parfois aux sexagénaires désireux de revivre leur jeunesse.

Établissements Badem Badem au quartier Jolie Soir nous sommes à Ngaoundéré. Le soleil vient à peine de descendre sous l’horizon, ce 16 juillet 2021. L’intérieur de l’établissement semble un labyrinthe, pour les nouveaux visiteurs. Les multiples couloirs semblent n’aboutir nulle part. De jeunes filles, rayonnantes de beauté, rassemblées par affinités, les occupent ostensiblement. Toutes impatientes, elles lorgnent les hommes. Les allers-retours s’exécutent incessamment entre les multiples chambres d’auberge, que les gérants n’ont le temps que d’y asperger quelques jets de désodorisant. Certaines filles, déjà « amorties » se tordent d’ennui sur des bancs, rient tantôt aux éclats, tantôt médisent leurs « collègues », ayant réussies à se taper deux clients de suite.

« Elle se croit la plus belle, celle-là », lance méchamment une quarantenaire, à l’égard de la plus jeune du groupe. « Les hommes ont besoin de petites filles. Laissez notre ‘’petite’’ profiter de son temps. Quand elle aura trouvé deux fois un ‘’client’’ comme celui qui a gâché ma soirée d’hier, elle va très vite vieillir », ironise une autre en patois. Cette très jeune et ravissante fille, qui trouble la fête est âgée de 17 ans. Elle a très vite divorcé d’avec son mari, après un enfant, renseigne un gérant qui jure connaître ses parents. « Quelquefois, des clients nous appellent au téléphone pour s’assurer si elle est là », ajoute notre informateur.

À environ 400 mètres des établissements, une dizaine de jeunes filles rasent les murs sud du stade du Ndoumbé oumar corpulence imposante, elle n’a pourtant que 16 ans. Contrairement aux autres filles de joie hostiles aux questions, D.I. répond volontiers pour partager l’amertume qui la déchire. « Je vis avec mon petit frère et ma mère à Habbena. Toutes les fois que son mec arrive, elle me demande de chercher où passer la nuit. Je passe alors la nuit chez une amie, qui m’a dit un jour qu’elle ne pourrait plus continuer à m’accueillir. C’est elle qui m’a amenée ici », raconte-t-elle, la voix sanglotant.

L’hôte de D.I. simultanément prostituée et proxénète, héberge trois autres jeunes filles. Lesquelles lui payent quelques sommes pour accéder à la chambre chaque matin. « Quelquefois, elle nous donne des tenues spéciales de soirées », renseigne D. Peau noire d’ébène, L.A. a une réalité complètement différente de celle de D.I. « La jolie fille gâtée », comme unanimement appelée dans son quartier, L.A. a des parents bien nantis. Seule fille d’une fratrie de 7 enfants, L.A. est « fille à papa ». Pendant les week-ends, les emplettes, c’est toujours L.A. qui accompagne le géniteur. A seulement 14 ans, elle possède un téléphone Android.

Lire aussi dans la rubrique SOCIETE

Les + récents

partenaire

Vidéo de la semaine

évènement

Vidéo

L'actualité en vidéo