FRANCE :: Hilaire SOPIE: "mon projet immédiat est de bien m’installer au Cameroun" :: FRANCE
FRANCE :: Hilaire SOPIE: "mon projet immédiat est de bien m’installer au Cameroun" :: FRANCE
 
FRANCE :: SOCIETE
  • TLMD Magazine : Jean Fettah
  • dimanche 21 avril 2019 15:17:00
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FRANCE :: Hilaire SOPIE: "mon projet immédiat est de bien m’installer au Cameroun" :: FRANCE

Réussir dans le domaine de l’audiovisuel en France demeure une gageure pour un immigré africain. C’est pourtant dans ce domaine des plus dificiles que s’illustre notre invité de ce mois. Avec sa société de production « SOPIEPROD « il est devenu la voix de la diaspora éponyme de son label. Arrivé en France il y’a 19 ans, Hilaire Sopie s’est rapidement imposé et est devenu une référence. Plus d’évènements ayant trait à L’Afrique sans lui. Même au-delà des frontières de la France, il est très sollicité. Nous l’avons rencontré dans son appartement de BEZONS en banlieue parisienne, il a accepté de partager avec nous la recette de son succès, ses combats, sa passion pour l’Afrique et ses projets. Entretien

Pourquoi êtes-vous venu en France ?

Bonjour et merci de l’intérêt que vous portez à ma modeste personne. Avant de venir m’installer durablement en France dans les années 2000, j’y suis venu en 1998 et 1999 pour des raisons professionnelles. En 2000, je suis revenu pour des raisons personnelles. J’avais pris mes congés professionnels et après, j’ai décidé de rester, de m’installer et de donner une nouvelle orientation à ma vie professionnelle avec quelques contacts que j’avais initiés lors de mes précédents séjours.

Parlez nous de votre parcours en France.

Lorsque j’arrive dans les années 2000 en France, compte tenu de mon parcours avec quelques réussites au Cameroun, mon rêve était d’intégrer une grande chaine de télévision, ici en Europe, qui pour moi, était des références en matière de télévision. Très tôt, je me suis confronté aux problèmes que rencontrent tous les immigrés c’est-à-dire ma régularisation. Tout était donc à l’arrêt mais un an après, je parvins en me battant par obtenir une solution à mes problèmes de papier qui débouchera plus tard à une carte de résidence en France de 10 ans. Mon rêve peut alors se mettre en place, sauf qu’en France, je découvre avec le temps, que les choses sont trop réglementées. Je commence par effectuer les petits boulots, je m’inscris à pôle emploi où je suis une formation de création d’entreprise qui va durer 3 mois dans le 17ème arrondissement de Paris. Dans un coin de ma tête, je veux me lancer dans l’entreprenariat mais pas forcément dans l’audiovisuel car je trouvais ce domaine assez opaque et très compliqué malgré mes performances reconnues au Cameroun. Je continuais toutefois mon petit chemin dans mes petits jobs et c’est alors que je vais effectuer de très bonnes rencontres, des personnes qui m’avaient connu par le passé au Cameroun; ces derniers me proposèrent la réalisation de quelques films à diffuser au Cameroun. Après un premier essai, je suis rapidement repéré par plusieurs compatriotes journalistes de renom qui décide de s’attacher mes services. Au vu des performances et de la demande grandissante, sur un coup de tête, je décidai de me procurer ma première camera, nous sommes alors en 2003. A l’époque la plupart de mes tournages étaient effectué à Paris et le montage se faisait au Cameroun. Mais très rapidement, j’ai décidé de me mettre au montage avec le concours d’un ami qui était étudiant en numérique à la Sorbonne Paris, et qui m’a, par la suite conseillé au regard de ma précédente formation de reporter TV, de m‘inscrire à l’INA de Paris pour un complément de formation sur les techniques de l’interview. Ce que j’ai réalisé avec brio. Je me sentais donc après tout cela prêt pour le grand saut.

Comment avez-vous réussi à vous infiltrer dans le domaine de l’audio-visuel ?

