Loi de finances rectificative : Les explications de Louis Paul Motaze
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Lutte contre le COVID-19, suspension du CD2, problèmes sécuritaires, etc., sont quelques-unes des raisons données aux députés par le ministre des Finances, le 21 juin dernier.

Initialement de 4 865,2 milliards Fcfa, le budget de l’État pour l’exercice 2021 est en voie de passer à 5 480,4 milliards Fcfa, soit une augmentation de 615,2 milliards Fcfa en valeur absolue et 12,6% en valeur relative. La nouvelle enveloppe consacre 5 235,2 milliards Fcfa pour le budget général et 245,2 milliards Fcfa pour les comptes d’affectation spéciale (Cas) pour lutter contre le COVID-19.

La représentation nationale a adopté le projet de loi portant ratification de l’ordonnance présidentielle du 07 juin 2021 modifiant et complétant certaines dispositions de la loi de finances. Face aux députés le 21 juin dernier, le ministre des Finances (MINFI), Louis Paul Motaze, a défendu le texte de l’exécutif.

COVID-19

À la lecture de l’exposé des motifs du projet de loi, il en ressort que « ces modifications se justifient par la nécessité de prendre en comptes les développements économiques récents et la perspective de la mise en circulation d’un nouveau passeport ». Dans le détail, la nouvelle loi de finances permettra, si elle est validée, à son tour par le Senat, et promulguée par le président de la République, « de mettre en place des budgets d’urgence pour lutter contre la résurgence de la pandémie du COVID-19 qui va engendrer des besoins nouveaux dont ceux liés à la vaccination ; de suspendre le mécanisme de décaissement et de remboursement des fonds C2D avec la France ; de préciser, dans le cadre des négociations en cours d’un nouveau programme économique et financier avec le Fmi, les appuis budgétaires attendus ; de relever de 100 milliards Fcfa à 160 milliards Fcfa le niveau de l’allègement de la dette extérieure du Cameroun vis-à-vis du G20 et d’assurer la sécurité aux frontières et à l’intérieur du pays ».

Avant son adoption, le projet de texte est passé au crible de la critique de quatre élus. Parmi eux, le député Joshua Osih, qui a estimé, entre autres, que le gouvernement insiste davantage sur le montant de l’eurobond (450 milliards, ndlr) que sur le taux d’intérêt visé. L’élu de la nation pour le compte du Social Democratic Front (SDF) a également exprimé son incompréhension face à la hausse du compte d’affection spécial de lutte contre le COVID-19, alors qu’il y a une opacité autour de la gestion des fonds initialement alloués à la lutte contre cette pandémie.

À sa suite, son collègue Youmo Koupit Adamou de l’Union démocratique du Cameroun (UDC) a demandé au MINFI « pourquoi les dons ont eu une variation négative de -39,5%», a-t-il souligné, mentionnant au passage« la ligne des recettes non fiscales qui subit une baisse de - 12% ». Au vu des bénéfices engrangés par certaines entreprises publiques et parapubliques, à l’instar du Port autonome de Douala, le parlementaire « se serait attendu à ce que cette ligne soit révisée à la hausse ».

Chambre des comptes

Répondant à toutes ces interpellations, le MINFI a laissé entendre qu’« il est très difficile de fixer arbitrairement » le taux d’intérêt du nouvel eurobond. « Mais tout ce qui est meilleur que 9,5% serait considéré comme une victoire. Nous visons le meilleur taux possible », a-t-il déclaré. S’agissant de la polémique autour de l’utilisation des premières dépenses liées au COVID-19, Louis Paul Motaze n’a pas souhaité s’y étendre, arguant qu’« il y a un audit en cours et dont les résultats doivent sortir cette semaine ». Le ministre affirme avoir échangé avec le président de la Chambre des comptes de la Cour suprême. Et le moment venu, « le Parlement sera largement informé », a-t-il déclaré. En revanche, les nouvelles dépenses tiennent principalement au fait qu’il faut « améliorer le plateau technique des hôpitaux » en ce temps de crise sanitaire. Relativement à la baisse des dons et des recettes non fiscales, elle est due à la suspension du C2d. Autrement dit, « ce que nous (le Cameroun) payons à la France, nous ne le faisons plus, puisque la France ne nous envoie plus rien, parce que nous ne remboursons plus (la dette, ndlr). C’est ce qui fait baisser ce chiffre », a-t-il expliqué. D’autre part, « des instructions ont été données le plan sous régional par la COBAC (Commission bancaire de l’Afrique centrale) pour que les bénéfices engrangés par les banques ne soient plus distribués sous forme directe » aux États membre de la CEMAC. Et le ministre de conclure que cette décision a forcément des conséquences sur les économies.

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