Insécurité : Le Cameroun pris entre trois feux
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Insécurité : Le Cameroun pris entre trois feux :: CAMEROON

Avec la naissance d’une nouvelle rébellion au Tchad, le pays n’a plus de paix totale qu’à sa frontière sud avec le Gabon et la Guinée équatoriale.

A peine réélu pour un sixième mandat à la tête du Tchad, Idriss Déby Itno a été amené à ranger momentanément  a gandoura de président pour enfiler sa vareuse de maréchal. Tout au long du week-end dernier, l’ancien général d’armée a piloté sur le terrain des opérations pour faire échec au projet du Front pour l'alternance et la concorde au Tchad (Fact) de renverser son régime.

La nouvelle rébellion partie de Lybie avec un millier d’hommes aurait, depuis le 11 avril, subi de lourdes pertes, soit 300 combattants tués et environ 150 faits prisonniers, selon les autorités tchadiennes. Mais, dans un communiqué daté du 17 avril, le coordinateur politique chargé de la communication du Fact, Michelot Yogogombaye, ancien ministre de Déby plus connu sous le sobriquet Kingabe Ogouzeimi de Tapol, a affirmé que la rébellion contrôlait désormais l’ensemble de la région du Borkou-Ennedi-Tibesti (Bet), dans le Nord. Et que celle du Kanem (Ouest) était en passe de tomber. 

Ces informations ont été démenties par les officiels tchadiens, qui assurent que la situation dans l’ensemble du pays est sous contrôle. Sur les terrains, des accrochages se poursuivent entre l’armée régulière et les combattants du Fact, que l’Union des forces de la résistance (Ufr) a appelé à soutenir. Le porte-parole de la rébellion de 2008 qui avait été écrasée aux portes de N’Djamena grâce à une vigoureuse intervention de l’armée française, Youssouf Hamid, a demandé depuis son exil allemand au Fact « de continuer les opérations militaires sans relâche », jusqu'à la chute d’Idriss Déby. Alors que le gouvernement tchadien a déclaré dimanche que « l’aventure des mercenaires en provenance de la Libye [avait] pris fin », les Etats-Unis ont écrit dans un communiqué, le même jour, que « les groupes armés non gouvernementaux du nord du Tchad se sont déplacés vers le sud et semblent se diriger vers N’Djamena ». 

Etau

La France, pour sa part, a déconseillé à ses ressortissants les sorties hors de la capitale. La situation reste très confuse dans le pays, sur fond de guerre de communication entre l’armée et les rebelles. La société civile et les partis politiques d’opposition ont appelé à un cessez-le-feu immédiat et à l’organisation d’un dialogue inclusif sous sept jours. Si elle n’est pas étouffée dans l’oeuf, la nouvelle rébellion au Tchad viendrait davantage resserrer l’étau sur un Cameroun confronté depuis 2014 à une agression extérieure sur la partie de son territoire qui borde le lac Tchad. La secte islamiste Boko Haram qui a encore une grande capacité de nuisance sur les deux côtés des frontières du Cameroun avec le Nigeria et avec le Tchad pourrait trouver un terrain favorable pour des actions terroristes d’éclat avec une éventuelle démobilisation de l’armée du Tchad. Le Cameroun est manifestement dos au  mur.

Réfugiés

Il doit absolument agir pour éviter que la ceinture de feu qui se forme autour de lui ne se consolide. Il le fait déjà si bien à sa frontière avec le Nigeria avec l’appui de la Force multinationale mixte (Fmm), de même qu’à celle avec la très instable République centrafricaine (Rca), à l’Est. Une coalition de groupes armés s’est formée ces derniers mois dans ce pays voisin, avec la ferme détermination de renverser le pouvoir en place à Bangui. Des ressortissants camerounais associés à la grande criminalité transfrontalière auraient même rejoint les rangs de ladite coalition. Renforcés, ils pourraient, à tout moment, être tentés d’importer sur le sol camerounais certaines ctivités illégales et criminelles. Par  ailleurs, outre le spectre de l’augmentation de tensions militaires à ses frontières, le Cameroun pourrait être confronté à un nouvel afflux massif de réfugiés sur son sol. En 2020, il accueillait déjà au moins 290.000 réfugiés centrafricains, 67 502 Nigérians au camp de Minawao à l’Extrême-Nord, entre autres. A ce jour, seule la frontière sud du pays avec le Gabon et la Guinée équatoriale, notamment, est moins source d’inquiétude. 

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