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  • Mutations : Guy Martial Tchinda
  • mardi 26 mai 2020 10:11:00
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Les patients se plaignent des délais anormalement longs à observer pour la confirmation du diagnostic ainsi que de la discrimination sur les sites de dépistage.

L’un des problèmes qui émaillent la gestion de la crise sanitaire due au coronavirus au Cameroun est lié au test de dépistage. Il faut désormais réaliser un parcours de combattant pour se faire tester, bien que présentant les symptômes de cette maladie hautement contagieuse. Selon un patient guéri, il lui aura fallu plus d’une journée pour se faire prélever malgré les malaises, ceci après d’interminables « interrogatoires ».

« Quand vous arrivez pour vous faire dépister, on vous attribue un numéro et on vous demande d’attendre qu’on vous appelle. Et pendant que vous moisissez au soleil, des gros 4X4 arrivent avec des familles entières, ils entrent sans numéro, se font dépister et partent. Et vous restez toujours sous le soleil jusqu’à ce qu’on vous dise « nous n’avons plus de réactifs, revenez demain s’il vous plait » », confie un usager. Ce cas n’est pas isolé. « Quand j’ai commencé à soupçonner le COVID-19, j’ai appelé le 1510 (numéro vert pour entrer en contact avec les équipes de riposte, Ndlr). Ce numéro ne passait pas. J’ai dû appeler un point focal à Yaoundé pour qu’il envoie une équipe me prélever », témoigne Georges Franck Gba Medja, un ex-patient de coronavirus.

Passée l’étape du prélèvement, il faut aussi attendre pendant des jours, voire des semaines pour obtenir les résultats. Une espérance plus anxieuse et au poids psychologique non-négligeable. « Je n’ai jamais eu le résultat du test que j’ai fait en mars à l’Hôpital de Yassa (à Douala, Ndlr) », regrette Anicet Ekane, homme politique, invité de l’émission L’Aréne sur Canal 2 international, dimanche dernier. « Ils sont repartis avec mes prélèvements.

Et là nous étions déjà le 05 avril. C’est le 08 vers 16h qu’ils m’appellent et me disent que je suis positif ; j’étais même sur le point de voyager », ajoute, pour sa part, Georges Franck Gba Medja. Des délais anormalement longs qui favorisent la multiplication des cas positifs car, ne connaissant pas leur statut, les malades continuent de rencontrer des personnes saines et leur transmettent involontairement la maladie.

Cette situation contraste pourtant avec les délais de 3 à 4 heures nécessaires pour la confirmation du diagnostic dès l’importation de la pandémie au Cameroun le 6 mars dernier. Les experts estiment que cet état de chose est dû à l’importante augmentation des cas. Une insuffisance de kits de dépistage et des laboratoires compétents pour la cause sont aussi invoqués.

Toutefois, « les médecins souhaiteraient qu’on teste plus et il serait important de le faire pour pouvoir diagnostiquer plus précocement les cas et les traiter précocement. Lorsqu’on traite les cas, cela évite qu’ils contaminent les autres. Donc, si vous nous donniez 100 000 tests, on vous dira aujourd’hui qu’on en veut au moins le double pour pouvoir contrôler cette épidémie.

Le Cameroun fait beaucoup d’efforts qui sont appréciables mais lorsqu’on regarde la carte des pays qui testent, on pense que c’est perfectible. Il nous faut les tests », a déclaré le Pr Eugène Sobngui, conseiller médical de l’Hôpital central de Yaoundé. C’était le 24 mai dernier sur « Scènes de presse », émission diffusée sur la Cameroon Radio Television.

« L’alternative à disposer de suffisamment de tests sera aussi de réviser nos façons de faire pour traiter les cas suspects sans même avoir le test. Ça se fait pour d’autres maladies et ça peut aussi se faire pour le COVID-19 », précise-t-il.

26mai
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