HOMMAGE DE SOLIDARITE AFRICAINE DE FRANCE AMOBE MEVEGUE
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HOMMAGE DE SOLIDARITE AFRICAINE DE FRANCE AMOBE MEVEGUE

Il est particulièrement ardu et singulièrement pénible de poser une ligne sur la page blanche juxtaposer les unes après les autres des lignes pour écrire, dire la lancinante douleur qui étreint solidarité africaine de France depuis la disparition brutale d’AMOBE MEVEGUE dont la chaleur de ta voix, le vibrato des mots autant étincelants, épurés, qu’acérés se conjuguaient à une musicalité harmonieuse qui rentrait en fusion avec l’évènement culturel, artistique ou musical afro caribéen qu’il savait si bien figurer que dis-je, peindre avec maestria.

Oui, plus qu’une égérie au service de l’évènement culturel, artistique et musical afro caribéen voire mondiale, AMOBE MEVEGUE était une icône, une perle rare, un Esprit alerte, Brillant, d’une ouverture, d’une flexibilité et d’une profondeur insoupçonnées derrière les mots qu’il savait égrener avec une fluidité et une pertinence difficilement égalables, une manière de signature ou de marque déposée de « la francité mondiale » reconnaissable par son estampille lexicale unique qui était une véritable macération, une alchimie de connaissances sur l’Afrique, les Caraïbes, la France, l’Europe, les musiques du monde.

AMOBE MEVEGUE

Les mots viennent à manquer lorsque nous entreprenons de te rendre un vibrant hommage, un hommage digne de « la vastitude du talent que tu as mis au service de la célébration de tes racines africaines, de la célébration de la transcendance raciale, du décloisonnement des cultures et musiques du monde» et bien au-delà à la promotion des valeurs qui fondent « l’Eternel humain » dans toute la splendeur des différences et de l’unicité.

Tu nous laisses éplorés mais rassérénés. Rassérénés par tes réalisations au premier rang desquelles « LA CHAÎNE UBIZNEWS » que tu destinais à l’événementiel, un champ d’exploration et de prédilection qui t’a permis entre autres de « cueillir dans le jardin des musiques du monde, des fleurs musicales dont les effluves sonores diverses et plurielles, parce qu’inspirées du tréfonds de la diversité afro caribéenne, ont bercé les mélomanes d’Afrique, des Caraïbes, de l’Europe et du monde qui découvraient par ton chef « des galettes musicales » appelées pour la plupart à prospérer.

L’évènement musical, l’événement culturel, le fait socioculturel, artistique, entrepreneurial, tu les avais tous à cœur et savais les valoriser dans « la MEDIASPHERE » mondiale avec le souci chaque fois affirmé de briser « les codes discriminants de la conformité arrangeante du ‘‘MAGISTER DIXIT’’ médiatique » pour leur préférer l’expression dans toute sa splendeur de la différence, des différences qui fondent la diversité.

Sans te plier aux chants des sirènes reprenant en écho dans les médias, «le discours politique du glissement à droite de la droite », dont tu avais conscience qu’il ne s’agissait ni plus ni moins que d’une véritable escroquerie intellectuelle et lexicologique de « la stigmatisation des Noirs et des Arabes avec les termes dorénavant consacrés de communautarisme » lorsqu’il s’agit des Africaines ou des Arabes, « de discrimination positive » lorsque vient le moment de « la promotion entre guillemets » de la diversité.

AMOBE MEVEGUE

Tu ne t’es jamais leurré sur les bonnes dispositions de la France à reconnaître ce que, nous, à SOLIDARITE AFRICAINE de France nous appelons de tous nos vœux : « LA FEDERATION FRANCAISE » laquelle serait plus représentative de toutes les composantes et de la diversité et de ce que l’on nomme : LA FRANCE. Cette France que le Général de Gaulle voulait « libérée de l’occupation après son appel du 18 Juin 1940 dont peu se souviennent qu’il sonna la mobilisation des troupes tant à Douala au Cameroun avec le Général Leclerc, qu’à Brazzaville au Congo, pour que la France soit libre, libérée de l’Occupation …A ce sujet, l’Histoire de la FRANCITE est muette, balbutiante, hésitante, révisionniste.

