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© Le Jour : Propos recueillis par P.N.
- 16 Oct 2015 02:00:00
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CAMEROUN :: Comment réagissez-vous au bilan du Tribunal criminel spécial trois ans après, dressé par le ministre de la Justice vendredi dernier ? :: CAMEROON
« Un coup d’Etat institutionnel » : Me Alice Nkom, avocat
Le discours de la sortie du ministre de la Justice vendredi dernier est la confirmation du coup d’Etat institutionnel réussi. Cela prouve que le pouvoir exécutif a durablement et définitivement confisqué le pouvoir judiciaire. Son message consistait à dire aux magistrats que le vrai pouvoir est entre les mains de l’exécutif qui fait ce qu’il veut et quand il veut.
Cette sortie entre dans une stratégie qui vise à ce que Paul Biya soit maintenu au pouvoir après ce septennat parce qu’on sait que le pouvoir judiciaire joue le, rôle de conseil Constitutionnel. Laurent Esso est un ministre qui n’est pas habitué à faire des déclarations publiques et lorsqu’il le fait, ce n’est pas anodin. C’est également ce ministre qui a rédigé la loi selon laquelle, le Tribunal criminel spécial n’est pas doté d’un double degré de juridiction, cela est une violation aux droits de l’homme.
« Ne pas engager des actions inutiles » : Me Christian Ndongo, avocat
Amon avis, les statistiques rendues publiques mettent en évidence une activité considérable menée de ce côté pour combattre les crimes financiers. Mais nous pensons que cette institution ne devrait pas tomber dans l’obsession de la politique des quotas, soit pour gonfler les statistiques, soit alors pour faire du chiffre (dans les recouvrements de fonds Camer.be). Il vaudrait mieux faire attention à ne pas engager des actions inutiles ou fragiles (au regard du support des preuves Camer.be) contre les citoyens, parce que la seule poursuite de ces derniers devant cette institution, suffit à entamer grandement leur honneur et la considération sociale qui va avec.
Les magistrats de cette structure de même que ceux de la machine judiciaire en général, doivent être davantage exigeant envers eux même, tant sur le plan de la qualité de leur travail, notamment en ce qui concerne leur indépendance, que sur le plan de leur hauteur d’esprit. En effet, la crédibilité d’une justice repose sur le niveau de confiance dont bénéficient les acteurs du système judiciaire, auprès des populations.
« Nous sommes restés sur notre faim » : Me Hyppolite Meli, avocat
Ce bilan peut être considéré comme élogieux au regard des chiffres et au regard des attentes de ceux qui tiennent le levier de cette machine. Combien a- t-on dépensé ? Il faut entrer dans les tiroirs du garde des sceaux pour déchiffrer les coûts réels de l'opération. Mais au regard du phénomène criminel appréhendé par le Tcs, y a t- il un recul ou recrudescence de cette criminalité ? Nous attendions ces analyses et nous sommes restés sur notre faim. Sur le plan du respect des droits substantiels de l'homme, a-t-on humanisé le Tcs ? Je ne le pense pas par ce qu'il est la preuve que des obstacles d'ordre matériel et juridiques empêchent la mise en oeuvre du droit d'accès à un Tribunal Indépendant.
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