LE PANAFRICANISME COMME RÉPONSE POUR LE DÉVELOPPEMENT DE L’AFRIQUE
LE PANAFRICANISME COMME RÉPONSE POUR LE DÉVELOPPEMENT DE L’AFRIQUE
 
AFRIQUE :: POINT DE VUE
  • Correspondance : Patrice EKWE EDIMO SILO, Sociologue
  • mardi 19 mai 2020 16:44:00
  • 2609

LE PANAFRICANISME COMME RÉPONSE POUR LE DÉVELOPPEMENT DE L’AFRIQUE

Que l’on soit panafricaniste ou indifférent, il ne nous paraît pas inutile, aujourd’hui, de réfléchir sur la signification théorique du panafricanisme : le panafricanisme est-il, dans l’histoire des idées politiques négro-africaines, un événement purement conjoncturel lié à l’esclavage et à la colonisation ou est-ce un phénomène plus profond ?

Les principes fondateurs du panafricanisme sont tributaires des circonstances, des moments de leur rencontre avec l’histoire.

Le panafricanisme est à la fois une représentation sociale, politique, culturelle et économique de libération des Africains et un mouvement qui ambitionne à rassembler les Africains du continent et ses enfants de la diaspora en une seule communauté. La matrice de son principe consiste en la certitude que les peuples d'Afrique et de la diaspora partagent une histoire et une destinée commune et que leur émancipation est liée à leur union, à leur unité.

Quoique portant la marque d’une analyse globale et continentale des choses, le panafricanisme est une incarnation de l’histoire de l’Afrique. Il est dépendant de la réflexion singulière et atypique, marqué par les circonstances et par l’action, des Hommes d’exception comme Marcus Garvey, W. E. B. Du Bois, Kwame Nkrumah, Cheikh Anta Diop, Georges Padmore, Nelson Mandela, Patrice Emery Lumumba, Martin Luther King, Joseph Ki-Zerbo, Rudolf Duala Manga Bell, etc.

Le panafricanisme a fortement marqué l’histoire contemporaine et la mémoire collective des Noirs. Il nous a donné des LIBERTES et surtout des INDEPENDANCES. Bien rares sont d’ailleurs ceux qui, quel que soit le bord auquel ils appartiennent, en dénient l’importance objective et les apports positifs. Il s’agit là d’une raison suffisante pour interpeller l’actualité du panafricanisme. Aujourd’hui, le continent africain est confronté à plusieurs crises : crise du développement politique, économique, sociale et culturelle, surtout, et surtout, crise sanitaire avec le « Corona virus ».

Toutes ces crises exigent l’obligation urgente et ardente de réformes radicales et appellent un sursaut. Elles sollicitent une vision volontariste, globale et inventive du souhaitable et du possible. Elles requièrent des adaptations empiriques tenant le plus grand compte de la réalité des Etats africains. Il s'agit de faire prévaloir en toutes circonstances les « US et COUTUMES » à travers les autorités traditionnelles et un droit autochtone qui doivent fonder les sociétés africaines, surtout, sur lesquels devrait s'appuyer toute politique du développement. UN DEVELOPPEMENT ENDOGENE.

L’approche multiethnique qui a toujours caractérisé la civilisation africaine constitue plus que jamais un impératif. Le lien entre la stratégie du développement (politique, économique, sociale et culturelle) et les équilibres ethniques est devenu une évidence. Une posture panafricaniste, aujourd’hui, doit contribuer à éviter que cette dimension soit parfois occultée ou sous-estimée, comme cela est encore trop souvent le cas dans les analyses politiques. Les US ET COUTUMES en Afrique ne sont pas antinomiques avec la modernité, au contraire.

La mondialisation aujourd’hui, nous rappelle que le panafricanisme a été défini sur la base des combats qui ont traversé les empreintes de son histoire : lutte contre l’esclavage et la traite transatlantique des Noirs, lutte pour l’émancipation des Noirs réduits en esclavage, lutte contre le colonialisme occidental, lutte pour la libération de l’Afrique, lutte contre l’exploitation de matières premières en Afrique.

Une relecture des principes de ce que l’on a appelé le panafricanisme peut-elle contribuer à remédier à ce défi ? Certains éléments incitent à le penser, sur la forme comme sur le fond. Le panafricanisme n’est-il pas une mobilisation des atouts pour servir le refus de l’adversité et du déclin ?

Est-il utopique de rechercher dans le panafricanisme certaines postures et certaines références susceptibles de rassembler le plus grand nombre pour agir de manière globale sur l’essentiel, en réponse à des défis mondiaux qui ne menacent rien de moins que l’harmonie et la pérennité de notre existence ? de l’existence des Africains ?

Les désordres et les pertes de repères de toute nature provoqués par l’esclavage et la colonisation semblent susciter, aujourd’hui, un besoin de dépassement et de transcendance. Le débat politique du XXIè siècle doit être le révélateur d’une aspiration puissante à un rassemblement qui transcenderait les clivages d’appareil politique, de communautés.

L’ampleur de situations nouvelles qui résultent de l’état du monde confèrent une obligation ardente et urgente de bousculer les compromis au profit d’un volontarisme éclairé par des ambitions à la hauteur des enjeux, cohérentes et réalistes. Cette ambition s’impose à l’ordre des Etats africains comme à l’ordre de l’Union Africaine. Le panafricanisme, une fois encore, ne constitue-t-il pas un élément moteur dans la réponse à ce défi majeur ?