Davantage, elle est frappée « d’amnésie historico politicienne » en ce qu’elle a perdu « le souvenir sacrificiel de ceux des Africains du Maghreb et de l’Afrique Noire » qui ont cru dur comme fer à la générosité de la devise française : « Liberté-Egalité-Fraternité ».

Mais cela ne peut paraître qu’anecdotique, qu’un pan entier de l’histoire de la libération de la France soit emmurée « dans les cendres séculaires de l’oubli… »

C’est pourrait-on dire symptomatique voire caractéristique du « MENSONGE HISTORIQUE » qui accompagne « LA JUSTICE DES VAINQUEURS » marchant sur les dépouilles et le sang versé et maculé de ceux-là mêmes qui ont courageusement offert en holocauste leur vie au nom d’un idéal auquel ils ont cru et qui n’ont obtenu pour seule rétribution que « l’anathème de l’anonymat », de l’oubli et de la relégation de leur sacrifice « au chapitre des faits divers, anecdotiques voire même virtuels. »

Passées les décennies de pseudo-reconnaissance des droits des pays membres « de la Fédération Française informelle », leurs représentants siégeant au Palais Bourbon ; passée l’Entreprise coloniale française et l’exploitation outrancière des matières premières venues d’Afrique et destinées à l’alimentation des industries Françaises ; passée l’ère de la lutte des Indépendances Africaines, les rapports entre l’AFRIQUE et la France ont toujours été émaillés de prédations, d’assassinats, de génocides, sources de rancœurs, de discorde, de révoltes et de ressentiments que le paternalisme français fortement coloré de relents coloniaux appelle : « la Rente mémorielle de la haine et du sentiment anti-français ».

Disons-le d’un mot, l’infantilisation des pays souverains, immatures aux yeux de la France doublée de l’antienne, du leitmotiv séculaire établi, enfoui dans la conscience collective française qui veut que : « l’Afrique francophone doit tout à la France : la Langue, la culture, l’Education , la Civilisation, la monnaie et j’en passe », renforcent la supercherie, l’escroquerie intellectuelle, le MENSONGE HISTORIQUE qui vont bien plus loin, lorsque par un pied-de-nez, un tour de prestidigitation digne d’une dénégation des accords passés aux lendemains des deux guerres, « la simple demande de réintégration pour accéder à la nationalité française qui était acquise jusqu’en 1974 est subtilement supprimée sous le Président Valérie Giscard d’Estaing pour « LA CARTE DE SEJOUR… »

Depuis peu ou prou quatre décennies, le discours politique repris en boucles par les médias n’a de cesse de pointer du doigt, d’indexer sans sourciller « LA SOURCE DU MAL FRANÇAIS : l’Immigration… »

AMOBE MEVEGUE

« Enfant de l’Immigration » venu en France à l’âge de cinq ans, tu as connu la période où tes ascendants avaient juste besoin d’une demande de réintégration pour accéder à la nationalité française.

Demeuré Camerounais malgré la nationalité acquise par tes ascendants, tu ne te doutais pas, parce qu’issu d’un pays qui porte dans son essence, son existence et son rayonnement, l’enracinement dans la diversité : Le Cameroun ; tu ne te doutais, pas disais-je, de « la violence du moule social français que te renverront tes congénères d’Ecole, lorsque passionné par le Feuilleton TARZAN qui était alors diffusé sur les antennes de la télévision Française, tu t’es vu assimiler au GORILLE NOIR : CHEETAH TIMBA UNGAWA du feuilleton.

Tu découvrais ainsi, abasourdi, effaré et littéralement interloqué, que tu étais Noir et différent de tes congénères d’école qui t’apprenaient que tu étais issu d’un pays où les hommes vivent dans les arbres, sont « en tenue d’Adam » et ne portent aucun vêtement pour cacher leur nudité, en clair, sont à l’image du Gorille noir du Feuilleton dont tu héritais du nom : « CHEETAH TIMBA UNGAWA… » Tu es revenu avec un sourire en coin sur cet épisode de ton enfance, il y a dix ans, au cours d’une interview que nous t’avons consacré sous l’Egide de Solidarité Africaine de France. Episode qui, d’après toi, t’a profondément choqué, marqué par sa violence, le caractère irréversible des préjugés raciaux, l’immensité de l’ignorance de tes congénères sur l’Afrique, ton pays le Cameroun, sur la Race noire en général.

