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© Camer.be : Toto Jacques
- 20 Nov 2025 10:57:00
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La chute des Bongo. Est-ce le signal pour l'après-Biya au Cameroun ? :: CAMEROON
La chute spectaculaire de la famille Bongo au Gabon, jadis perçue comme intouchable, a engendré une onde de choc majeure à travers l'Afrique centrale. Cette secousse est particulièrement ressentie au Cameroun, où un nombre croissant de citoyens se demandent ouvertement si la famille de Paul Biya pourrait un jour connaître un destin similaire.
L'événement majeur qui a cristallisé ces doutes est la condamnation, en novembre 2025, de l'ancienne Première Dame gabonaise, Sylvia Bongo, et de son fils, Noureddin Bongo Valentin, à vingt ans de prison ferme pour détournement de fonds publics et blanchiment d’argent. Cette sentence historique intervient deux ans seulement après qu'un coup d'État militaire ait mis fin à plus d'un demi-siècle de règne de la dynastie Bongo. La transition a démantelé l'influence de cette puissante famille africaine tout en exposant publiquement les allégations de corruption systémique qui l'entouraient.
Pour de nombreux Camerounais, les similitudes entre les deux situations sont saisissantes, soulevant une vive préoccupation nationale quant à la stabilité politique future. Le président Paul Biya est au pouvoir depuis 1982 et sa famille, à l'instar des Bongo, fait face depuis longtemps aux soupçons d'enrichissement inexpliqué, d'un train de vie luxueux mené principalement à l'étranger, et d'une influence politique considérable exercée sans la moindre reddition de comptes. Bien qu'aucune procédure judiciaire n'ait jamais ciblé directement l'entourage du chef de l'État camerounais, le scénario gabonais a déclenché une vague de questions existentielles : que se passera-t-il après le départ du président Biya ?
Les analystes et observateurs de la scène africaine insistent sur une vérité immuable : les protections politiques, même les plus solides, ne sont jamais permanentes. Sur le continent, il est fréquent que les nouveaux régimes cherchent à légitimer leur pouvoir en engageant des poursuites judiciaires contre les anciennes familles dirigeantes.
Une telle démarche est à la fois symbolique, en rompant avec le passé, et extrêmement populaire auprès de l'opinion publique. Face à une colère sociale croissante alimentée par les difficultés économiques, l'érosion démocratique et la perception d'une impunité généralisée, un futur gouvernement camerounais pourrait se retrouver sous une pression intense pour enquêter de manière approfondie sur l'ère Biya.
La chute des Bongo a, en effet, mis fin à l'illusion d'invincibilité qui entourait les dynasties au long cours. Ce qui semblait autrefois impensable est désormais considéré par beaucoup comme une simple question de temps, rendant l'éventualité d'une transition au Cameroun d'autant plus incertaine et scrutée. La conversation enfle dans tout le pays, amplifiant la résonance de la question qui demeure en suspens : si l'irréversible a pu se produire pour les Bongo, les Biya pourraient-ils être les prochains à connaître une pareille répression post-règne ?
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