Marché Mokolo : Des ordures à la sauvette
CAMEROUN :: SOCIETE

CAMEROUN :: Marché Mokolo : Des ordures à la sauvette :: CAMEROON

Depuis plusieurs mois, des populations souffrent le martyr à cause d’un dépotoir provisoire d’ordures.

Nous sommes à Mokolo dans l’arrondissement de Yaoundé 2e, au lieudit « Mokolo en bas ». Une odeur de poubelle bien que légère nous accueille. L’espace abritant le dépotoir a été nettoyé. Néanmoins les odeurs nauséabondes se montrent agressives pour les narines plus on approche. La difficulté à respirer de l’air pur se fait ressentir. Le constat est grand. Une décharge d’ordures de la société Hygiène et salubrité (Hysacam) se trouve juste à quelques mètres. C’est d’ailleurs le martyr dont souffrent les populations de ce secteur de Mokolo depuis la mise en place d’un dépôt d’ordures par Hysacam, la mairie de Yaoundé 2e et la mairie de ville. 

Tout autour, un garage, une boulangerie, et en face une menuiserie. « Hysacam vient décharger pratiquement tous les jours. Au début c’était très compliqué de rester ici toute une journée. De manger ou de faire quoi que ce soit. Mais avec le temps, je pense qu’on s’accommode », dit un mécanicien qui travaille dans un garage à côté. Tout près, à la boulangerie, « c’est vraiment insupportable. Les clients se plaignent. Je dirai que cela contribue fortement à la chute de nos recettes parce que personne ne viendra dans une boulangerie où à la place du bon parfum de pâtisserie, on hume plutôt celui d’une poubelle », révèle une employée de ladite boulangerie. 

Angoisses

A quelques pas, une femme qui vend de la nourriture parle du caractère plus ou moins propre de la décharge : « Hysacam a raclé hier. D’ici deux jours, ce sera invivable. Mais puisque nous cherchons notre pain quotidien, on n’a pas vraiment d’autre choix que de rester là. Pour eux, les ordures ont plus de valeur que l’être humain. Une dépôt d’ordures en plein marché. Ils ne se soucient même pas de nous qui sommes là. Pis encore, on ne peut pas se plaindre, car personne ne prend nos plaintes en considération », se plaint-elle, toute remontée. En face de la décharge, les menuisiers vaquent à leurs occupations. Non pas que ces odeurs ne les parviennent, mais plutôt, ils s’en fichent. Un menuisier le confirme d’ailleurs, « c’est vrai que les odeurs sont insupportables mais on va faire comment ? On essaie juste de s’habituer et de ne pas en faire un frein à notre travail ».

Depuis le mois de décembre, cette place autrefois marché de vivres est devenue une dépotoir d’ordures. Les femmes qui y vendaient vivres et tubercules, longent désormais la bordure de route devant l’entreprise de produits frais et congelés Congelcam à « Mokolo en bas ». Ces commerçants ont été délocalisés vers le lieu-dit « carrefour Meec». Celles-ci auraient soumis une doléance à l’entreprise pour pouvoir s’y installer, révèle une vendeuse. « Une autre partie s’est installée au lieu-dit Carrefour Meec », ajoute-t-elle. La mairie a déguerpi leur ancien camp pour en faire une décharge d’ordures sans l’intention de les laisser sans emplacement. Seulement, elles ne trouvent pas l’emplacement suggéré correct pour un écoulement facile de leurs produits. « Ils nous envoient derrière les bâtiments de Tsimi au Carrefour Meec. Non seulement c’est caché, mais si on ne te dit pas tu ne peux pas savoir qu’il y a les gens là-bas», confie une autre vendeuse. 

Assurances

Du côté d’Hysacam, l’on se veut rassurant. « Ce dépôt est provisoire. Nous essayons de nous organiser à travailler dans la nuit, on maximise la main d’oeuvre et le matériel pour qu’à, le marché soit dégagé », déclare une source de la cellule de communication de ladite entreprise. « Il y a une forte concentration de plusieurs coins de dépôts. On essaye de les regrouper en un pour que les gros porteurs les transportent », ajoute ce dernier. Sauf que, le projet ne se déroule pas sans anicroches. « Il peut arriver que les machines rencontrent des difficultés, mais nous prenons toujours notre temps pour dégager ça autrement.

Il y a aussi le souci, parfois vous avez des véhicules, les particuliers qui viennent garer à proximité des tas d’ordures empêchant les manoeuvres des machines », énumère celui-ci pour justifier que les ordures mettent plus de 24h surplace. Néanmoins, il précise que « l’entreprise est citoyenne, on a un contrat, on ne blague pas avec les marchés. Il y a dix marchés conventionnels dans notre contrat et ce sont les zones de forte production des déchets ».

Lire aussi dans la rubrique SOCIETE

Les + récents

partenaire

Vidéo de la semaine

évènement

Vidéo

L'actualité en vidéo