Après quelques années sur la place parisienne, j’ai dû faire un constat : dans le milieu africain que je fréquentais à l’époque, il y avait de très bons amateurs de l’image mais pas assez de professionnels en freelance, je me suis dit que j’avais un coup à jouer, et je me suis lancé. En m’associant avec quelques journalistes africains sur place qui étaient venus en France pour finaliser leurs études de communication, nous avons ensemble réalisé entre 2003 et 2006 une centaine de documentaires sur la vie des africains en France et partout en Europe. Tout ceci se faisait sous le label de Futur images et diffusé sur Télé Sud, TV5 Afrique, M6 et STV au Cameroun; ce qui m’a d’ailleurs permis en très peu de temps de voyager pour le Mali, le Gabon, l’Egypte et la Turquie. Lorsque ceux-ci pour la plupart décidèrent de retourner en Afrique, c’est alors que je transformais ce label en SOPIEPROD dans les années 2007. Et en 2008, ma carrière solo peut enfin démarrer avec la mise sur pied des éditions SOPIEPROD qui vont voir le jour de façon officielle en 2009. Par la suite, la ténacité et le travail de terrain vont me permettre de m’infiltrer partout dans les milieux afro et de me faire une place, et lorsque les réseaux sociaux arrivent, je commence à mettre mes productions en ligne, ce qui va accroître mon audience et m’aider davantage à m’ouvrir au monde.

Vous êtes entre autres le correspondant de la chaine nationale camerounaise en France, pourquoi avoir choisi de travailler avec votre pays d’origine ?

Je suis camerounais dans l’âme et pour cela, de part mon ancrage au sein de la diaspora camerounaise dans le monde entier, c’était plus facile pour moi de correspondre pour mon pays. Autre chose, lorsque je pars du Cameroun dans les années 2000, je ne connais que la chaine nationale, là ou j’ai effectué mes premiers pas comme jeune Reporter. J’ai des amis, des habitudes et je maitrise parfaitement ce qui passe au pays d’où l’envie et le désir de réitérer avec mes connaissances et mon savoir. Mais avant le Cameroun, j’ai tenu la médiathèque de l’ambassade du Congo Brazzaville en France pendant près de 5 ans et je collaborais parfaitement avec la télévision nationale Congolaise

Vous êtes devenu incontournable dans le milieu africain en France et même au-delà, quelle est votre recette ?

Je crois que 10 ans en solo à faire toutes les grosses soirées camerounaises en Europe et aux USA sont des indicateurs qui ne trompent pas. Je dois noter la patience, la persévérance, l’endurance et surtout la maîtrise de soi m’ont beaucoup aidé. Le respect d’autrui, ce sont autant de valeurs que j’ai reçues de mes parents. Mon chiffre d’affaires est à 90% africain et les 10% sont européen, vous voyez donc que travailler avec l’Afrique n’est pas chose facile, et y tenir longtemps, il faut une dose de patience et de retenue. Tous les peuples aiment le beau, un travail bien fait, et lorsque tous ces ingrédients sont réunis vous avez votre place.

On a l’impression que vous ne vous arrêtez jamais ? Décrivez-nous un peu une de vos journées type ?

En semaine, à mon réveil, j’effectue tous les jours ma revue de presse pendant au moins 2h de temps, internet, facebook, télé et autres. Et surtout en ma qualité de représentant camer.be France. Je prends mon déjeuner avec Chloé ma fille de 5 ans et lorsque je la laisse à l’école, je commence les montages pour mettre en ligne ou envoyer via le net aux différents partenaires partout dans le monde. Dans l’après-midi, ce sont les rendez-vous à caractère commercial : signature des contrats et rencontre avec les clients. Les nuits, au moins deux nuits par semaine, j’ai une autre activité à mi-temps liée à l’assistance aux personnes, cette activité n’a rien à voir avec l’audiovisuel. Et pratiquement tous les week-ends, avec ma caméra, je sors pour mes multiples reportages soit en France, soit dans un bout du monde pour satisfaire mes clients et surtout vivre ma passion. Et comme j’ai plusieurs unités de tournage, certains de mes collaborateurs s’activent dans leurs lieux de tournage pour capter l’instant magique qui nous aidera à réaliser nos reportages de la semaine.

Et si on parlait de vos projets ?

Si SOPIEPROD c’est quatre unités de tournage, deux unités de postproduction fixe et deux unités mobiles, je travaille en permanence avec trois collaborateurs et mon infographe est basé au Cameroun. Compte tenu du coût de production assez élevé en Europe, mon projet immédiat est de bien m’installer au Cameroun via mon infographe qui travaille déjà en collaboration avec nous. Continuez de donner le goût de la communication à nos compatriotes dans leur moindre activité. Après dix ans en Europe et une grosse incursion aux USA, une autre grande émission TV est en gestation avec mon petit-frère GPS avec qui je collabore énormément. Après Dubaï l’année dernière; notre objectif c’est aussi de continuer à conquérir le monde et d’offrir le meilleur à tous ceux qui nous suivent. Merci

21avril
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