UNE GIFLE INDECENTE  PAR CALVIN DJOUARI
FRANCE :: POINT DE VUE

FRANCE :: UNE GIFLE INDECENTE PAR CALVIN DJOUARI

Que s’est-il passé ce mardi dans la Drome ? Il est environ 14 heures. Le président Macron est en tournée à Tain-L’hermitage. Alors qu'il s'apprêtait à aborder le thème de la réouverture des salles de restaurant avec les acteurs de la région, il va sortir tel un sportif en bras de chemise, et s’avancer vers la foule pour saluer ses compatriotes comme à son habitude.

Là, un homme l’attend. Cet homme n’est pas assez grand, mais il est un peu trapu, arborant un tee-shirt kaki, il a de longues chevelures, son avant-bras a des pommettes saillantes et une grande barbe noire le distingue de la mêlée. L’homme qui l’attend est calme, aucune attitude ne laisse entrevoir un individu agressif.    

On voit Emmanuel Macron se diriger vers ce dernier en premier pour serrer sa main.  Celui-ci en réponse, s’agrippe sur cette main et la pince. Il prend l’appui sur le bras droit du président et applique une gifle retentissante. Les agents de sécurité et la police interviennent un peu trop tard, mais vigoureusement en neutralisant l’infortuné. Les caméras de télévision sont absentes ; la vidéo prise par les téléphones feront dans les trente minutes qui vont suivre plus de cent mille vues sur les réseaux sociaux.

Chose admirable malgré l’incident, le président Macron ne se retire pas… il continue à saluer et montre sa grandeur d’homme d’Etat.    Un autre président dans un tel contexte de violence se serait retiré ou aurait été immédiatement évacué pour évaluer la situation avant de revenir. Mais le jeune président très courageux, va une fois de plus montrer son style.

C’est un homme extrêmement tactile. En tant que chef des institutions, il aime la foule. Il a continué.  Ces secondes sont précieuses. L’incident va prendre une importance politique ; d’ailleurs nous sommes en pleine campagne électorale. Le soir même, il sera en pleine ville de Valence. Le monde afflue. C’est toute la ville qui veut le voir et le toucher.

Tout cela dans un vacarme chaleureux. Toutes les cultures, toutes les races, viennent montrer la force d’un autre symbole. La non-violence pour tous comme mode d’expression. Brigitte Macron à ses côtés, visiblement heureuse mais prudente, le soutient avec plus de sensualité corporelle. La vidéo va faire le tour du monde à moins d’une heure.

Quelle leçon retenir ?  

Le président de la république française dès qu’il sort de la présidence n’est plus maître de lui-même, mais de sa garde, il n’a pas le droit de prendre d’initiative personnelle. Mais il est difficile d’éviter les impondérables avec les grands hommes ; ils sont souvent imprévisibles à cause de la foule qui les voit pour la première fois et les ovationne avec beaucoup de frénésie.

Un homme d’état qui aime son peuple reste rarement indifférent   On observe une montée de la violence en France. Comment expliquer qu’un individu puisse quitter sa maison le bon matin, se vêtir soigneusement, se regarder dans un miroir avec une idée en tête, celle d’attendre son président pour le gifler. Un geste qui a laissé la France désemparée. Deux faits sont manifestement analysables : soit la gifle est une réponse pour tous, c’est-à-dire adressée à toute la république ; soit elle est adressée à Macron en tant que citoyen.

Mais non ! La personne Macron incarne depuis la prise de fonction toute la France. On ne peut séparer l’individu Macron de sa fonction. Un acte maladroit commis par lui ou sur lui, rejaillit sur l’ensemble. La responsabilité ne peut être individuelle. Pourquoi tant de colère ? C’est compréhensible : les français et le monde entier viennent de traverser une situation très difficile de l’histoire humaine.

Il y a eu des décès, des suicides, des chômages, de la misère. La précarité est retentissante. Les gens cherchent des boucs émissaires pour commettre un acte héroïque afin de soulager leur colère. C’est souvent l’attitude du citoyen lambda. Une tournée d’accolade n’était pas la bienvenue dans cette condition.    La France affiche depuis un mois une déstructuration de la société qui inquiète.

Il y a comme un continuum de violence sans limite qui resurgit dans le pays des droits de l’homme. L’agresseur dit-on serait manifestement de l’extrême droite qui est un parti qui marchande habituellement la haine. On signale chaque jour en France une flambée de violence, des coups, tous ces mots engendrent la peur et renforcent l’immense sentiment d’insécurité dans laquelle nous baignons. La France est en train de bâtir une société violente sans s’en rendre compte. Et il faut agir. Un tel acte doit faire réfléchir pour mettre un terme à la violence.

Que cette gifle ne soit pas un effet détonateur des violences futures, mais comme une prise de conscience au sein de la grande société française. « Le premier pays des droits de l’homme. » On vit dans un environnement extrêmement violent. Violence physique, violence verbale, violence psychologique.

Elle devient ordinaire. Gifler un chef de l’état, celui qui incarne les institutions, j’ai imaginé si un président africain avait eu un pareil coup… ce Damien aurait -comme on dit chez nous- les fesses chauffées pour que son nom ne soit plus jamais prononcé.     

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