« Biya a droit à 80 jours de congé » : la sortie d'Owona
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Cameroun - « Biya a droit à 80 jours de congé » : la sortie d'Owona

Grégoire Owona répond aux critiques sur l'absence de Paul Biya : le président est un « salarié » en congé, et Jeune Afrique propage des mensonges. Décryptage. 

Le ministre du Travail et secrétaire général adjoint du RDPC a comparé Paul Biya à un « salarié de la République » en congé annuel, tout en accusant Jeune Afrique de désinformation et en dénonçant des « commanditaires tapis dans l'ombre ».

« GAME OVER », lance Grégoire Owona. Pour le ministre du Travail et secrétaire général adjoint du RDPC, le débat sur l'absence de Paul Biya est clos. Le président est un « salarié de la République » qui a droit à ses congés annuels, pouvant durer jusqu'à 80 jours. Il a pris soin d'informer son employeur – le peuple camerounais de son départ et en fera autant à son retour. Et à Jeune Afrique, qu'il accuse de propager des « mensonges » et une « désinformation cousue de fil blanc », il adresse une mise en garde à peine voilée.

« GAME OVER » : Grégoire Owona sort du silence

Alors que Paul Biya a franchi le cap des 50 jours d'absence du Cameroun, Grégoire Owona, ministre du Travail et figure influente du RDPC, a pris la parole pour couper court aux spéculations. Dans une déclaration qui a fait le tour des réseaux sociaux, il a livré une défense aussi surprenante que rhétorique.

« Il me pardonnera de le ramener au rang de salarié de la République, avec des contrats à durée déterminée depuis 1982 », a-t-il déclaré. Paul Biya, élu par le peuple camerounais et payé par lui, est un travailleur qui a droit à son congé annuel. « Son employeur est tenu de le lui accorder », insiste Owona.

Un congé annuel de 80 jours : l'argument juridique

Owona a convoqué le Code du travail pour justifier l'absence prolongée du chef de l'État. Selon lui, un congé annuel pourrait durer « 80 jours légalement ». Une affirmation qui interroge : le Code du travail camerounais prévoit-il réellement une telle durée pour un congé annuel ?

Au-delà de la question juridique, c'est la stratégie de communication du régime qui est en jeu. En comparant le président à un simple salarié, Owona tente de banaliser une absence qui, dans les faits, est sans précédent. Paul Biya n'a jamais été absent aussi longtemps depuis son accession au pouvoir en 1982.

« Jeune Afrique propage des mensonges »

Owona n'a pas seulement défendu Biya. Il a aussi attaqué. Sa cible : Jeune Afrique, le magazine panafricain qui a révélé que le président aurait été admis dans une clinique privée à Genève après un malaise lors de la fête nationale du 20 mai.

« Mais nous nous interrogeons aussi sur l'opportunité de JEUN-À-FRIC à toujours s'engouffrer dans la propagation de MENSONGES DE TOUTES SORTES sur notre beau pays », a-t-il écrit, jouant sur les mots pour moquer le titre du magazine. Il accuse le média d'être « amalgamé dans une désinformation cousue de fil blanc cachant mal des commanditaires tapis dans l'ombre ».

Une accusation grave, qui suggère l'existence d'un complot contre le Cameroun, sans toutefois apporter la moindre preuve.

« Bien relayés par une certaine presse locale »

Owona a également critiqué « ces professionnels des plateaux de télévisions et radios du weekend » et « ces champions du Web qui annoncent des hospitalisations imaginaires, des retours à la pelle chaque fin de semaine ». Il dénonce une « excitation de certains Camerounais à vouloir faire feu de tout bois », qu'il met « sur le compte de l'émulation démocratique et la jouissance légitime de la liberté d'expression rendues possibles aux Camerounais depuis des années par la volonté, la décision et les actes de PAUL BIYA ».

Une formule qui, en apparence, loue la liberté d'expression, mais qui, en réalité, la tourne en dérision : les Camerounais utilisent la liberté que Biya leur a offerte pour critiquer Biya.

Fame Ndongo et la « non-vacance du pouvoir »

La sortie d'Owona s'inscrit dans une stratégie de communication plus large du régime. Le 21 juillet, Jacques Fame Ndongo, ministre d'État et secrétaire national à la communication du RDPC, avait déjà affirmé qu'« il n'y a aucune vacance de pouvoir au sommet de l'État ».

Pour Fame Ndongo, affirmer le contraire relève du « barbarisme juridique ». Aucune disposition légale ne fixe la durée légale d'absence hors du pays du chef de l'État. Paul Biya est au travail, « de visu ou par les moyens électroniques ».

L'opposition dénonce un « pilotage automatique »

L'opposition, elle, n'est pas convaincue. Joshua Osih (SDF) estime que le pays fonctionne en « pilotage automatique ». Le MRC parle d'un pays « dirigé en mode télétravail ». L'UDC juge que « la stabilité d'une République ne peut reposer sur le silence ».

Le débat sur la vacance du pouvoir est relancé, d'autant que la réforme constitutionnelle du 14 avril 2026, qui a réintroduit le poste de vice-président, est restée sans application.

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