Affaire Martinez Zogo : la défense d'Eko Eko mise sur l'irresponsabilité pénale
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L'audience du 26 janvier au Tribunal militaire de Yaoundé marque un tournant décisif dans l'analyse des responsabilités au sommet de l'appareil sécuritaire camerounais. Alors que l'instruction tente de démêler les fils du drame ayant coûté la vie au journaliste Martinez Zogo, la stratégie de défense de l'ancien patron du renseignement extérieur se cristallise autour d'un principe juridique fondamental. Maître Séri Zokou, conseil de l'ex-Directeur général de la recherche extérieure, affirme avec force qu'aucun élément tangible ne permet actuellement de lier son client aux dérives opérationnelles constatées.

La théorie des électrons libres au sein de la DGRE

Le cœur de l'argumentation repose sur une distinction stricte entre la fonction de commandement et les agissements clandestins de subordonnés. Selon la défense, l'implication présumée de quelques agents ne saurait constituer une preuve de culpabilité pour leur hiérarchie. L'avocat souligne que si une poignée d'individus choisit de détourner les ressources du service pour des intérêts privés et occultes, cette déviance s'inscrit en dehors du cadre institutionnel. Cette lecture des faits vise à isoler les auteurs matériels des donneurs d'ordres présumés, en présentant les suspects comme des mercenaires ayant agi pour le compte de commanditaires extérieurs contre rémunération.

Le rempart de la responsabilité pénale individuelle

Dans ce dossier hautement sensible, le Tribunal militaire de Yaoundé devient le théâtre d'une bataille de principes. Maître Zokou rappelle avec insistance que la responsabilité pénale est strictement individuelle et ne peut être déduite d'une simple position organique. En rejetant en bloc les accusations, la défense de l'ancien DGRE cherche à démontrer l'absence de lien de causalité entre les fonctions administratives de son client et l'exécution du crime. Cette posture remet en question la thèse d'une opération d'État pour privilégier celle d'une initiative isolée et corrompue.

Un procès sous haute tension pour le renseignement camerounais

L'enjeu de cette procédure dépasse le cadre judiciaire pour toucher à la structure même du pouvoir. Le procès Martinez Zogo interroge la capacité de contrôle d'une administration sur ses agents les plus secrets. Si la défense parvient à prouver que le chef n'était pas informé des agissements de ses troupes, cela soulèverait d'autres questions sur la perméabilité des services aux influences privées. Pour l'heure, l'absence de preuves matérielles rattachant directement le haut fonctionnaire aux activités criminelles demeure le pilier central de cette ligne de défense, dans un contexte où l'opinion publique attend une justice équitable et transparente.

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