Sans que tu ne le dises expressément, la suite de l’interview à laquelle tu t’es prêté de bonne grâce apportera la preuve de la quête individuelle que tu t’es promis d’accomplir : la recherche de tes racines africaines ancestrales ; la culture de ta différence, des différences qui sont le socle naturel de la diversité ; la revendication assumée de l’idée chère à Antoine de Saint-Exupéry dans son ouvrage Terre des hommes : « mon frère si tu diffères de moi, loin de me léser, tu m’enrichis. »

Parce que la différence, les différences sont une richesse, la diversité s’est imposée à toi comme « un cheval de bataille » que tu as conduit avec le génie précoce qui était le tien lorsque adolescent, tu mesurais « la puissance des médias » et te prédestinais à écrire « derrière la Caméra », les scénarii qui fondent la richesse du monde à travers la culture de la diversité et sa reconnaissance par ceux-là mêmes qui s’y refusent du fait de l’ignorance, des préjugés raciaux, de la préférence nationale, de la pseudo croyance au mythe de l’identité.

Le destin a voulu que sorti à peine de l’adolescence, tu sois mis au-devant de la scène médiatique. Ton talent précoce t’a conduit au journalisme sans modifier ni infléchir tes convictions sur l’impérieuse nécessité de faire valoir à travers les médias, ton combat pour l’émergence de l’acceptation, de la domestication des cultures, musiques, évènements socio-culturels, les images de réussite, d’espoir et d’espérance des figures éminentes anciennes et actuelles de la diversité mondiale.

Pour avoir eu la chance, l’opportunité et le privilège de côtoyer « la France d’en haut, d’en bas et du milieu », pour avoir lu, connu, fréquenté et obtenu l’estime de nombreuses de tes idoles et éminentes figures historiques africaines du monde politique, musical, intellectuel, culturel, artistique : CHEIKH ANTA DIOP, AIME CESAIRE, MYRIAM MAKEBA, NELSON MANDELA, MANU DIBANGO, JACOB DESVARIEUX et j’en n’oublie…, tu as capitalisé une profonde connaissance des grandes questions d’actualité tant en France, en Afrique que dans la conflictualité qui secoue la planète au point de n’avoir pour « seul crédo » que l’optimisme contre et malgré toutes les crises que traverse le monde.

AMOBE MEVEGUE,

L’optimisme, tu en avais fait ta philosophie face à l’indigence des élites africaines préoccupées plus aux rentes du pouvoir, et à l’enrichissement individuel qu’au bien être de leur peuple. Tu te

consolais mal à l’idée que le Continent Africain qui regorge de ressources minérales, minières et humaines soit réduit à des images de misérabilisme, d’assistance et de mendicité contraires à sa vocation naturelle et historique de « grenier du monde. », « de Terre hospitalière et d’Espérances ».

Tu avais la conviction ferme que l’impulsion médiatique, l’appropriation par la jeunesse africaine des bienfaits de l’Internet, la domestication par cette même jeunesse des vertus du numérique pourraient autoriser grâce à la promotion de l’éducation, de la santé et de l’assainissement du milieu des affaires, un avenir radieux au continent Africain.

Certes, tu avais conscience des forces centrifuges et centripètes qui secouent le macrocosme des intérêts géostratégiques mondiaux. Tu avais bien plus encore compris pour l’avoir vécu, subi et surmonté, la fracture idéologique, sociale, politique voire même culturelle qui voulait depuis plus d’un demi-siècle qu’en France, ton pays d’élection et ardent défenseur des Droits de l’homme, l’immigré venu d’Afrique n’ait pour seule alternative de réussite et d’ascension dans la société française que la soumission aux images et préjugés éculés « de bon nègre » qui, lorsqu’il ne joue pas le « clown», est un intellectuel qui fustige, critique et démontre l’indigence de l’Afrique.