Le panafricanisme n’est-il pas, en effet, une expression particulière d’une attitude ; d’un comportement ou d’une démarche que l’on retrouve tout au long de l’histoire de l’Afrique et qui nous fait, actuellement défaut, par exemple, le refus du renoncement ?

Aujourd’hui, surtout face à la crise sanitaire de « COVID-19 », les Africains ont besoin d’une Union Africaine (U.A), d’une organisation continentale autour d’ambitions claires, concrètes, réalistes et partagées pour tous et chacun, mais aussi pour le continent tout entier. Au-delà des discours, des promesses, le peuple africain, les Africains sont en attente de repères.

Comment l’Union Africaine (U.A) doit-elle assumer fortement ses devoirs dans les domaines des Institutions, du développement de l’Afrique, des garanties sociales essentielles, de l’éducation et de la préservation des US et COUTUMES du continent ?

Comment renouveler le dialogue entre Africains ? comment améliorer l’action de l’Union Africaine et les exigences de proximité de plus en plus fortes dont les libertés sont la garantie ?

Le décalage entre ces interrogations et la désillusion provoquée par les réponses qui sont le plus souvent apportées interpelle. Ces réponses réclament audace, volonté et réalisme – surtout, rupture avec le passé.

Plus que jamais, la politique de l’Union Africaine exige aujourd’hui humanité, générosité et volontarisme, en même temps qu’efficacité dans l’ordre du développement économique, social, politique et culturel du continent. Ces valeurs et ces principes étaient à l’origine du panafricanisme. Ne sont-elles pas de nature à conforter l’exigence ressentie comme insuffisance de la légitimité des Etats, de ses Gouvernants et de ses Institutions ?

Notre continent, l’Afrique, est menacé dans ses fondations mêmes. Et pourtant, il dispose cependant d’atouts exceptionnels. Les Africains le ressentent et attendent un sursaut. C’est bien le sens de la réflexion que nous avons souhaité partager dans cet article.

Cette réflexion doit se faire sur la base d’éléments de réponse susceptibles d’éclairer une action de rassemblement à partir d’un socle de valeurs traditionnelles africaines largement partagées.

Pour ceux qui se sont engagés en politique pour servir les valeurs du panafricanisme, une réflexion sur l’actualité de ces valeurs semble s’imposer face à la crise et devant les exigences de changement auxquelles notre continent est confronté. Notre ambition n’est pas celle de la célébration du passé. Mais, tournée vers l’avenir. Elle vise, au contraire, à essayer de cerner ce que pourrait être l’actualité, au service de l’action qu’exigent les circonstances de notre temps, de cet ensemble singulier de valeurs et de postures que l’on a appelé le « panafricanisme ».

Au-delà des ambitions et des propositions concrètes, tout projet pour l’Afrique doit s’inscrire nécessairement dans un contexte des US et COUTUMES du continent. Ce contexte en conditionne la réalisation et donc, son appréciation par les Africains. Celui qui doit subordonner les projets politiques proposés aux Africains doit être marqué par des circonstances endogènes.

Le panafricanisme n’est-il pas avant tout une conduite, un comportement, une attitude éclairée de l’action ? Il est indissociable de la volonté et de l’audace. Ces critères semblent essentiels pour le choix de tout acteur appelé à déterminer et à conduire la politique des Etats du continent aujourd’hui.

Cet héritage constitue désormais un impératif systématique et absolu. Le panafricanisme aspire à rassembler, à UNIR les Africains.

Le panafricanisme se doit de servir le peuple souverain en donnant un contenu concret et des perspectives de progrès au « vouloir vivre ensemble ». Il respecte les différences et aspire à les sublimer par l’adhésion.

Selon nous, cet article interpelle les Africains à répondre à une double attente : participer et encourager toute démarche actuelle qui cherche à réinscrire le projet panafricaniste dans un mouvement du XXI siècle et conforme aux souhaits des peuples africains, d’une part, et surtout, remettre d’actualité la pertinence des idées des théoriciens politiques comme Kwame Nkrumah et Cheikh Anta Diop pour nourrir et enrichir la réflexion en cours, d’autre part.

Le « Covid-19 » vient de nous rappeler, nous Peuples Africains, que l’Afrique doit couper le cordon ombilical de l’esclavage et de la colonisation avec l’Occident !

Pour ce faire, nous invitons Mr Sidi Tidiane Ngueye en tant que Président de la FETAFE (Fédération des Travailleurs Africains en France et en Europe), de travailler sur un projet de Conférence dans une ville africaine en 2021 sur le thème : « Le Panafricanisme d’aujourd’hui face à la mondialisation ».

En conclusion, nous, peuples africains, sommes amenés à penser que l’Occident est la cause de tous les affrontements, conflits et donc le principal responsable de l’instabilité et désordres en Afrique.

Nous sommes convaincus que seule l’organisation des Etats Unis d’Afrique pourrait mettre un terme à tous nos MAUX.

Restons mobilisés et unis face aux moyens violents, monstrueux et cruels de l’Occident.

La paix et l’équilibre de l’Afrique en dépendent.

Patrice EKWE EDIMO SILO, Sociologue

(2ème Vice-Président de la FETAFE (Fédération des Travailleurs Africains en France et en Europe - Agence spécialisée de l’Organisation de l’Unité Syndicale Africaine (OUSA) - Membre Observateur à l’Union Africaine (UA))

- FETAFE : Fédération des Travailleurs Africains en France et en Europe

- OUSA : Organisation de l’Unité Syndicale Africaine

- UA : Union Africaine

19mai
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