Bon teint, bon genre, L’Africain qui réussit en France n’est pas un simple assimilé, il doit apporter la preuve de son adhésion au système, à la vision qui veut que l’Afrique est incapable de sortir du cercle vicieux de l’indigence, de l’assistance multiforme, de l’aide au développement, de la corruption endémique, des détournements des fonds publics, des affrontements ethniques, de l’Atavisme tribal, des convulsions séparatistes et indépendantistes, du terrorisme devenu un fléau mondial. Rire, sourire et célébrer sous le soleil la magnanimité, la générosité et l’exception française sont des ressorts et leviers sans lesquels aucune « visibilité », aucune « lisibilité » et aucune ascension dans le « landernau français » ne sont possibles.

Choisir d’exprimer sa différence, lutter et conduire un combat contre les idées reçues, témoigner « de ce que la France doit à l’Afrique » sont un sacrilège. Faire l’inventaire « des Biens mal acquis en Afrique par la France », dénoncer le pillage et la prédation séculaire par la France des richesses du sol et du sous-sol de sa zone d’influence en Afrique, revendiquer « le devoir de mémoire » et de restitution de la vérité historique des crimes commis par la France en terre africaine sont passibles de conspiration contre la France et d’alimentation du sentiment anti-français, voire d’incrimination pour activation et propagation de la haine contre la France dans la société civile et la jeunesse africaines.

Sinon, dites-nous ce qui peut justifier « l’ostracisation » de jeunes Africains comme KEMI SEBA qui milite pour la disparition du FRANC CFA ou très récemment la dissolution en France des activités de la Ligue de Défenses Noirs Africaines (LDNA) de BEHANZIN EGOUNTCHI à qui nous adressons au passage notre solidarité dans une énième épreuve à laquelle LA LIGUE fait face, ainsi que nos salutations fraternelles ?

Le temps n’est-il pas venu pour que la France réalise le vœu inspiré de JACQUES CHIRAC, dernier Président Français de la trempe de ses illustre, prédécesseurs au premier rang desquels le Général de Gaulle, bien que héros pour la France et Bourreau pour l’Afrique, lorsqu’il présageait à la France, un destin funeste si elle s’évertuait à poursuivre sans relâche, « sa méconnaissance de ce que la France doit à l’Afrique » ?

Le temps n’est-il pas venu pour que cette déclaration honnête et juste du Président JACQUES CHIRAC prenne corps dans la réalité et s’inscrive dans le devoir de la France ?

La vérité est que la France peine à se défaire du vêtement de « l’ogre impérialiste » sous le couvert du « paternalisme colonial », malgré les métamorphoses consistant à procéder par des renouvellements cosmétiques de ses rapports avec les diasporas noires, les immigrés africains et les peuples et Etats du MAGHREB et de l’Afrique Noire.

AMOBE MEVEGUE

Tu quittes la scène médiatique, la scène tout court, Après avoir accompli le parcours que le destin a bien voulu te concéder. Tu nous quittes alors que tu avais des desseins plus grands que ceux que tu avais déjà brillamment réalisés. Nous savons que tu n’avais effectué que la moitié du parcours et le reste était bien plus grand, eu égard à la générosité de l’investissement que tu as consenti dans la discrétion et la confidentialité auxquelles tu tenais tant.

Maintenant que tu tires ta révérence, saches que les Ancêtres qui t’ont accueilli nous ont toujours révélé que « la mort n’est qu’un passage à l’instar de la naissance. »

Tu nous as quitté des yeux, point du cœur.

Que le souvenir du combat que tu as conduit et de la voie salutaire que tu as tracée, soit gratifié d’un « PRIX AFRICAIN AMOBE MEVEGUE POUR LA PROMOTION DE LA DIVERSITE DES MUSIQUES ET CULTURES DU MONDE ».

Pour SOLIDARITE AFRICAINE DE FRANCE
Guy Samuel NYOUMSI, Le Président

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